Le 30 décembre dernier, l’Argentine a légalisé l’avortement ce qui autorise l’IVG pendant les quatorze premières semaines de grossesse.

Aujourd’hui, les député.es chilien.nes étudient une proposition de loi afin de dépénaliser l’avortement qui n’est actuellement autorisé qu’en cas de risque pour la vie de la femme enceinte, en cas de viol, ou si le fœtus n’est pas viable.

Cependant ces bonnes nouvelles venant du continent sud-américain ne doivent pas cacher les inquiétudes que l’on peut avoir à l’échelle mondiale à ce sujet.

L’enjeu n’est pas seulement le droit des femmes à disposer de leur corps mais également d’assurer leur sécurité et leur santé. En effet, le Chili est un des pays où les avortements clandestins atteignent des records mettant en danger la vie des femmes.

Ce débat sur l’avortement et la santé des femmes n’est pas sans rappeler ceux sur l’allongement de la limite du délai légal pour pratiquer une IVG en France.
Chaque année en France, c’est entre 3000 et 5000 femmes qui avortent à l’étranger car elles ont dépassé le délai légal de 12 semaines essentiellement en raison de dysfonctionnements liés au système français.

La proposition de loi qui vise à renforcer le droit à l’avortement est examinée ces jours-ci par le Sénat. Ce texte aborde également la suppression de la double clause de conscience spécifique qui permet à certains médecins de refuser de pratiquer une IVG.
La limitation de ce droit risque d’accroître les inégalités et de mettre en danger la santé des femmes dans un contexte où la crise sanitaire accentue les difficultés de prise en charge médicale.
Dans de nombreux pays européens, on assiste à des volontés de restreindre le droit à l’avortement, en lien avec des positions idéologiques réactionnaires. C’est pourquoi la légalisation de l’avortement en Argentine est une vraie victoire et il faut espérer qu’il en sera de même au Chili.

Au-delà de la crise que nous vivons, il paraît essentiel de réfléchir à la pérennité de mesures qui doivent permettre de consolider ce droit et plus généralement de garantir à toutes les femmes de l’exercer dans des conditions optimales.

L’UNSA Éducation est fermement attachée à la garantie du droit à l’IVG pour toutes les femmes sur l’ensemble du territoire français. Ce droit a vocation à devenir universel, car il permet aux femmes de disposer de leur corps et de s’émanciper du carcan patriarcal.