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Déclaration de l'UNSA-Education au CTA de Caen
Publié le 2 décembre 2021 -
Le CTA (Comité Technique Académique) "bilan de rentrée" s'est tenu le 8 novembre pour le périmètre de Caen.

DÉCLARATION DE L’UNSA-ÉDUCATION NORMANDIE – Périmètre CAEN  

CTA du 8 novembre 2021

Madame la rectrice, mesdames et messieurs les membres du CTA.  Comme vous ne manquerez pas de le constater, cette Déclaration pour le CTA de la rentrée 2021 aura quelques ressemblances avec celle de l’année passée.  Que voulez-vous, les faits sont têtus et nous ne pouvons pas souscrire aux propos de notre ministre qui s’est félicité d’une rentrée « réussie ».   

Des éléments de revalorisation

La hausse annoncée, pour 2022, du budget pour l’Éducation, la Jeunesse et les Sports traduit la mise en œuvre de certaines revalorisations.  Évidemment, nous continuons de déplorer l’absence de loi de programmation, et donc l’absence de portée pluriannuelle de ces mesures.  C’est une occasion manquée, car une revalorisation forte est nécessaire pour tous les personnels du ministère.  Toutefois, bien qu’actées uniquement pour 2022, l’UNSA reconnaît ces avancées, qui constituent autant de premiers pas dans la bonne direction.  C’est bien l’action de notre Fédération qui a produit de réelles améliorations pour les personnels administratifs, les personnels de direction, certains personnels d’inspection et pour les AESH.  Pour ces derniers, l’engagement de l’Unsa-Éducation a permis de faire évoluer la grille indiciaire, d’avancer au 1er septembre 2021 la prise d’effet de ces mesures et d’assurer la reprise d’ancienneté du contrat.  À cela s’ajoutent la poursuite du déploiement de la prime d’attractivité pour certains enseignants, un geste pour la protection sociale complémentaire des personnels et la pérennisation de certaines primes.  

Mais une revalorisation qui reste loin du compte

D’aucuns verraient dans ces avancées un parfum d’année électorale.  Pourtant, en ce qui concerne le budget de l’Enseignement scolaire, on est bien loin d’avoir « cramé la caisse », comme dirait une présidente de Région.  D’ailleurs, les personnels nous font clairement savoir que le compte n’y est pas ! En même temps, le ministre avait lui-même parlé de « revalorisation historique… »

Dans les faits, au-delà de de certaines évolutions parfois très modestes, ou de certains arbitrages ministériels iniques (on pense au traitement différencié des personnels de REP+, pour lesquels l’Unsa-Éducation a saisi le Conseil d’État), au-delà de cela, donc, nos collègues pointent du doigt la persistance de problèmes structurels : l’existence de très faibles salaires, le développement de la précarité, le gel du point d’indice, la journée de carence.  À l’évidence, le gouvernement a un passif.  Plutôt gênant. 

Dès lors, les éléments d’évolution sur l’indemnitaire, aujourd’hui à l’ordre du jour, ne sont pas négligeables, mais ils ne suffisent pas à corriger le tir. Les retards de rémunération restent encore conséquents par rapport aux autres ministères et aux autres pays européens. 

Dans le même temps, on mobilise toujours des millions d’euros pour le fameux SNU.  Un « pognon de dingue », comme dirait le président, pour des résultats bien éloignés du projet affiché ! Et, on peut le noter, un pognon qui peine à se frayer un chemin jusqu’au poches des encadrants, recrutés très rapidement, mais rémunérés avec tout le savoir-faire de l’État-employeur en matière de lenteur.  Il faut revenir à la raison : le SNU ne peut pas et ne doit pas constituer une priorité : les effectifs J&S sont limités, et il y a des missions éducatives indispensables à assurer.  

On le voit, à l’UNSA-Éducation nous considérons que les revalorisations en cours ne constituent que des premières marches, et qu’il y tout un escalier à construire.

