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L’endométriose et la santé des femmes, un angle mort en gestion des ressources humaines

Chaque année, le 28 mars marque la Journée mondiale de l’endométriose, une maladie gynécologique chronique qui touche près d’une femme sur dix en France, soit environ 2,5 millions de femmes en âge de procréer. Malgré une prise de conscience croissante, cette pathologie reste encore trop souvent ignorée, minimisée ou mal diagnostiquée, avec un délai moyen de 7 ans avant un diagnostic clair. Pourtant, ses conséquences sur la vie professionnelle des femmes sont majeures : douleurs invalidantes, fatigue chronique, absences répétées, et parfois une sortie prématurée de l’emploi.

Un enjeu de santé publique et de gestion des ressources humaines

L’endométriose n’est pas seulement une question médicale mais c’est aussi une question sociale. Selon l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT), adapter l’organisation du travail pour mieux prendre en compte les effets de l’endométriose constitue un enjeu de santé publique, d’égalité professionnelle et d’efficacité pour les employeurs. Les symptômes de la maladie – douleurs intenses, fatigue, difficultés de concentration – impactent directement la capacité de travail des salariées, avec des répercussions sur leur carrière et leur bien-être.

Pourtant, malgré ces constats, la prise en compte de l’endométriose dans les politiques de ressources humaines reste insuffisante. Les arrêts maladie à répétition, les aménagements de poste ou les besoins en télétravail sont souvent perçus comme des contraintes plutôt que comme des nécessités pour maintenir en emploi des femmes compétentes et motivées. Des outils et des guides pour accompagner les encadrants et les services RH existent, mais leur diffusion et leur application restent inégales.

L’UNSA Éducation s’engage et agit pour la santé des femmes au travail

Face à ce constat, l’UNSA Éducation rappelle que la santé des femmes ne peut plus être un angle mort des politiques sociales et professionnelles. Notre fédération porte depuis plusieurs mois une pétition pour l’inscription dans la loi d’un congé menstruel rémunéré, afin de reconnaître officiellement l’impact des douleurs menstruelles et des pathologies comme l’endométriose sur la vie professionnelle. À ce jour, plus de 65 000 personnes ont signé cette pétition, montrant l’ampleur de la mobilisation citoyenne et professionnelle.

Pour l’UNSA Éducation, il s’agit de briser le tabou autour des règles et de l’endométriose, et d’adapter le droit du travail à la réalité des corps : « Reconnaître la douleur menstruelle, ce n’est pas fragiliser les femmes, mais bien au contraire les respecter, les soutenir et adapter le travail à leur réalité ». Rappelons que le travail doit s’adapter à l’Homme et non l’inverse!

L’enjeu est aussi celui de l’égalité professionnelle : comment parler de parité quand des millions de femmes subissent chaque mois des douleurs qui ne sont pas reconnues comme un motif légitime d’arrêt de travail ?

Des solutions concrètes 

Plusieurs pistes d’action sont identifiées pour mieux accompagner les agentes atteintes d’endométriose :

  • Former les encadrants et les RH à la reconnaissance des symptômes et à l’accompagnement des agentes concernées,
  • Mettre en place des référents santé ou des cellules d’écoute dédiées,
  • Faciliter l’accès à des aménagements de poste, au télétravail ou à des congés spécifiques, sans perte de salaire,
  • Sensibiliser l’ensemble des équipes pour créer un climat bienveillant et éviter les incompréhensions.

L’endométriose et la santé des femmes au travail ne peuvent plus être ignorées. Pour l’UNSA Éducation, il est temps d’agir concrètement : en adaptant les politiques de ressources humaines, en formant les encadrants, et en faisant évoluer la loi pour reconnaître enfin la réalité des douleurs menstruelles.

La journée du 28 mars 2026 est l’occasion de rappeler que la santé des femmes est un enjeu collectif, qui concerne toute la société.

Relayer la pétition pour le congé menstruel

À l’occasion de cette Journée mondiale de l’endométriose, l’UNSA Éducation appelle à signer et à relayer massivement la pétition pour le congé menstruel, disponible sur congemenstruel.fr.

« L’égalité ne se décrète pas, elle se construit. Signez maintenant pour que la France adopte enfin le congé menstruel », (congemenstruel.fr).

Pour aller plus loin :

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