La nécessaire éducation à la résilience
En Allemagne, le parti conservateur bavarois a proposé à l’automne 2025 que les lycéens bénéficient d’une séquence pédagogique annuelle sur la préparation à la guerre. Aussi, notre partenaire bavarois, le BLLV, s’est positionné sur le sujet plus global de l’éducation à la résilience. Pour leur présidente Simone Fleischmann, l’idée de la nécessité à se préparer un conflit armé imminent est de plus en plus présente dans l’opinion politique. En effet, en France comme en Allemagne, on peut observer à quelle vitesse le retour d’un service militaire est revenu dans le débat public.
Pour que le sujet de la résilience soit pris en compte sérieusement, il est nécessaire de disposer de temps et de ressources suffisantes comme le rappelle le BLLV. Il n’est pas nécessaire de restreindre la question de la résilience ou l’évocation de la guerre aux élèves de lycée. Les personnels de l’éducation savent adapter leurs méthodes et leurs propos suivant l’âge de leur public. Dans son communiqué, Simone Fleischmann indique par ailleurs que 90 minutes par an sont totalement insuffisantes pour évoquer le sujet. Le BLLV propose également sur son site internet des ressources sur les conflits armés et une bibliographie sur la résolution de conflits en général.
L’UNICEF est confrontée à cette question depuis son existence et dans toutes les régions du monde en prise avec un conflit. Elle estime que la résilience est importante pour faire face à l’avenir. Les équipes de l’UNICEF ne sont pas mobilisées seulement pendant les urgences. Après les catastrophes ou les guerres, elles restent sur le terrain pour aider les communautés à se reconstruire. Il peut s’agir également de préparer les populations à mieux faire face aux urgences à venir. On pense par exemple à l’enseignement aux enfants de techniques de protection en cas de catastrophe ou à la construction de dispensaires et d’écoles plus résilientes est également un axe de travail.
Ainsi les actions humanitaires, de développement et de consolidation de la paix sont coordonnées pour répondre efficacement aux crises et aux situations complexes. Cette méthode vise à combiner court terme et long terme dans une perspective de durabilité et de cohérence. Ainsi, on favorise la résilience des enfants touchés.
Il est important de maintenir apprentissage et enseignant en temps de guerre. En effet, à la fin du conflit armé, il sera nécessaire de disposer des ressources pour reconstruire. Ingénieurs, personnels enseignants, étudiantes et étudiants devront être présents pour assurer la relance de la région. Aussi l’école ne peut ni s’arrêter compléter ni s’abstenir de préparer les enfants à l’avenir.
Fin novembre 2024, la Suède distribuait un livret intitulé « en cas de crise ou de guerre » à tous les foyers. Il contenait des informations que de nombreux autres pays ont également communiqué depuis. Les autorités y indiquent ce que chaque foyer devrait avoir chez soi au cas où : eau, nourriture, radio à pile, etc.
Tout cela n’est pas sans le rappeler le « Nous sommes en guerre » du président Macron le 16 mars 2020. Dans un contexte international très tendu, la crainte d’un nouveau conflit impactant directement l’Europe est réelle. Les tensions autour du Groenland, la guerre d’invasion de la Russie en Ukraine, les ingérences multiples avec des enjeux de ressource comme en République Démocratique du Congo ou au Venezuela, angoissent les populations. L’éducation à la résilience peut être un levier pour nos jeunes. Néanmoins pour l’UNSA éducation, il conviendra de trouver des modalités adaptées, proportionnées et discutées avec les organisations syndicales.
