[LIMOGES] Compte rendu de l’audience avec la Rectrice
Nous avons introduit cette audience en remerciant la Rectrice de nous recevoir dans un contexte marqué par la mobilisation lycéenne.
Nous avons demandé un état des lieux précis de cette mobilisation dans l’académie, avec une vigilance particulière concernant les cités scolaires.
Plusieurs autres sujets ont également été portés par l’UNSA Éducation :
- la situation de la filière AGORA à Saint-Junien ;
- les violences scolaires dès l’école maternelle ;
- le recrutement des AESH, notamment en Haute-Vienne où les besoins restent importants ;
- le nombre préoccupant de fiches SST dans le premier degré ;
- la situation du GRETA ;
- les conditions de travail et la protection des personnels.
Protection sociale complémentaire : des difficultés importantes pour les personnels administratifs
A&I-UNSA a alerté la Rectrice sur les difficultés rencontrées dans le cadre de la mise en œuvre de la protection sociale complémentaire avec la MGEN, notamment pour les AESH et les AED.
Une partie importante de la gestion repose aujourd’hui sur les personnels administratifs et les secrétaires de direction alors même que les outils ne sont pas pleinement opérationnels : difficultés de connexion, impossibilité dans certains cas de créer un compte professionnel, nécessité de renseigner ou vérifier de nombreuses informations qui ne devraient pas toujours relever des secrétariats.
Madame Tajan a rappelé que ce dispositif relevait d’un cadre national défini entre le ministère employeur et la MGEN.
Des remontées ont été effectuées auprès de la DGRH, notamment concernant la situation des AED. Pour les AED hors CDI, les EPLE étant employeurs, ils doivent directement interagir avec la MGEN.
Le Rectorat a indiqué que des ajustements étaient en cours, notamment concernant les comptes employeurs.
Gestion de crise : former les personnels
A&I-UNSA a également demandé la mise en place de formations spécifiques à la gestion de crise.
Les personnels administratifs sont de plus en plus souvent confrontés à des situations tendues ou difficiles sans nécessairement disposer des outils, des postures ou de la formation adaptés.
Les événements récents ont une nouvelle fois illustré ce besoin.
La Rectrice a indiqué qu’une telle formation n’existait pas actuellement sous cette forme, mais que le sujet devait être travaillé.
Le Directeur de cabinet doit reprendre contact avec A&I afin d’étudier les possibilités de mise en œuvre.
La réflexion pourrait comporter deux niveaux :
- un travail global à l’échelle des établissements ;
- des modules plus spécifiques en fonction des métiers.
Les AED et les CPE pourraient également être concernés.
TZR : un engagement toujours attendu
Le SE-UNSA a rappelé qu’un engagement avait été pris concernant l’élaboration d’un vademecum à destination des TZR.
À ce jour, cet engagement n’a pas encore été concrétisé.
Certaines académies disposent déjà de documents de ce type dont il serait possible de s’inspirer.
L’UNSA Éducation continuera donc de demander la mise en œuvre de cet outil afin d’améliorer l’information et les conditions d’exercice des personnels concernés.
Groupes de besoins : préserver les moyens là où ils sont utiles
Concernant les groupes de besoins, les moyens restent adossés aux résultats et aux situations des établissements.
Environ 36 ETP sont mobilisés cette année contre 40 l’année précédente.
Certains établissements ont obtenu davantage de moyens tandis que d’autres en ont perdu.
Un socle est prévu pour les dix collèges identifiés comme étant en progrès.
L’UNSA Éducation a rappelé que ces dispositifs avaient demandé un investissement important de la part des équipes et qu’il fallait tout faire pour pérenniser les moyens lorsqu’ils répondent à des besoins identifiés dans les établissements.
Violences dès la maternelle : ne pas réduire la réponse aux seuls PAS
La question des violences et des comportements particulièrement difficiles dès l’école maternelle a été abordée.
La Rectrice a souligné la faiblesse de la couverture en médecins scolaires dans l’académie, difficulté que l’on retrouve également dans le domaine de la médecine de prévention.
Elle a également mis en avant le développement des pôles d’appui à la scolarité, les PAS, qui doivent permettre d’intervenir davantage en amont, y compris avant une éventuelle notification MDPH.
Cette année, les PAS couvrent environ la moitié du territoire académique.
L’UNSA Éducation a cependant rappelé qu’il y a une quinzaine d’années, tous les élèves de grande section pouvaient bénéficier d’un suivi par la médecine scolaire.
La mise en place des PAS ne peut donc pas être considérée comme une réponse suffisante à la baisse des moyens de santé scolaire.