Une attractivité en berne et des réformes qui vont dans le mauvais sens

Le défi est de taille, car la question de l’attractivité de nos métiers est aujourd’hui posée, et avec elle, à terme, la question de la qualité du service public d’Éducation.  Le gouvernement n’a pas pris la mesure du problème.

On le constate encore à cette rentrée : en Normandie comme ailleurs, on manque de titulaires et l’on peine à trouver des contractuels dans de nombreux domaines : des enseignants bien sûr, mais aussi de plus en plus des personnels administratifs, sociaux ou de santé. 

Ainsi, le corps des médecins de l’Éducation Nationale est en train de mourir sans que personne ne s’en émeuve (à l’échelle de l’Académie 28 titulaires pour 75 postes budgétés).  Dans le même temps, on ne cesse de démultiplier les tâches du personnel infirmier, pour lequel les risques psychosociaux augmentent, tout en refusant de reconnaître ses compétences et en refusant une rémunération à la hauteur d’une vraie catégorie A.   Si l’on ajoute à cela le déficit d’assistants sociaux et de psychologues scolaires, on aura du mal à conclure à une rentrée réussie au regard des missions de l’École en matière de santé.

Par ailleurs, celui qui se disait le « ministre des Enseignants » annonce la poursuite de la politique de suppressions de postes de professeurs dans le second degré, politique engagée depuis 2017.  On le devine, la Normandie ne sera pas épargnée.  Évidemment, le bilan de rentrée qui est à l’ordre du jour, avec la réflexion sur l’évolution des effectifs, sera sans doute l’occasion pour vous, Mme la rectrice, de « préparer le terrain » pour les annonces de janvier.  Certes, on ne peut ignorer les réalités démographiques, mais il eut été intéressant de présenter en regard, sur la même période de 2018-2021, les suppressions d’ETP en heures postes qui ont touché les collèges et les lycées de la Région.  Sur le périmètre caennais, on constate que l’addition a été particulièrement salée, et bien au-delà d’une simple transcription des évolutions démographiques.  

Cette politique porte en elle la dégradation des conditions de travail des personnels et la dégradation du service rendu aux élèves. Elle se conjugue avec les effets de la crise sanitaire, dont nous avons déjà commenté la gestion (laquelle peine d’ailleurs à s’améliorer).  À cette rentrée, dans les établissements normands du second degré, les personnels nous ont dit leur plaisir à retrouver leurs élèves, mais ils nous ont aussi fait part des difficultés générées par l’explosion des HSA ; ils nous ont décrit les tensions nées de l’application de nombreuses réformes mal pilotées, ma préparées, mal accompagnées (LGT, lycée Pro, PIAL…) ; ils ont exprimé leur inquiétude face à la perte de sens de leur métier ; leur épuisement face à la démultiplication des tâches ; leur colère face à la déficience des outils numériques mis à disposition. Ces difficultés professionnelles ont des causes externes et nourrissent du mal être au travail. A l’Unsa-Éducation, nous réclamons depuis des mois à l’État-employeur un véritable bilan des effets de la crise sur les personnels. Il faudrait aussi y adjoindre un bilan indépendant des effets de son pilotage sur les agents.  Mais nous ne sommes pas naïfs, les évaluations indépendantes n’ont pas le vent en poupe dans l’Éducation Nationale (petite pensée pour le CNESCO, les rapports des IG…)    

Les réformes en cours ne vont malheureusement pas dans le sens d’un correctif : les changements relatifs à la formation des personnels nous inquiètent fortement.  Cette réforme est complexe à organiser dans les EPLE, et va générer de nombreuses contraintes, y compris pédagogiques. Elle est par ailleurs source de multiples inégalités entre les corps et les lauréats des concours, et la perte d’une année d’ancienneté qui résulte du déplacement du concours n’est pas pleinement compensée.  Les futurs lauréats stagiaires ne seront plus en alternance et auront en réalité un bagage professionnel plutôt mince (au mieux une année d’exercice à tiers temps, au pire 18 semaines de SOPA).  Bref, ni véritable revalorisation, ni plus grande professionnalisation.   Pas très attractif.  La conclusion vaut également pour les évolutions à venir des LDG, puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de dégrader, une nouvelle fois, le droit à la mobilité des agents avec le nouveau dispositif de postes à profil.

