Réenchanter l’État : défendre les services publics, défendre nos droits et préserver l’avenir

La crise des services publics n’est pas seulement une question de moyens : elle est aussi une crise de confiance. Partout, les agents constatent la même réalité : des missions qui augmentent, des procédures qui se multiplient et se complexifient, des effectifs insuffisants et des conditions de travail qui se dégradent. Et, derrière ces difficultés, ce sont les usagers qui subissent des délais plus longs, des services qui ferment et un accès aux droits qui devient de plus en plus inégal selon les territoires. Pourtant, le service public reste indispensable. Justice, santé, éducation, transports, protection sociale, sécurité : ces missions répondent à des besoins collectifs qui ne peuvent pas dépendre uniquement de la rentabilité ou de la capacité individuelle à payer. Le service public finance à hauteur de 75 % les dépenses d’éducation et à 80 % l’offre de soins. Il garantit ainsi l’égalité des citoyens et constitue un élément essentiel de la cohésion sociale et territorial

Les agents publics sont les premiers témoins de cette dégradation. Ils continuent à faire vivre les missions de service public malgré le manque de personnel, la pression hiérarchique, les injonctions contradictoires, la multiplication des réorganisations et la perte de sens au travail. Trop souvent, ils doivent compenser avec leur engagement personnel les insuffisances d’un système auquel on demande toujours davantage avec toujours moins de moyens.

Cette situation nourrit un cercle vicieux : lorsque les agents ne disposent plus des moyens nécessaires pour accomplir correctement leurs missions, la qualité du service rendu se dégrade. Les usagers perdent confiance et les agents eux-mêmes ont le sentiment de ne plus pouvoir exercer leur métier comme ils le devraient, comme ils l’imaginaient.

Défendre les services publics, c’est défendre l’égalité

La fermeture d’une école, d’une maternité, d’un hôpital, d’une gare, d’un bureau de poste ou d’un service administratif ne constitue jamais une simple décision technique. Elle transforme concrètement la vie des habitants. Dans les territoires ruraux comme dans les quartiers populaires, l’éloignement des services publics peut signifier des heures de déplacement supplémentaires, des difficultés pour accéder à ses droits ou, finalement, un renoncement.

La dématérialisation et l’avènement de l’IA peuvent faciliter certaines démarches, mais elles ne doivent pas devenir un prétexte pour supprimer l’accueil humain. Tous les citoyens ne disposent pas des mêmes ressources, des mêmes compétences numériques ou de la même possibilité de se déplacer.

Un service public fort a besoin d’agents respectés

Répondre à cette crise ne consiste donc pas seulement à défendre abstraitement les « valeurs du service public ». Il faut donner aux agents les moyens de les faire vivre.

Cela passe par des recrutements à la hauteur des besoins, des salaires permettant de reconnaître la difficulté d’un métier et les qualifications, l’amélioration des conditions de travail, la formation, la titularisation des personnels précaires et le respect du dialogue social. Cela suppose également de redonner aux agents une véritable capacité à participer aux décisions qui transforment leur travail.

Défendre le service public, c’est aussi refuser que des missions essentielles soient progressivement abandonnées au secteur privé ou confiées à des financements dépendant de la philanthropie. L’intérêt général doit rester l’affaire de la collectivité et être garanti par une solidarité financée par un impôt juste et les cotisations sociales.

Réenchanter l’État, c’est redonner du pouvoir aux citoyens et aux agents

La défense des services publics ne peut pas être uniquement descendante. Les décisions concernant l’avenir d’un hôpital, d’une école, d’un tribunal ou d’un service administratif doivent être discutées avec celles et ceux qui les font vivre au quotidien : agents, usagers, élus locaux et organisations syndicales dans le cadre d’un débat démocratique.

Réenchanter l’État, c’est donc reconstruire la confiance par des actes : des services publics accessibles, des agents reconnus et protégés, des moyens correspondant aux missions et une véritable démocratie sociale et territoriale.

Pour l’UNSA Éducation, il ne peut y avoir de service public sans agents, pas d’égalité sans service public. Défendre les deux, c’est défendre notre modèle social et notre capacité collective à décider de notre avenir. En ces temps d’incertitude, l’UNSA Éducation sera à vos côtés pour qu’ensemble, nous participions à la construction d’ un avenir serein et égalitaire pour tous.

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