Carte scolaire 2026 : les collèges gardois sacrifiés !

Le CSA-SD du Gard s’est finalement tenu le mardi 17 février 2026, après le boycott unanime de l’ensemble des organisations syndicales lors de la première séance prévue le jeudi 12 février. Il avait pour thème la carte scolaire 2026-2027 dans les collèges du Gard. Celle-ci s’inscrit dans un contexte de baisse démographique générale, mais derrière les chiffres, prédomine une logique comptable, qui impose une réduction massive des moyens et fait peser de lourdes conséquences dans notre académie, tout particulièrement sur les établissements et les personnels du Gard, qui contribue à la moitié des suppressions d’emploi équivalent temps plein.

Derrière la baisse démographique, la rigueur budgétaire

Entre la rentrée 2025 et les prévisions pour septembre 2026, les collèges gardois devraient perdre 625 élèves. Si l’on compare strictement les prévisions 2025 et celles de 2026, la baisse atteint 838 élèves.

Cette diminution représente environ 40 % de la perte démographique de l’académie. Pourtant, le Gard supporte 47 % du retrait académique, soit 42,5 équivalents temps plein à rendre.

La comparaison avec l’an dernier est sans appel.

À la rentrée 2025, pour une prévision de baisse de 865 élèves, la dotation avait été amputée de 371 heures et 16 divisions étaient  supprimées. Au final, 714 élèves en moins ont effectivement fait leur rentrée et seulement deux divisions ont été recréées.

Pour 2026, avec une prévision de baisse de 838 élèves, ce sont cette fois 868 heures qui sont retirées et 19 divisions supprimées.

À démographie comparable, la ponction horaire est plus de deux fois supérieure.

Cette logique s’inscrit dans une trajectoire continue. En trois ans, la dotation horaire départementale est passée de 33 425 heures à 32 186 heures, soit plus de 1 200 heures perdues.

Autrement dit, le département du Gard est mis à contribution bien au-delà de son poids réel dans la baisse des effectifs et bien au-delà des autres départements. Difficile dans ces conditions de ne pas y voir une volonté politique de récupérer des moyens pour faire une nouvelle fois des économies sur le dos des élèves et des personnels.

 

Cartographie des établissements impactés

Etablissements qui perdent 1 ou 2 divisions :

NOMS CLASSEMENT COMMUNES SUPPRESSIONS
JOLIOT CURIE AIGUES MORTES 1 division
GEORGE VILLE PONT SAINT ESPRIT 1
BERNARD DE VENTADOUR BAGNOLS-SUR-CEZE 1
CAPOUCHINE REP NIMES 1
CONDORCET REP+ NIMES 1
JEAN RACINE ALES 1
LEO LARGUIER REP LA GRAND COMBE 1
PAUL VALERY ROQUEMAURE 2
GASTON DOUMERGUE SOMMIERES 1
LOU CASTELLAS MARGUERITTES 1
ELSA TRIOLET REP BEAUCAIRE 1
LOU REDOUNET UZES 1
JEAN ROSTAND NIMES 1
HENRI PITOT ARAMON 1
ANDRE CHAMSON LE VIGAN 1
GERARD PHILIPE BAGNOLS-SUR-CEZE 1
CLAUDIE HAIGNERE ROCHEFORT 1
LE VIGNET CALVISSON 1
THEODORE MONOT CLARENSAC 2
F. GARCIA LORCA BELLEGARDE 1
22

 

Etablissements qui gagnent 1 division :

NOMS CLASSEMENT COMMUNES CREATIONS
ROMAIN ROLLAND REP + NIMES 1
DE COUTACH QUISSAC 1
LA GARDONNENQUE BRIGNON 1
3

 

Au total : 19 divisions fermées

 

Plusieurs collèges sont déjà identifiés comme fragiles pour les ajustements de rentrée, et pourraient bénéficier de moyens supplémentaires. Parmi ces établissements, il y a  Aigues-Mortes, Saint-Ambroix, Saint-Hippolyte-du-Fort, Salindres, Gallargues, Le Vigan ou Marguerittes, avec des niveaux entiers sous tension.