Nous avons également souligné qu’une détection ou un diagnostic précoce ne suffit pas si les solutions adaptées ne peuvent ensuite être mises en œuvre faute de moyens.
La Rectrice a rappelé que l’école inclusive ne pouvait pas être de la seule responsabilité de l’Éducation nationale.
Environ 250 élèves seraient actuellement en attente d’une place en ITEP ou en IME.
Elle a également évoqué l’augmentation du nombre d’ULIS.
Accompagnement des personnels en souffrance : renforcer la prévention
La situation des collègues en souffrance a également été abordée.
La Rectrice a reconnu les difficultés rencontrées dans le traitement de certaines situations : trouver le bon moment d’intervention, mobiliser les bons acteurs, assurer un retour vers les personnes concernées et accompagner les conséquences des décisions prises.
Elle a notamment évoqué les marges d’amélioration concernant le dispositif Stop Discri, en particulier sur le suivi des signalements et la manière de revenir vers les personnes qui ont saisi le dispositif.
Nous avons pointé également les délais parfois trop important de proposition d’un rendez-vous avec un médecin du rectorat ainsi que le manque de suivi médical ou psychologique qui peut être engagé.
L’UNSA Éducation a insisté sur la nécessité de développer une véritable culture de la prévention et de renforcer la médecine de prévention sur tous les plans.
Nous avons notamment proposé le développement d’une formation largement ouverte aux personnels afin que chacun puisse devenir acteur du climat scolaire et contribuer à prévenir les situations de souffrance et de conflit.
PAS : des inquiétudes fortes dans les établissements
Le SNPDEN-UNSA a alerté sur le manque d’informations concernant la mise en place des PAS.
Dans certains cas, des dossiers semblent être déposés alors que les personnels de direction ou les coordonnateurs n’ont pas encore reçu toutes les informations nécessaires.
Les personnels de direction considèrent également qu’il serait illusoire de penser que les PAS permettront à eux seuls de répondre à toutes les situations, notamment dans les territoires ruraux.
L’UNSA Éducation restera attentive aux conditions concrètes de déploiement de ces dispositifs.
Mobilisation lycéenne : sécurité des élèves et des personnels
Le SNPDEN-UNSA a remercié la Rectrice pour son soutien rapide aux personnels de direction depuis le début de la mobilisation lycéenne.
Les personnels de direction ont cependant exprimé de fortes inquiétudes face à certaines formes prises par les mobilisations et à l’annonce de nouveaux blocages.
L’UNSA Éducation a rappelé une ligne claire : la liberté d’expression et de mobilisation des lycéens doit être respectée, mais la sécurité des élèves et des personnels doit rester une priorité absolue.
Les personnels de direction, les personnels de vie scolaire, les personnels administratifs et plus largement l’ensemble des agents n’ont pas vocation à se substituer aux forces de sécurité.
Ils ne doivent pas se mettre physiquement en danger face à des fumigènes, des tirs de mortiers ou des situations violentes.
Une attention particulière doit également être portée aux personnels occupant des logements de fonction.
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, des conséquences en matière de ressources humaines et de risques psychosociaux pourraient apparaître dans les prochaines semaines.
La Rectrice a indiqué partager cette analyse.
Au moment de l’audience, onze établissements de l’académie avaient connu un mouvement lycéen.
Aucun n’était alors complètement bloqué.
La situation académique demeurait cependant moins violente que dans certaines autres académies.
La Rectrice avait rencontré dans la matinée les représentants des conseils de la vie lycéenne.
Les revendications exprimées portaient notamment sur :
- les effectifs par classe ;
- des emplois du temps jugés trop chargés ;
- du matériel informatique obsolète ;
- la solidarité avec les lycéens mobilisés dans d’autres académies.
Un travail étroit était engagé avec les trois préfets et les forces de sécurité pour anticiper les journées suivantes.
L’UNSA Éducation a demandé qu’une information régulière, proportionnée et claire soit adressée à l’ensemble des personnels.
GRETA : préserver les formations et protéger les personnels contractuels
L’UNSA Éducation a fait part de sa vive inquiétude concernant la situation du GRETA, fortement affecté par l’annulation de plusieurs formations commandées par le Conseil régional.
Nous avons indiqué avoir pris contact avec la direction du GRETA, le Conseil régional et la DRH du Rectorat afin d’agir sur deux priorités.
La première consiste à tenter de réduire autant que possible le nombre de formations réellement impactées par les annulations décidées par le Conseil régional.
La seconde concerne directement la situation des personnels contractuels du GRETA.
L’UNSA Éducation sera particulièrement vigilante sur les propositions RH qui leur seront faites.
