Collège : une annonce sans concertation et pleine de zones d’ombre
Le ministre Édouard Geffray annonce la création d’un concours général pour les élèves de troisième dès 2026. Présentée comme une valorisation de « l’excellence », cette mesure apparaît surtout déconnectée des réalités du terrain.
Alors même qu’un changement de méthode était attendu, cette annonce intervient sans concertation avec les personnels et s’ajoute à une succession de dispositifs dont les conditions de mise en œuvre restent floues. Beaucoup d’effets d’annonce, encore trop de zones d’ombre.
Pour les personnels, c’est une charge supplémentaire : organisation des épreuves, conception et correction des sujets, mobilisation des équipes, sans garantie de moyens ni de reconnaissance.
Pour les élèves, ce dispositif limité à une minorité renforce une logique de compétition et risque d’accentuer les inégalités entre établissements et entre publics.
Dans un système éducatif déjà marqué par de fortes inégalités, la priorité doit rester la réussite de tous les élèves. Une école ne se juge pas uniquement à la réussite des meilleurs, mais à sa capacité à construire du commun et à faire progresser chacun.
L’enquête PISA qui compare régulièrement les résultats des élèves français aux autres pays de l’OCDE, a relevé à plusieurs reprises que la France se différenciait par un petit nombre d’élèves qui obtiennent de très bons résultats aux évaluations, et une part importante d’élèves en difficulté, avec qui l’écart se creuse. Pourquoi notre ministère ne prend-il pas en compte ces études qui devraient orienter nos politiques éducatives ?
L’UNSA Éducation alerte enfin sur la question des moyens : dans un contexte où les personnels sont déjà fortement mobilisés pour faire vivre les projets et accompagner les élèves, le recours éventuel à des heures supplémentaires pour faire fonctionner ce dispositif interroge. Quand les moyens manquent, chaque choix compte — et celui-ci interroge. Ces moyens, s’ils étaient mobilisés, gagneraient à être laissés à l’appréciation des équipes, afin de leur permettre de faire des choix adaptés aux besoins des élèves et de favoriser la réussite du plus grand nombre.
L’UNSA Éducation appelle à concentrer l’action publique sur les véritables priorités : donner des moyens aux équipes et accompagner tous les élèves.
Morgane Verviers, secrétaire générale de l’UNSA Education
A Ivry sur Seine, le 3 avril 2026

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