Une réserve d’environ dix divisions est conservée pour d’éventuels ajustements, soit seulement 0,9 % de la dotation.

 

Dans le détail : la méthode expliquée

Pour justifier cette douloureuse ponction, la DSDEN est partie des prévisions d’effectifs transmises par les chefs d’établissement et a appliqué une projection de 30 élèves par classe, abaissée à 25 en éducation prioritaire. À partir de ces données, elle a déterminé les structures prévisionnelles, puis procède à des ajustements présentés comme destinés à limiter l’impact sur les personnels.

Elle a ensuite ajouté trois heures de marge par division et complète la dotation par des groupes en 6e et 5e. Un groupe supplémentaire peut être créé lorsque le ratio élèves/division le justifie, sauf dans cinq à six établissements du Gard où ce n’est plus possible. Par rapport à 2025, cette enveloppe a perdu 97 heures.

Dans le même temps, l’administration supprime totalement les heures de réussite en 4e et 3e mises en place dans 53 collèges en 2025-2026. Cette décision représente un retrait de 177 heures.

Elle annonce maintenir les structures dans les zones en tension et protéger les collèges dits « en progrès » : Romain Rolland, Les Oliviers et Mont Duplan à Nîmes, Jean Moulin à Alès et Jean Vilar à Saint-Gilles. Ces établissements ne perdront pas de divisions. Le collège Daudet à Alès bénéficie aussi d’un accompagnement spécifique, le ministère le considérant comme une « situation aberrante ».

En revanche, le dispositif relais du Vigan, doté de 9 heures, et celui du Mont Duplan, doté de 21 heures, ferment. Ils sont remplacés par des micro-structures relais à Nîmes et Alès, financées à hauteur de 30 heures par l’Éducation nationale, tandis que la DEPS, le Conseil départemental du Gard et la PJJ apporteraient trois équivalents temps plein d’éducateurs.

Au total, sur les 42,5 ETP à restituer, le Gard perd 19 divisions, 177 heures d’accompagnement en 4e-3e et le financement du groupe supplémentaire en 6e-5e dans cinq à six établissements, avec 97 heures en moins pour les dédoublements.

Le ratio élèves/division passe de 26,01 à 25,44. Le ratio heures/élève remonte légèrement à 1,19 contre 1,17 l’an dernier, mais reste inférieur au niveau des lycées.

 

L’analyse de L’Unsa Education

Le Gard apparaît une nouvelle fois comme le grand sacrifié de la carte scolaire dans notre académie.  Cette politique de suppression des moyens s’inscrit dans une trajectoire continue. Cela s’est particulièrement accélérée ces deux dernières années, avec une baisse démographique plus importante des collèges du Gard.

Pour l’Unsa Education, la baisse des effectifs aurait dû constituer une opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage de tous les collégiens du Gard. Elle est au contraire intégrée dans une politique de retrait des moyens et de gestion de la pénurie. Une carte complexe est dessinée, des critères sont définis, mais l’enveloppe initiale est insuffisante. Les arbitrages réalisés, sous couvert de faire fonctionner l’ensemble, se traduisent concrètement par autant de renoncements dans les établissements. Notre employeur parle de qualitatif ; nous constatons surtout une baisse généralisée des moyens.

Ces restrictions budgétaires ne feront qu’aggraver la crise de confiance entre l’employeur et les agents, alors même que l’on exige toujours davantage d’investissement avec toujours moins de moyens. Ce discours, répété depuis des années, finit par user les personnels, privés de reconnaissance, confrontés à une perte de sens dans leur travail et à des répercussions bien réelles sur leur santé … Et après on s’étonne de la crise de l’attractivité du métier ?