Nous demandons que toutes les possibilités permettant le maintien dans l’emploi soient étudiées, notamment lorsque les compétences et les qualifications des collègues peuvent correspondre à des besoins existant dans la formation initiale.
Nous voulons nous assurer que des propositions dans la formation initiale puissent leur être faites lorsque cela est possible.
Pour l’UNSA Éducation, aucun licenciement pour baisse d’activité ne doit intervenir sans que toutes les solutions alternatives aient été préalablement recherchées et proposées aux personnels concernés.
DDFPT et périodes de formation en milieu professionnel
Le SN2D-UNSA est intervenu sur la situation des DDFPT et sur les périodes de formation en milieu professionnel.
Un accident du travail récent dans une entreprise a notamment mis en lumière la question de l’adaptation du poste de travail à un élève mineur et des dérogations pouvant permettre l’utilisation de certaines machines dangereuses.
La question des moyens attribués aux DDFPT a également été abordée.
La Rectrice a demandé que la situation soit clarifiée.
Elle a notamment souligné qu’il pouvait exister des demi-postes provisoires dans certains établissements où les besoins étaient réduits alors que d’autres établissements connaissaient des besoins plus importants.
Infirmières scolaires : matériel, mutations et déroulement de carrière
Le SNIES-UNSA a interrogé le Rectorat concernant le matériel informatique disponible dans les écoles maternelles et élémentaires.
Un questionnaire avait été diffusé, mais aucune suite n’avait encore été communiquée au moment de l’audience.
La question des mutations a également été abordée.
Deux collègues sont partis dans le cadre du mouvement interacadémique.
Dans une autre situation, un poste devenu vacant n’a pas pu être attribué à un collègue qui le souhaitait, en raison notamment d’un manque d’anticipation et des différences de calendrier entre académies.
Le SNIES-UNSA a rappelé la nécessité de mieux anticiper les mouvements afin de pouvoir répondre aux demandes des collègues.
Concernant l’avancement, notamment l’accès à la hors-classe, une formation assurée par la DPAE a été demandée.
Les assistantes sociales se sont associées à cette demande.
Madame Tajan a donné son accord de principe.
Assistantes sociales : périmètre d’intervention et augmentation des signalements
Le SNASEN-UNSA a alerté sur une expérimentation menée dans le premier degré en Creuse qui modifie le périmètre d’intervention des personnels.
L’organisation proposée semble poser des difficultés au regard du cadre réglementaire actuel.
Les personnels constatent également un début d’année particulièrement intense.
Les premiers signalements sont intervenus très tôt, dès le début du mois de septembre, alors qu’ils apparaissent habituellement plus tard dans l’année scolaire.
Cette situation confirme la nécessité de préserver les moyens du service social en faveur des élèves.
Violences sexistes et sexuelles : des ambitions qui doivent être accompagnées de moyens
Le plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles a enfin été abordé.
Le SNASEN UNSA a souligné le décalage entre les ambitions affichées et les moyens humains disponibles pour mettre en œuvre les dispositifs envisagés, notamment les questionnaires prévus auprès des élèves.
Nous refusons qu’un plan de lutte contre les VSS repose uniquement sur l’affichage de nouvelles procédures sans moyens suffisants pour accompagner les élèves qui révéleraient des situations de violence et les personnels chargés de recueillir leur parole.
La Rectrice a indiqué partager le caractère urgent de ce sujet.
Une réunion des recteurs devait avoir lieu la semaine suivante avec cette question à l’ordre du jour.
Elle a toutefois exprimé des réserves dans l’attente d’une clarification complète des modalités de mise en œuvre du questionnaire.
Elle a également insisté sur la nécessité d’être particulièrement vigilant, à la fois pour les élèves et pour les personnels qui auront à faire passer ces questionnaires.
Le SNPDEN-UNSA a notamment demandé la présence d’un travailleur social au moins une journée par semaine dans les établissements.
Une audience placée sous le signe de la protection des personnels
À travers l’ensemble de ces échanges, un même enjeu revient : celui de la protection des personnels et de leurs conditions de travail.
Qu’il s’agisse de la mobilisation lycéenne, de la montée des situations de crise, de l’école inclusive, de la santé scolaire, des violences sexistes et sexuelles ou encore de la situation du GRETA, l’UNSA Éducation continuera de défendre une même exigence : ne pas laisser les personnels seuls face aux difficultés.
Cela suppose des moyens, de l’anticipation, de la formation, du dialogue social et des réponses concrètes lorsque des situations professionnelles se dégradent.
L’UNSA Éducation restera attentive aux engagements pris au cours de cette audience et interviendra de nouveau auprès du Rectorat lorsque les réponses apportées ne seront pas suffisantes.
