[POITIERS]Audience avec le nouveau recteur : relevé de conclusions
Formation continue
- Nous avons porté : les difficultés persistantes de la formation continue et la nécessité d’un échange spécifique sur l’inadéquation entre l’offre proposée et les attentes des collègues. Le constat est largement confirmé par notre Baromètre 2026 : 43 % des personnels déclarent que les formations suivies au cours des trois dernières années n’ont pas répondu à leurs attentes. (Baromètre UNSA Éducation 2026, question n°13).
- Nous retenons : la tenue d’un CSA exceptionnel consacré à la formation continue, conformément à l’engagement pris par le précédent recteur.
MAT (maîtres d’accueil temporaires)
- Nous avons porté : le manque de lisibilité des missions et l’incompréhension concernant leur rémunération, qui ne prend pas suffisamment en compte la durée et la nature différentes des accompagnements. Cette situation a conduit des collègues à se désister ou à envisager de le faire.
- Nous retenons : la nécessité reconnue de clarifier le cadre — qui, quoi, quand, comment —, de mieux communiquer dans les quatre départements et d’examiner les possibilités d’ajustement des différents éléments. La confiance des collègues et l’attractivité du vivier de MAT sont clairement posées.
Formation des médecins
- Nous avons porté : l’impossibilité actuelle pour les médecins de répondre correctement à leurs obligations de formation continue et les conséquences de l’absence de médecin conseiller technique auprès du recteur.
- Nous retenons : le problème est identifié et la formation des médecins doit être remise en chantier. Aucune solution n’est arrêtée à ce stade.
La question de la formation continue rejoint directement celle des perspectives de carrière, point fortement exprimé dans notre édition 2026 du Baromètre des métiers. 26 % de l’ensemble des répondants placent les perspectives de carrière parmi les trois domaines qu’ils souhaitent voir améliorés prioritairement. Cette attente atteint 47 % dans l’enseignement supérieur et la recherche (Baromètre UNSA Éducation 2026, question n°9).
En présence du secrétaire académique du SNPTES-UNSA, nous avons donc souhaité faire un focus sur les ITRF.
ITRF
- Nous avons porté : le manque de perspectives de carrière, qui démotive les personnels et peut conduire certains à envisager une mobilité, voire un changement de métier. Plus d’un tiers des personnels — 37 % — déclarent souhaiter changer de métier tout en restant dans le secteur public (Baromètre UNSA Éducation 2026, question n°11).
- Nous retenons : une volonté de travailler sur les passerelles et les possibilités d’évolution, notamment entre collèges, lycées et enseignement supérieur. Des pistes existent ; leur concrétisation reste à travailler.
Inclusion et réponses médico-sociales
- Nous avons porté : l’urgence de certaines situations, le manque de réponses médico-sociales et leurs conséquences pour les élèves, les familles et les personnels. L’École ne peut pas répondre seule à des besoins qui relèvent du soin. Nous avons rappelé notre courrier au préfet demandant de saisir l’ARS afin d’obtenir un état des lieux complet des moyens existants en Nouvelle-Aquitaine et de ceux qui pourraient être mobilisés.
- Nous retenons : un constat largement partagé. Le recteur doit rencontrer la nouvelle direction régionale de l’ARS et porter la question d’un diagnostic des besoins et des moyens. Nous lui demanderons quelles suites auront été données à cette rencontre.
Ce sujet rejoint une préoccupation très fortement exprimée dans le Baromètre : 89 % des répondants considèrent que le bien-être des jeunes doit être traité prioritairement dans le débat sur le système éducatif (Baromètre UNSA Éducation 2026, question d’actualité n°7).
Santé au travail
- Nous avons porté : notre demande, déjà ancienne, de disposer de professionnels formés à l’écoute et à l’accompagnement psychologique des personnels dans les territoires.
- Nous retenons : le besoin d’espaces d’écoute est reconnu. Les modalités et les moyens restent à construire.
Là encore, les chiffres du Baromètre sont particulièrement éclairants : 29 % des personnels placent la santé parmi les trois domaines à améliorer prioritairement. Plus largement, seuls 33 % jugent leurs conditions de travail satisfaisantes (Baromètre UNSA Éducation 2026, questions n°7 et n°9).
Imputabilité au service
- Nous avons porté : la nécessité que les chocs psychologiques liés au service, lorsqu’ils sont documentés, soient réellement examinés comme tels et que le conseil médical joue pleinement son rôle.
- Nous retenons : le cadre a été rappelé. Nous resterons particulièrement vigilants quant à son application effective.
Risques psychosociaux
- Nous avons porté : une nouvelle fois, notre demande d’un temps banalisé permettant aux personnels de travailler collectivement sur les risques psychosociaux.
Cette revendication s’appuie sur un constat particulièrement préoccupant : parmi les situations auxquelles ils se sentent particulièrement exposés, les personnels citent le manque de reconnaissance à 59 %, le stress ou les situations émotionnelles difficiles à 57 % et la charge de travail excessive à 52 % (Baromètre UNSA Éducation 2026, question n°8).
- Nous reviendrons à la charge sur cette revendication.
Baisse démographique et carte scolaire
- Nous avons porté : la nécessité de sortir d’une gestion annuelle au coup par coup et de construire une vision de long terme du maillage scolaire et des services publics autour de l’École.
Le Baromètre 2026 montre très clairement que les personnels ne souhaitent pas que la baisse démographique se traduise mécaniquement par une réduction des moyens : 82 % souhaitent que les moyens disponibles servent en priorité à réduire le nombre d’élèves par groupe, 38 % à augmenter le nombre d’enseignants remplaçants et 34 % à recruter davantage d’autres personnels. (Baromètre UNSA Éducation 2026, question d’actualité n°8).
- Nous retenons : la volonté affichée par le recteur de travailler collectivement sur cette question. Nous entendons prendre toute notre place dans ce travail.
Et maintenant ?
Cette audience n’efface évidemment pas les dossiers que nous portons, pour certains, depuis plusieurs années. Elle intervient dans un contexte où les attentes exprimées par les personnels sont particulièrement fortes.
Le Baromètre UNSA Éducation 2026, auquel ont répondu 42 849 personnels, (1300 sur l’académie de Poitiers) montre ainsi que 90 % aiment leur profession, alors que seulement 33 % déclarent ressentir de la reconnaissance et du respect dans leur pratique professionnelle et que 67 % portent une appréciation négative sur leurs conditions de travail (Baromètre UNSA Éducation 2026, questions n°2, n°3 et n°7, pp. 9 et 11).
C’est tout le paradoxe que nous retrouvons dans nos échanges avec les collègues : un attachement fort aux métiers, mais des conditions d’exercice qui fragilisent leur attractivité. Le Baromètre montre d’ailleurs que 73 % des personnels ne conseilleraient pas, ou plutôt pas, leur métier à un jeune (Baromètre UNSA Éducation 2026, question n°15, p. 16).
Plusieurs de nos constats ont trouvé un écho favorable lors de cette audience et certaines de nos demandes ouvrent désormais des perspectives de travail.
Mais nous ne confondons pas écoute, intention et décision. Et les personnels demandent précisément à être associés aux décisions qui concernent leur avenir : 89 % souhaitent être davantage consultés pour définir les orientations à venir (Baromètre UNSA Éducation 2026, question d’actualité n°6, p. 20).
Nous jugerons donc les suites de cette audience aux réponses apportées et, surtout, aux évolutions concrètes qui en découleront.
