Une délégation de l’UNSA Éducation, conduite par son secrétaire général, a été reçue le 23 octobre par Madame Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Laurent Escure était accompagné de :
Stéphane Leymarie, secrétaire général de Sup’Recherche-UNSA
Martine Samama, secrétaire générale de UNSA ITRF.Bi.O
Jean-Yves Rocca, secrétaire général d’A&I-UNSA
Denis Adam, secrétaire national de l’UNSA Éducation

Après avoir présenté les différents syndicats de la fédération dans l’ESR, Laurent Escure a insisté sur notre volonté de voir reconnaître la même dignité à tous les personnels. Pour l’UNSA Éducation les différentes catégories de personnels :
-chercheurs,
-enseignants-chercheurs,
-enseignants,
-AENES, ITRF et de bibliothèque ont des missions et des statuts complémentaires.
Il convient donc de respecter l’égale dignité des métiers et des personnels mais aussi de les valoriser.
De même, nous demandons que le droit de la Fonction publique de l’État soit appliqué à tous, sans dérogation.

Nous avons dénoncé la loi ESR, qui déçoit tous ceux qui avait l’espoir d’un changement, car elle ne remédie en rien aux confusions générées par la loi LRU. En particulier, elle entretient un mélange entre autonomie et indépendance, dont on voit chaque jour les dysfonctionnements. L’exemple des ESPé (autant de réalités différentes que d’écoles et donc d’universités) en est la triste démonstration.

Sans nous opposer par principe et a priori aux regroupements des établissements universitaires et de recherche publique, l’UNSA Éducation souhaite que du temps et de la concertation président à toutes structurations et met en garde contre une gouvernance peu démocratique, des présidences aux pouvoirs renforcés alors que les présidents et leurs équipes sont souvent mal préparées et formées à l’exercice de leur rôle de « patron ». Nous avons également réaffirmé notre opposition au droit de véto.

Pour sa part, UNSA ITRF.Bi.O a insisté sur le poids que font peser les conséquences de la loi LRU et des compétences élargies sur le fonctionnement des universités et sur ses personnels. Un cercle vicieux s’est installé particulièrement dans les universités en difficulté financière : au déficit récurrent d’emplois BIATSS s’ajoute le déficit financier de la masse salariale. Le non-recrutement sert de variable d’ajustement. Cela conduit à des conditions de travail qui se dégradent, entraînant mal-être et problèmes de santé. Or la nécessité d’équilibrer un budget autonome ne permet plus de recruter. C’est cette lourdeur que vivent au quotidien les personnels ITRF –et plus généralement l’ensemble des BIATSS- et qui devient insupportable.

Abordant le budget de l’ESR, Sup’Recherche-UNSA constate le différentiel des dépenses moyennes par étudiant (10 940 euros en université, 13 510 en STS et 15 020 en CGPE). Cette mise en perspective devrait être interrogée, surtout lorsque l’on sait que le coût de la recherche est intégré (jusqu’à 40%) dans la somme allouée par étudiants universitaires. L’État français consacre donc de l’ordre de 6 560 € pour former un étudiant à l’université, ce qui le place parmi les plus mauvais élèves des pays de l’OCDE. Alors qu’il nous faut travailler à la réussite en licence, il convient de remettre à plat cette disparité de traitement et de trouver là un argument pour augmenter le budget de l’ESR.
L’emploi scientifique nécessite également d’être soutenu, alors qu’il se trouve dans une situation critique. La reconnaissance du doctorat dans la fonction publique comme dans l’entreprise doit être une priorité. La France est parmi les seuls pays au monde où les ingénieurs ne sont pas formés à l’université. L’industrie française embauche des ingénieurs pour faire sa R&D (avoir un doctorat -même quand on est aussi ingénieur- est très souvent un handicap) tandis que l’industrie allemande embauche des docteurs. Ce peut être là l’une des raisons du déficit des entreprises françaises en R&D par rapport à celui de l’Allemagne avec ses conséquences sur l’innovation.
L’État français devrait reconnaÎtre le rôle fondamental de l’université pour l’avenir de la Nation, notamment en alignant les moyens pédagogiques à des niveaux comparables à ceux des post-bac des lycées et en agissant pour la reconnaissance du doctorat dans le secteur public et privé.


A&I UNSA s’est félicité de la cohérence de bon sens maintenue avec la confirmation du ministère unique. Le syndicat représentant les personnels administratifs, revendique un agenda social qui donne du sens et des perspectives, notamment dans le cadre du budget triennal 2015-2017. Il prône une approche globale de l’ensemble des BIATSS et demande que la démarche carrières/mobilité –dont la circulaire doit être publiée au BOEN le 18 novembre- serve de cadrage général à leur gestion, quel que soit le secteur de travail dans notre département ministériel. Une vraie révolution culturelle après des années de libéralisme facilitée par la loi LRU. L’autonomie ne veut pas dire indépendance vis-à-vis de la Ministre.

Enfin, nous avons réaffirmé notre rejet d’une 4ème mini fonction publique de l’ESR. L’UNSA note avec satisfaction que le gouvernement n’a pas retenu cette perspective, contrairement à la démarche de certaines organisations syndicales.

S’engageant à ce que cette première prise de contact soit suivie rapidement d’une nouvelle rencontre afin d’approfondir l’ensemble des points évoqués, la Ministre a affirmé partager plusieurs de nos constats et analyses. Elle a rappelé la nécessité d’équilibrer l’autonomie des établissements par la structuration d’un cadre national qui donne des règles communes et partagées. Elle a insisté sur le fait que les chantiers, qui vont s’ouvrir dans l’ESR dans le cadre de l’agenda social acté par le protocole (dont l’UNSA est signataire), devraient permettre une première prise en compte de nombreux sujets abordés.