Il n’y a pas que les intermittents du spectacle qui sont inquiets ces jours-ci. Aurélie Filippetti vient aussi de recevoir une lettre ouverte, signée par 748 auteurs de bande dessinée (dont Tardi, Gotlib, Bilal, Davodeau, Sattouf…). Ils s’inquiètent de leur avenir et protestent contre la paupérisation de leur métier, alors qu’on leur demande désormais de cotiser à hauteur de 8% de leurs revenus pour financer leur retraite complémentaire obligatoire :

« Cette réforme soudaine et irréfléchie, les auteurs n’en veulent pas. Ils la rejettent au motif premier qu’elle est INACCEPTABLE autant qu’inapplicable. Même si nous sommes évidemment favorables à un système solidaire des retraites, et ne sommes pas à ce titre opposés à une réforme juste, mesurée et concertée, croyez-vous que les auteurs pourront, en plus de leurs autres sacrifices, se priver de 8% de leurs revenus afin de s’acquitter de nouvelles cotisations sociales? Ceci représente l’équivalent de presque un mois de revenus, alors que la plupart d’entre eux ne gagnent pas assez pour payer des impôts et peinent à boucler leurs fins de mois. Nous vous rappelons, Madame la Ministre, que le revenu de la moitié des auteurs de BD se situe (hélas) bien en dessous du SMIC. Il est urgent que cette réalité soit prise en compte, avant de réformer quoi que ce soit.« 

« Nous demandons dès à présent la suspension de l’application de cette réforme et nous vous invitons à réfléchir et à faire réfléchir, avec nous, à la meilleure façon de la conduire. »

« La piste qui nous apparaît la plus évidente serait d’envisager un réel financement de la couverture sociale des auteurs par les acteurs de la chaîne du livre qui bénéficient le plus du travail de ces professionnels, comme c’est le cas dans d’autres domaines artistiques. »