Un dialogue social encore perfectible

Pour l’essentiel, notre ministre garde donc le cap.  Perseverare diabolicum.  Pourtant, à l’échelle normande nous ne désespérons pas et nous continuons de plaider pour un dialogue social utile.  À ce titre, l’Unsa-Éducation considère qu’il y a de réelles marges de progression, même si nous sommes conscients que vos services, madame la rectrice, sont eux-mêmes exposés aux difficultés que nous venons de présenter. 

Nous ne reviendrons pas ici sur les constats établis par les personnels de direction en ce qui concerne les relations avec les services déconcentrés, évoqués notamment dans un courrier du SNPDEN en fin d’année scolaire.  Mais nous tenons en revanche à signaler que beaucoup déplorent que les « Blanchet » se traduisent essentiellement par des informations et questionnements qui remontent, alors que bien peu de réponses ou de solutions concrètes sont apportées.  On pourrait faire un constat similaire pour plusieurs GT locaux, qui ne portent pas toujours de résultats très convaincants (par exemple les GT formation).

En outre, un surcroît de considération pour les instances et les représentants des personnels ne serait pas superflu.  À ce titre, les listes de diffusion et les chaînes de communication et d’informations mériteraient d’être révisées.  Toutes les convocations n’arrivent pas à bon port.  Il est temps d’en finir avec la désorganisation née de la fusion. Quant aux documents de travail, sans réclamer forcément le retour à l’époque où ils nous parvenaient imprimés (et lisibles) à domicile ou sur notre lieu de travail, en disposer un peu en avance ne serait pas un mal.  Pas seulement pour les CT.  Il est difficile de développer des analyses quand on nous transmet des centaines de page la veille, ou une poignée de jours ouvrés à l’avance (3 pour ce qui concerne le périmètre de Caen).

Des centaines de pages.  Toute cela demande à l’évidence beaucoup de travail dans les services.  Nous en saluons d’ailleurs volontiers la qualité, de nombreuses données sont intéressantes.  Mais l’inflation statistique suscite également des interrogations.  Prenons l’exemple du bilan des LDG : la masse de chiffres produits à la suite des opérations de mouvement et d’avancement des personnels en Normandie est considérable.  Nous éprouvons pourtant le plus grand mal à y voir un motif de satisfaction.  Churchill disait des statistiques qu’elles étaient la « forme la plus élaborée du mensonge ».  Et, de fait, le bilan local des LDG masque bien maladroitement la réalité d’une réforme qui institue l’opacité en règle, une réforme qui génère suspicion et défiance, une réforme qui ouvre la porte à l’arbitraire, lequel d’ailleurs va encore marquer des points avec les nouveaux dispositifs de mutation.  Il y a quelque jours Pierre Rosanvallon s’exprimait sur une radio publique au sujet de la démocratie, et on ne lui refusera pas une certaine expertise dans ce domaine.  L’essence de la démocratie, rappelait-il, « c’est le contrôle ».  La mise en œuvre de la loi fonction publique de 2019 produit exactement le contraire.  Cela sans apporter la moindre plus-value : le travail des services n’est guère allégé, rien ne garantit que les personnels soient mieux mutés, ou mieux avancés.  Bref, on connaissait les statistiques comme instrument destiné à masquer le caractère purement idéologique des réformes.  On les voit maintenant dans le rôle d’écran de fumée visant à escamoter la disparition du droit des agents et la réalité du dialogue social. 

C’est navrant et c’est inquiétant.  C’est aussi profondément méprisant pour l’ensemble des personnels qui subissent ces évolutions.  Enfin, au regard de la crise démocratique, c’est profondément dangereux. 

Mais, à bien y réfléchir, c’est un trait marquant du bilan de J-M Blanquer : piloter sans les personnels.  Pour ne pas dire contre.

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