[CSA Limoges] l’UNSA Éducation Limoges porte les priorités des collègues pour la rentrée 2026

Au CSAA du 23 mars, l’UNSA Éducation a porté les priorités exprimées par les personnels : conditions de travail, inclusion, ruralité et continuité du parcours des élèves. Nous avons dénoncé le solde de –27 postes dans le second degré, l’absence de créations pour plusieurs métiers essentiels et le manque de réponses aux difficultés signalées en formation spécialisée. Nous continuerons à défendre une autre logique des moyens, fondée sur les besoins réels des élèves, des équipes et des territoires.

À l’occasion du CSAA du 23 mars consacré à la préparation de la rentrée 2026, l’UNSA Éducation Limousin a porté les préoccupations exprimées par les personnels ces derniers mois dans les établissements, les écoles et les instances.

Nos interventions s’inscrivent dans la continuité de celles du CSAA du 3 février et de la formation spécialisée du 3 mars, où nous avions déjà alerté sur la dégradation progressive des conditions de travail, la fragilisation des collectifs professionnels et la montée des situations d’élèves complexes qui s’installent dans la durée.

Les documents présentés lors de ce CSAA confirment ces inquiétudes.

Retrouvez ici notre déclaration liminaire DL CSAA 23 mars 2026

Des suppressions de postes dans le second degré qui fragilisent le parcours des élèves

La carte des emplois pour la rentrée 2026 prévoit un solde de –27 postes dans le second degré, avec une concentration particulièrement forte des suppressions dans les collèges. Ce sont en tout 55 suppressions qui étaient présentées pour seulement 28 créations

Pour l’UNSA Éducation, ces choix ne sont pas neutres.

Le collège est un point d’équilibre du parcours scolaire : continuité école-collège, inclusion, prévention du décrochage, orientation, accompagnement des élèves fragiles. Réduire les moyens à ce niveau fragilise l’ensemble du parcours des élèves.

Dans une académie rurale comme la nôtre, chaque suppression de poste réduit aussi l’offre de formation de proximité et accentue l’isolement des équipes.

Des besoins identifiés… mais toujours sans réponses suffisantes

Nous avons rappelé que les difficultés rencontrées par les personnels concernent l’ensemble du système éducatif :

  • inclusion scolaire,

  • situations complexes d’élèves persistantes,

  • vie scolaire,

  • accompagnement médico-social,

  • stabilité des équipes,

  • attractivité des établissements.

Or aucune création significative n’est prévue pour répondre à ces besoins :

  • aucun poste de CPE,

  • aucun poste de professeur documentaliste,

  • aucun poste supplémentaire d’AESH annoncé à ce stade,

  • seulement 2 postes d’assistants sociaux et 2 postes d’infirmières qui restent à répartir. 

Ces décisions restent en décalage avec les constats partagés dans les instances.

Conditions de travail : ce que nous avons dénoncé en formation spécialisée

Lors de la formation spécialisée du CSAA du 3 mars, l’UNSA Éducation avait alerté sur deux phénomènes préoccupants :

  • la multiplication des situations d’élèves qui s’enkystent malgré les prises en charge existantes,

  • la fragilisation des collectifs de travail, particulièrement dans les territoires ruraux.

Ces situations pèsent directement sur la santé des personnels et nécessitent des équipes complètes, des appuis médico-sociaux renforcés et des réponses institutionnelles durables.

La carte des emplois présentée ne permet pas aujourd’hui de répondre à ces enjeux.

Professeurs documentalistes : une absence incompréhensible

Nous avons également dénoncé l’absence totale de création de postes en documentation.

À l’heure où les questions liées aux écrans, aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle occupent une place centrale dans le débat public, il est urgent de reconnaître le rôle des professeurs documentalistes dans la formation des élèves à l’information et à l’esprit critique. 

L’UNSA Éducation continue de demander a minima un professeur documentaliste à temps plein dans chaque établissement.

Vie scolaire, circulez, rien à voir… Zéro CPE, AED en attente…

Nous avons condamné également l’absence de création de postes de CPE alors que certains postes ne sont même pas pourvus et que de trop nombreux établissement ne bénéficient que d’un mi-temps de CPE. Pour les AED il va falloir attendre la rentrée des vacances d’avril pour espérer obtenir quelques postes du ministère alors que les situations complexes pèsent sur des équipes toujours plus fragilisées.

Un GT devrait également se tenir avant la fin d’année scolaire pour travailler sur la mobilité des AED en CDI, une revendication de longue date qui pourrait exister à la rentrée 2026…

Des évolutions obtenues et des discussions encore ouvertes

Suite aux échanges en instance, certaines mesures ont été réexaminées par le rectorat, notamment :

  • le maintien du poste de technologie à Isle,

  • le maintien des postes d’espagnol et d’EPS au lycée de La Souterraine.

D’autres ajustements restent possibles lors du CSA de repli prévu le 30 mars. 

L’UNSA Éducation continuera d’y porter les situations signalées par les équipes.

Une autre vision de la carte des moyens

Pour l’UNSA Éducation, la baisse démographique ne peut pas être un simple mécanisme automatique de retrait de moyens.

Elle doit au contraire être l’occasion :

  • d’améliorer les conditions d’apprentissage,

  • de stabiliser les équipes,

  • de renforcer l’inclusion,

  • de soutenir les collèges ruraux,

  • et de consolider les personnels médico-sociaux et éducatifs.

Dans de nombreux territoires de l’académie, l’École reste le dernier service public structurant.

C’est pourquoi l’UNSA Éducation continuera à porter une vision globale et territoriale des moyens, au service des élèves comme des personnels.