Conditions de travail des agents : l’Unsa Éducation sort le carton rouge !

Le 21 mai 2026, l’Unsa Éducation a claqué la porte de la formation spécialisée (ancien CHSCT) du Gard. Face à un employeur qui piétine les prérogatives de cette instance et refuse de lui laisser pleinement jouer son rôle en matière de santé et de sécurité, l’Unsa Éducation a été la seule organisation syndicale à prendre ses responsabilités et à dire stop !

Et la prévention dans tout ça ?

La F3SCT (Formation Spécialisée en matière de Santé, Sécurité et Conditions de Travail) n’est pas une simple chambre d’enregistrement des décisions de l’administration. C’est une instance administrative, dédiée à la prévention des risques professionnels. Selon le Code général de la fonction publique (CGFP), l’employeur doit fournir à ses membres une série d’indicateurs afin qu’ils puissent analyser les conditions de travail des agents et formuler des propositions pour les améliorer.

Dans le Gard, à l’exception du registre de santé et sécurité (RSST), l’administration ne produit aucune donnée départementale, pourtant prévue au plan réglementaire. Sans bilan complet sur les accidents de service, sans données du rapport social unique (RSU) et sans rapport de la médecine de prévention, adaptés au périmètre de notre instance, l’employeur rend l’action de la F3SCT complètement aveugle. On ne peut pas soigner ce que l’on refuse de mesurer.

De plus, en refusant la tenue de groupes de travail sur des risques professionnels massivement remontés par le RSST, tels que les conditions de travail des agents gérant des élèves au comportement éruptif (hautement perturbateur) ou la surcharge des directrices et directeurs d’école, l’employeur refuse une nouvelle fois à la F3SCT de tenir son rôle fondamental. L’enjeu n’est pas ici le traitement de situations individuelles, mais bien de réfléchir ensemble aux causes pour produire des outils et des processus permettant d’y faire face.

Pour faire plus simple dans le Gard, la dimension préventive du travail de la F3SCT que ce soit sur le plan règlementaire ou en termes de risques professionnels constatés sur le terrain est totalement mis de côté.

L’instance est maintenue dans un fonctionnement purement réactif. On traite l’urgence au « compte-goutte », et après que l’administration ait donné une réponse, mais on refuse d’analyser les causes profondes du mal-être au travail. En se contentant de traiter les dossiers au coup par coup, l’employeur neutralise l’expertise syndicale et empêche toute amélioration réelle des conditions de travail des agents.

 

Traiter les risques professionnels

L’Unsa Éducation dénonce l’urgence de se pencher sur quatre dossiers importants que l’administration refuse d’approfondir en groupe de travail :

  • Les risques psychosociaux (RPS) qui abîment de plus en plus la santé mentale des agents : Les situations d’épuisement professionnel et de souffrance au travail explosent, mais aucun espace réel de travail n’est dédié à leur prévention.
  • La gestion des élèves au comportement éruptif : Enseignants et AESH se retrouvent souvent seuls et démunis face à des situations de violence ou de crises graves, sans que l’institution n’adapte réellement les conditions de travail.
  • Les conditions de travail des directeurs d’école : La charge administrative ne cesse de croître sans que le temps de décharge (le temps où ils ne sont pas devant les élèves) ne suive. Ils sont le pilier de l’école, mais un pilier qui craque.
  • Le parcours du combattant des accidents de service : Faire reconnaître qu’un choc psychologique est lié au travail est devenu un véritable parcours du combattant. Entre expertises médicales et conseils médicaux, la « présomption d’imputabilité » (le fait que l’administration reconnaisse d’office le lien avec le travail) est trop rarement appliquée.

 

Le silence des autres syndicats

Si l’Unsa Éducation a choisi la politique de la « chaise vide », c’est aussi pour souligner une passivité déroutante. Où sont les autres syndicats habituellement si prompts à la contestation ? Lors des séances de la formation spécialisée, le silence de certains représentants a été assourdissant. Laisser l’Unsa porter seule la contradiction face à l’administration, c’est fragiliser la voix de tous les personnels. Le dialogue social ne doit pas être une validation passive des décisions du directeur académique, mais un travail d’expertise exigeant.

 

L’Unsa ne baissera pas les bras !

En quittant la séance, l’Unsa Éducation n’abandonne pas le terrain, bien au contraire. Cet acte fort est un signal d’alarme pour dénoncer un fonctionnement qui ne profite qu’à l’administration et jamais aux agents.

L’Unsa Education reviendra très prochainement vers le directeur académique avec de nouvelles propositions concrètes. L’objectif reste le même : transformer cette instance en un véritable outil de protection pour que chaque agent du Gard puisse exercer son métier dans des conditions dignes et sécurisées. La prévention n’est pas une option, c’est un droit !