[Bordeaux] Conseil Académique de la Formation : les priorités de l’UNSA Éducation
Un Schéma Directeur ambitieux : 8 axes, 31 actions prioritaires
Le Schéma Directeur de la Formation Continue 2025-2029 s’articule autour de 8 axes déclinés en 31 actions prioritaires. Lors de cette séance, l’académie a présenté 5 actions transversales concernant l’ensemble des personnels :
- Action 1 – Formation obligatoire à la laïcité et aux valeurs de la République
- Action 13 – Parcours de formation différenciés par métier
- Action 20 – Formation à l’égalité, à la diversité et au handicap
- Action 23 – Gestion des crises et premiers secours en santé mentale
- Action 24 – Santé et qualité de vie au travail (QVCT)
Ces cinq actions illustrent les enjeux concrets auxquels sont confrontés quotidiennement les personnels de l’académie. Les données présentées sont éloquentes : seulement 52,2 % des agents ont été formés à la laïcité (avec un taux de seulement 28 % pour les personnels administratifs), et le baromètre QVCT 2025 révèle que 43 % des répondants déclarent avoir subi des agressions, majoritairement verbales, et que 74 % se sentent obligés de consulter leur messagerie professionnelle hors temps de service.
Ce que défend l’UNSA Éducation sur la formation continue
Ces chiffres ne surprennent pas l’UNSA Éducation. Sa résolution générale adoptée lors du Congrès de Nantes en mars 2024 posait des exigences claires sur la formation continue des personnels, que nous rappelons ici.
La formation professionnelle : un droit inaliénable
Pour l’Unsa Éducation, « la formation professionnelle est indispensable pour l’ensemble des personnels. Elle est un droit inaliénable. Elle doit être de qualité, et répondre aux besoins réels des personnels. »
La résolution est également explicite sur les conditions d’organisation : aucune formation obligatoire ne doit avoir lieu pendant les vacances, et toute formation en dehors du temps de service doit recueillir l’accord des agents et être rémunérée. Ce point est essentiel au regard des difficultés d’organisation signalées pour l’action 1 (formations imposées, convocations tardives, taux d’absentéisme élevés).
Un continuum de formation tout au long de la carrière
L’UNSA Éducation soutient « un schéma de formation inscrit dans un continuum, de la préprofessionnalisation au développement professionnel tout au long des carrières ». Nous appelons à des formations qui favorisent « le développement des compétences professionnelles, le travail d’équipe, la capacité d’adaptation aux évolutions ». Le SDFC 2025-2029, avec ses 12 parcours métiers structurés, s’inscrit dans cette logique — à condition que les moyens suivent réellement.
La formation continue doit être prise en charge par l’employeur
L’Unsa Education est sans ambiguïté : « La formation continue doit être prise en charge par l’employeur et se dérouler sur le temps de service. » L’UNSA Éducation exige qu’« une enveloppe budgétaire suffisante soit affectée spécifiquement à la formation continue».
Des formations inter-métiers et de proximité
L’Unsa Éducation est « favorable à des formations inter-métiers » et à « une formation continue de proximité pour soutenir et accompagner la réflexion des collectifs ». Elle milite également pour « la mise en œuvre de temps de formations communes entre les enseignants, CPE et psychologues de l’éducation nationale, et les autres acteurs éducatifs ». Les ateliers organisés lors du CAF (1er degré/2nd degré/CPE/PsyEN d’une part, administratifs d’autre part) doivent s »inscrire dans cette direction.
La formation aux enjeux du numérique et de l’IA
L’Unsa Éducation générale souligne que « la formation de l’ensemble des personnels doit être à la hauteur des enjeux de la transition numérique et du développement de l’intelligence artificielle ». À l’heure où le SDFC intègre des modules spécifiques sur ces thématiques (axe VII), l’Unsa Éducation sera vigilante à ce que cette formation ne serve pas une logique de rentabilité mais bien l’émancipation professionnelle des agents.
La qualité de vie au travail : une priorité syndicale
Les données du baromètre QVCT 2025 (note globale de 5,5/10, 43 % d’agressions déclarées, 74 % de déconnexion numérique non respectée) confirment ce que l’Unsa Éducation dénonce depuis des années. Nous exigeons « une véritable médecine du travail », des « mesures concrètes pour garantir un réel droit à la déconnexion » et que « les employeurs publics garantissent à leurs agents une qualité de vie au travail optimale ».
L’Unsa Éducation se félicite que le Conseil académique de la formation soit un espace de concertation sur ces sujets essentiels. Nous serons attentifs à ce que les orientations présentées se traduisent par des moyens réels, des formations organisées sur le temps de service et adaptées aux besoins des personnels tels qu’ils les expriment — et non selon les seules contraintes budgétaires.
La formation continue n’est pas un coût : c’est un investissement pour la qualité du service public d’éducation et pour la reconnaissance des professionnels qui le font vivre chaque jour.
