[Bordeaux] Rentrée 2026 : une logique comptable au détriment de l’école publique

Lors du CSA académique du 30 janvier 2026, l’UNSA Éducation a dénoncé avec force l’ampleur des suppressions de postes prévues pour la rentrée prochaine. Alors que la baisse démographique aurait pu être l’occasion d’améliorer les conditions d’enseignement et de réduire les effectifs par classe, le ministère fait le choix d’une logique purement comptable, lourde de conséquences pour les personnels comme pour les élèves

Pour l’académie de Bordeaux, ce sont près de 230 postes enseignants supprimés au total, répartis entre le premier et le second degré. Derrière ces chiffres globaux se cache une réalité territoriale très concrète pour chacun des cinq départements.

Lire la Déclaration liminaire de l’Unsa Education de Bordeaux

Premier degré : 99 postes supprimés dans les écoles publiques

À la rentrée 2026, l’académie perdra 99 équivalents temps plein de professeurs des écoles, ce qui se traduira par la perte de 158 postes d’enseignants devant élèves.  Tous les départements sont touchés.

La répartition des suppressions est la suivante :

  • Gironde : –42 postes

  • Pyrénées-Atlantiques : –23 postes

  • Dordogne : –11,5 postes

  • Lot-et-Garonne : –11,5 postes

  • Landes : –11 postes

Malgré cette perte massive de moyens, l’administration met en avant une hausse du P/E (postes par élève). Un indicateur trompeur, comme l’a rappelé l’UNSA Éducation, puisqu’il ne reflète ni les réalités de terrain, ni la dégradation concrète des conditions d’enseignement : classes chargées, manque de remplaçants, difficultés accrues pour l’école inclusive.

Second degré : 131 moyens devant élèves supprimés dans les collèges et lycées

Dans le second degré public, la situation est tout aussi préoccupante. L’académie subira –131 postes devant élèves dans les collèges et les lycées.

La répartition départementale des suppressions est particulièrement lourde :

  • Dordogne : –28 postes

  • Gironde : –28 postes

  • Lot-et-Garonne : –27 postes

  • Pyrénées-Atlantiques : –27 postes

  • Landes : –21 postes

Ces retraits interviennent alors que les établissements doivent déjà faire face à la baisse des moyens, à l’augmentation des besoins éducatifs particuliers, au maintien de dispositifs nationaux (mathématiques en première, inclusion ULIS, accompagnement des collèges fragiles) et à une fatigue croissante des équipes.

Une politique de restrictions qui fragilise tout le service public d’éducation

Dans sa déclaration liminaire, l’UNSA Éducation a rappelé que ces choix budgétaires touchent l’ensemble des personnels : enseignants, CPE, AESH, AED, personnels administratifs, sociaux et de santé. Tous voient leurs conditions de travail se dégrader, dans un contexte d’épuisement professionnel déjà largement documenté. Plutôt que d’investir pour améliorer l’encadrement, renforcer l’école inclusive et soutenir les équipes, le ministère fait le choix de supprimer massivement des postes — un choix politique qui hypothèque l’avenir.

L’UNSA Éducation exige un changement de cap

Face à cette saignée historique dans les moyens de l’académie de Bordeaux, l’UNSA Éducation réaffirme ses priorités :

  • des effectifs allégés dans les classes

  • des remplaçants en nombre suffisant

  • des AESH formés et reconnus

  • des personnels ressources pour faire face aux difficultés croissantes

  • un renforcement des équipes administratives et éducatives

Une société qui n’investit plus dans l’éducation et la formation de sa jeunesse est une société sans avenir. Réduire le nombre d’enseignants n’est pas une opération rentable sur le long terme. Pour 1€ économisé maintenant, ce sont 9€ de perdus pour la société. Et ce n’est pas l’UNSA Éducation qui le dit mais l’Institut des Politiques Publiques. Le service public d’éducation n’est pas une dépense, c’est une promesse – une promesse faite à chaque élève, à chaque famille, à chaque territoire. Pourtant, les choix opérés aujourd’hui remettent en cause cette promesse. Face à la baisse démographique, plutôt que de réparer et d’investir, le rectorat et le ministère persistent dans une logique de restrictions et de désengagement.

L’Unsa Éducation refuse cette fatalité. L’école publique mérite mieux que des rustines budgétaires. Elle mérite un projet, des ambitions, et les moyens de les réaliser.