Repas à 1€ pour tous les étudiant·e·s: une mesure appréciable mais intenable sans moyens

Le SNPTES-Unsa prend acte de l’annonce gouvernementale visant à généraliser le repas à 1 euro pour l’ensemble des étudiantes et étudiants. Si cette mesure semble pouvoir répondre à une urgence sociale incontestable, dans un contexte de précarité étudiante qui s’aggrave d’année en année, elle ne peut toutefois pas être appliquée sans une analyse rigoureuse de ses conséquences financières, organisationnelles et sociales.

Depuis des années, le SNPTES-Unsa dénonce un sous-financement structurel des CROUS, accentué par la hausse des charges énergétiques et alimentaires, la vétusté de certains équipements et l’insuffisance chronique des dotations publiques. La généralisation du repas à 1 euro, si elle n’est pas intégralement compensée, exposera les établissements à des déficits massifs, compromettant la continuité même du service public de restauration universitaire.

Face aux difficultés que rencontrent actuellement les CROUS par manque de moyens, cette mesure, aussi louable qu’elle puisse être dans son principe, risque donc de produire plus d’effets négatifs que positifs. L’universalisation du repas à 1 euros doit s’envisager comme la mesure qui vient parachever une refonte totale de l’aide sociale étudiante avec une augmentation significative des moyens consacrés aux dispositifs sociaux pourra permettre un accompagnement renforcé des publics les plus fragiles. À ce jour, l’objectif prioritaire doit être d’aider réellement celles et ceux qui en ont besoin, et non de déployer un dispositif uniforme dépourvu de logique sociale.

Le SNPTES-Unsa alerte donc sur l’impact majeur de cette mesure sur les personnels si son financement n’est pas effectif. Les agents sont déjà confrontés à des sous-effectifs, à une pression croissante sur les cadences et à une détérioration de leurs conditions de travail. Sans moyens supplémentaires, la charge de travail augmentera mécaniquement, générant un mal-être accru, des risques psychosociaux supplémentaires et une dégradation de la qualité du service rendue inévitable.

Par ailleurs, cette mesure risque de ne pas être bien perçue dans certains sites d’études délocalisés qui ne disposent pas de restauration universitaire.

La généralisation du repas à 1 euro sans plan d’adaptation des capacités d’accueil aura également un impact direct sur les personnels des établissements universitaires voisins. Les files d’attente, déjà particulièrement longues dans de nombreux sites, deviendront ingérables. En période de forte affluence, les personnels universitaires proches se verront de facto exclus de l’accès aux restaurants, faute d’un temps de pause suffisant pour s’y rendre et y déjeuner dans des conditions dignes.

Le SNPTES-Unsa considère inacceptable que les personnels, pourtant partie prenante du service public de l’enseignement supérieur, soient ainsi privés de ce service en raison d’une absence d’anticipation et de moyens.
Le SNPTES-Unsa

restera mobilisé afin que la lutte contre la précarité étudiante ne se fasse ni au détriment de la santé des étudiantes et étudiants, ni au détriment des personnels, ni au détriment de l’équilibre financier des Crous. Une mesure socialement nécessaire ne peut être efficace que si l’État assume pleinement ses responsabilités et garantit les moyens humains et budgétaires indispensables à un service public accessible, de qualité et durable.