[Bordeaux] Instabilité politique et budget 2026 retardé : des conséquences pour l’Éducation nationale et pour notre académie

Depuis plusieurs mois, l’instabilité politique nationale et l’absence de vote du budget de l’État pour 2026 plongent l’ensemble des services publics dans une situation d’incertitude préoccupante. L’Éducation nationale n’échappe pas à cette réalité, avec des conséquences déjà très concrètes, tant au niveau national que dans notre académie de Bordeaux.

L’UNSA Éducation alerte : l’absence de visibilité budgétaire fragilise le système éducatif, dégrade les conditions de travail des personnels et compromet la préparation sereine de la rentrée scolaire 2026.

Une préparation de la rentrée 2026 fortement perturbée

Le CSA ministériel prévu le 20 janvier a été annulé et reporté à une date ultérieure, faute d’éléments budgétaires. Dans ces conditions, le CSA de l’académie de Bordeaux, initialement prévu le 21 janvier, est également reporté.

Cette situation bloque l’ensemble de la chaîne de préparation de la rentrée 2026 :

  • Impossibilité de connaître les conditions budgétaires de la prochaine rentrée ;
  • Impossibilité de répartir les enveloppes budgétaires entre départements et établissements ;
  • Impossibilité, pour les services comme pour les équipes de direction, de préparer sereinement les structures, les moyens et les emplois.

À cela s’ajoutent des contraintes calendaires fortes : vacances scolaires, calendrier électoral des élections municipales, qui viendront encore compliquer une organisation déjà sous tension.
À ce jour, aucun élément précis n’est connu, ni sur les enveloppes budgétaires, ni sur le calendrier des futures instances nationales et locales.

Une incertitude anxiogène pour les candidats aux concours enseignants

Parmi les premières victimes de cette situation figurent les candidats et candidates aux concours de recrutement, notamment les concours enseignants et CPE. L’absence de budget voté rend incertaines les conditions d’organisation des concours, les volumes de postes offerts et, plus largement, les perspectives de recrutement. Cette situation est profondément anxiogène pour les étudiants et les personnels en reconversion qui s’engagent dans ces parcours exigeants, sans garanties claires sur leur avenir professionnel.

Une dégradation continue de la rémunération des agent·es publics

Cette instabilité budgétaire s’inscrit dans un contexte plus large de perte de pouvoir d’achat des agent·es publics. Gel du point d’indice, absence de mesures générales, inflation durable : année après année, les rémunérations décrochent par rapport au coût de la vie.

L’UNSA Éducation réaffirme que la reconnaissance des personnels passe par une revalorisation salariale réelle, pérenne et collective, et non par des mesures ponctuelles ou catégorielles.

 L’UNSA Éducation exige un budget à la hauteur des enjeux éducatifs

Face à cette situation, l’UNSA Éducation porte un message clair : l’Éducation nationale a besoin d’un budget ambitieux, lisible et stabilisé, à la hauteur des enjeux éducatifs, sociaux et territoriaux.

Cela implique :

  • des moyens suffisants pour assurer les missions de service public d’éducation ;
  • des recrutements à la hauteur des besoins ;
  • une revalorisation salariale pour l’ensemble des personnels ;
  • une visibilité indispensable pour préparer les rentrées scolaires dans de bonnes conditions.

L’éducation ne peut pas être la variable d’ajustement des crises politiques. L’avenir des élèves, des personnels et des territoires en dépend.