Mobilisation lycéenne : entendre la colère, protéger les personnels et investir dans l’École
Si la contestation lycéenne exprime un malaise qu’il serait irresponsable d’ignorer, plusieurs blocages ont également donné lieu à des violences et à des menaces envers des personnels. L’UNSA Éducation soutient pleinement nos collègues confrontés à ces situations, quels que soient leur métier et leurs fonctions.
Entendre ce que dit la mobilisation
Pour autant, il ne faut pas réduire cette mobilisation aux violences qui l’accompagnent parfois.
Depuis des années, l’UNSA Éducation alerte sur la dégradation des conditions d’apprentissage, le manque de moyens et les difficultés auxquelles les jeunes sont confrontés. Santé mentale, avenir professionnel, qualité des bâtiments scolaires, conditions d’étude : les revendications exprimées par les lycéens rejoignent sur bien des points celles que nous portons depuis longtemps.
La rénovation du bâti scolaire en est un exemple criant. L’amputation de plusieurs millions d’euros du Fonds vert constitue un signal particulièrement préoccupant alors que notre académie est une des plus touchées par la canicule. Nos établissements ont besoin d’investissements importants pour offrir à nos élèves et à nos collègues des conditions d’accueil et de travail dignes.
Même constat pour les personnels : manque d’enseignants, manque de CPE, manque de personnels éducatifs. Depuis des années que nous siégeons en CSA, nous formulons des propositions et nous demandons des avancées. Trop souvent, au mieux, nous obtenons des miettes ; au pire, une fin de non-recevoir accompagnée du sempiternel « il n’y a pas de budget ».
Pas de réponse sans moyens
La situation d’aujourd’hui est le résultat de dix années de politiques qui ont fragilisé le système éducatif et, plus largement, les services publics.
La démocratie lycéenne dispose pour cela de nombreux espaces d’expression et de représentation, dans les établissements comme aux niveaux académique et national. Ces espaces doivent être pleinement investis et permettre que la parole des lycéens soit réellement entendue.
Mais cette expression doit pouvoir se faire sans violence. Aucun désaccord, aucune revendication ne justifie qu’un élève ou un personnel soit menacé ou agressé.
Nous refusons à la fois de nier le malaise exprimé par cette mobilisation et de laisser la violence s’installer dans les établissements.
Ce que nous demandons est clair : écouter, protéger et investir.
Écouter la parole des jeunes.
Protéger les élèves et tous les personnels.
Investir enfin dans l’École et dans les services publics.
Parce que répondre aux difficultés de la jeunesse ne peut pas attendre une nouvelle année budgétaire. Et parce que l’avenir de l’École ne se construira ni sans ses personnels, ni sans ses élèves.
Ni sans nous, ni contre nous : [RE]pensons le sens de nos métiers !
Le 12 novembre, à Lyon : venez faire entendre votre voix. Inscrivez-vous !
