Les faits divers s’enchainent, les medias se déchaînent, autour des phénomènes de grandes violences de jeunes en bandes ou en petits groupes de harceleurs. Les réponses pénales s’imposent mais ne peuvent suffire. Politique de jeunesse et politique éducative sont indissociables pour prévenir et résorber ce type d’événements.

Violences extrêmes
Dans l’actualité, les faits rapportés sont insupportables car très violents et souvent incompréhensibles des adultes, tant ils sont disproportionnés par rapport aux causes évoquées, et tant leurs auteurs semblent manquer d’ancrage dans la réalité. Armes blanches, coups mortels, victimes laissées pour mortes, l’effet de groupe est plus fort que la raison. L’empathie primordiale que chacun doit ressentir pour son égal humain ne semble plus exister. Ces jeunes sont en danger.
« Les enfants et adolescents sont d’abord dangereux les uns envers les autres. Donc oui, pour moi, ils sont en danger. Ils sont en danger, aussi, compte tenu de conditions sociales, culturelles et familiales d’éducation, souvent peu favorables, qui les rendent particulièrement sensibles aux déficits d’animation collective qui affectent leurs territoires de vie. » dit Frédéric Jésu, pédopsychiatre dans une interview à ToutEduc.
Sans doute que la crise sanitaire inscrite dans la durée n’arrange rien. Les associations sportives et culturelles ne peuvent plus accueillir, les éducateurs sont empêchés dans leurs missions à cause des protocoles sanitaires, des couvre-feux, des confinements.
« Pour se socialiser, aujourd’hui, et tout particulièrement en milieu urbain, les enfants disposent plus ou moins de différentes catégories d’espaces, ouverts ou intra muros, mais ce sont des espaces où il n’y a souvent pas assez d’adultes. Et ceci dans un environnement institutionnel où il n’y a surtout pas de véritables projets éducatifs locaux et partagés prenant en compte les temps libres, notamment ceux des adolescents. Or, les enfants et, plus encore, les adolescents sont à l’évidence très inégaux devant ces temps « libres » poursuit F.Jésu.
Politique de jeunesse, politique de la ville doivent se rejoindre dans une politique volontariste d’éducation collective. Pour lutter contre le désœuvrement, la réponse des adultes en responsabilité ne doit pas être centrée sur un tout-sécuritaire mais viser l’émancipation par la citoyenneté active.
Agir par une politique éducative globale
Les sortir de la déshérence est primordial pour limiter les violences, il sera nécessaire pour ce faire de soutenir et reconstruire un tissu associatif dense et bien réparti dans tous les territoires, au plus près des jeunes les plus fragiles. Car, évidemment, la question de l’occupation des temps libres ne se pose pas de la même manière dans tous les quartiers, ni dans toutes les catégories sociales. Pour les plus aisés, la réponse se trouve dans la sphère privée. Dans la sphère publique, des réponses sont apportées souvent à l’échelon d’une ville, d’une communauté de communes, Les Plans Éducatifs de Territoire sont des outils qui donnent cohérence aux actions envers les jeunes et les enfants. Des outils pour proposer un véritable plan d’emploi des temps libres, avec des activités multiples, des méthodes pédagogiques variées, des activités qui attirent et donnent de la place aux besoins exprimés par les adolescents, les enfants.

L’Ecole ne peut pas tout. La société éducative portée par l’UNSA Éducation s’appuie sur une complémentarité des temps, des acteurs, des actions et des structures. L’UNSA Éducation reconnaît le rôle éducatif complémentaire entre l’école et l’animation socioculturelle, l’Éducation populaire, la culture, la pratique des activités physiques et sportives pour tous les publics. C’est en responsabilités partagées que pourront se dessiner de meilleurs avenirs pour les jeunes.