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Minimum de traitement : une revalorisation salariale en trompe-l’œil ?

Le 2 octobre, la DGAFP réunissait les organisations syndicales pour un groupe de travail consacré au suivi du rendez-vous salarial du 8 juillet. Présidée par David Amiel, cette réunion était particulièrement attendue dans un contexte de forte dégradation du pouvoir d’achat des agents publics. L’annonce principale est désormais connue : le minimum de traitement sera porté à l’indice majoré 372 au 1er janvier 2027. Cette mesure conduira à revaloriser de six points d’indice les premiers niveaux des grilles indiciaires, avec un décalage échelon par échelon afin de préserver la progression de carrière. À première vue, l’annonce peut sembler constituer une réponse à la situation des agents les moins rémunérés. Mais lorsqu’on regarde les conséquences concrètes de cette décision, le constat est beaucoup plus nuancé.

Une hausse qui ne règle pas le problème du SMIC

Le relèvement du minimum de traitement représente une augmentation pouvant atteindre 29,53 euros bruts par mois. Pour les agents concernés, cette hausse ne constituera cependant pas un gain réel de pouvoir d’achat puisqu’elle vient d’abord compenser l’écart avec le SMIC à travers l’indemnité différentielle.

Aujourd’hui, quelque 862 000 agents publics sont concernés par cette indemnité différentielle lorsque leur traitement indiciaire est inférieur au niveau du SMIC.

Selon le Gouvernement, le passage du minimum de traitement à l’indice majoré 372 permettra à environ 400 000 agents des trois versants de la fonction publique de sortir de ce dispositif et d’être rémunérés juste au-dessus du SMIC.

Mais cette amélioration risque d’être de courte durée. En effet, le SMIC sera lui aussi revalorisé au 1er janvier 2027. Une nouvelle hausse du salaire minimum pourrait donc réduire, voire annuler pour certains agents, les effets du relèvement du minimum de traitement. Par cette décision, le Gouvernement apporte une réponse ponctuelle à un problème qui, lui, est devenu structurel.

Le tassement des grilles se poursuit

Derrière la question du minimum de traitement se trouve un problème beaucoup plus large : celui du tassement des grilles indiciaires.

Lorsque le traitement indiciaire des premiers échelons se rapproche du SMIC, les écarts de rémunération entre les agents diminuent. Les années d’ancienneté, l’acquisition de qualifications supplémentaires et les changements de grade sont alors de moins en moins correctement reconnus.

Cette situation nourrit un sentiment d’injustice chez les agents publics : pourquoi continuer à progresser dans sa carrière si les gains liés à l’ancienneté et aux responsabilités deviennent aussi faibles ?

Pour l’UNSA Éducation, la réponse ne peut donc pas se limiter à relever régulièrement le minimum de traitement pour suivre le SMIC. Il faut engager une véritable revalorisation des carrières et des grilles indiciaires.

Une réponse loin d’être à la hauteur

Au total, ce sont plus de 5 millions d’agents publics qui ne bénéficieront d’aucune mesure générale de revalorisation de leur rémunération.

Le relèvement du minimum de traitement ne constitue donc pas la réponse attendue face à la perte de pouvoir d’achat accumulée ces dernières années. Plus encore, le risque est grand de voir l’effet de cette mesure rapidement absorbé par l’évolution du SMIC et par l’inflation.

Il est temps de sortir de cette logique de rattrapage permanent. Les agents publics ont besoin de mesures permettant de restaurer durablement leur pouvoir d’achat, mais aussi de reconnaître leur qualification, leur ancienneté, leurs responsabilités et leur engagement au service du public.

La question salariale, une préoccupation majeure pour les agents

Derrière les chiffres et les indices se trouve une réalité très concrète : le travail des agents publics doit être reconnu et rémunéré à sa juste valeur. Le relèvement du minimum de traitement est une première réponse. Mais, pour l’UNSA Education, il ne peut certainement pas constituer le point final de la politique salariale dans la fonction publique.

L’UNSA Fonction publique a mis en ligne une pétition que nous relayons ici. Vous y trouverez également une calculette vous permettant de calculer votre perte de pouvoir d’achat eu égard à l’inflation.

https://www.unsa-fp.org/article/Petition-degelez-et-rattrapez-le-point-d-indice

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