L’urgence de la santé au travail : La Cour des Comptes rejoint nos mandats !
Santé et sécurité au travail : l’urgence d’une politique ambitieuse
Notre mandat syndical exige une véritable médecine de prévention et le respect des obligations légales de l’employeur. Le rapport de la Cour des Comptes intitulé « le temps d’enseignement perdu par les élèves au collège » en aborde les causes et confirme l’état critique de la médecine du travail dans l’Éducation nationale. Le rapport souligne en effet que la politique de prévention « devrait être davantage développée » et pointe des moyens » insuffisants ». Seuls 77 médecins du travail sont actuellement en poste pour près de 1,2 million d’agents, rendant impossible un suivi médical préventif effectif. De plus, certaines académies ne disposent que d’un seul inspecteur santé et sécurité au travail (ISST), et 11% des départements n’ont pas de conseiller de prévention.
La 4e recommandation du rapport — « Renforcer sans délais la politique de prévention ministérielle et académique, en particulier des risques psycho-sociaux, en menant une analyse des registres de santé et de sécurité au travail » — rejoint mot pour mot notre résolution générale. L’absentéisme n’est pas une fatalité individuelle, il est la conséquence directe d’une organisation du travail dégradée et d’une prévention déficiente.
Risques psycho-sociaux : sortir du déni institutionnel
Notre résolution générale exige la reconnaissance des risques psycho-sociaux (RPS) comme risques professionnels majeurs et leur intégration systématique dans les DUERP (document unique relatif à l’évaluation des risques professionnels). La Cour des Comptes valide cette analyse, soulignant que les RPS représentent 35% des signalements dans les registres de santé et sécurité au travail (RSST). Pourtant, seuls 54% des collèges ont un DUERP, 9% le mettent à jour, et parmi ceux-ci seuls 10% incluent une analyse des RPS, ce qui contrevient au Code du travail.
Cette carence est en outre aggravée par la sous-exploitation chronique des registres santé et sécurité au travail, qui ne nourrissent que marginalement les plans d’action académiques, en contradiction flagrante avec les obligations de l’employeur public. Notre mandat d’exiger la mise à jour systématique des DUERP et l’intégration des RPS est ainsi repris par les constats du rapport.
Conditions de travail, usure professionnelle et vieillissement des personnels
Le rapport établit un lien direct entre vieillissement des personnels, explosion des arrêts longs et usure professionnelle. Entre 2018-2019 et 2023-2024, les congés de maladie ordinaire ont augmenté de 41,3% et les temps partiels thérapeutiques de 250%, révélant une fatigue chronique au sein de la communauté éducative.
À l’horizon 2035, 16% des enseignants auront plus de 60 ans, ce qui accentue les enjeux de prévention et d’adaptation des postes. Nos mandats sur l’allègement de service, l’aménagement des fins de carrière et la réduction de la charge de travail sont donc la seule réponse viable à ce que la Cour des Comptes identifie comme un « enjeu encore sous-estimé ».
Inégalités territoriales et éducation prioritaire : une politique de moyens à renforcer
La Cour des Comptes reconnaît ensuite que les conditions de travail plus difficiles dans les établissements d’éducation prioritaire génèrent davantage d’absences : 11% des heures d’enseignement n’y ont pas été assurées en 2023-2024, contre 8% ailleurs. Le rapport rejoint ainsi notre revendication de moyens renforcés pour les zones difficiles et la compensation de la pénibilité, soulignant que l’attractivité et la santé au travail nécessitent une amélioration structurelle des conditions d’exercice, et non de simples primes.
Enfin, la 10ème recommandation du rapport — « Développer dès la rentrée 2026 des mesures ciblées (…) notamment en matière de logement et d’action sociale, pour compenser le manque d’attractivité de certaines zones déficitaires » — rejoint aussi notre argumentaire sur les liens indissociables entre l’amélioration de la santé au travail, les conditions de travail et la fidélisation des agents.
L’UNSA Éducation se mobilise et agit pour assurer et promouvoir une politique ambitieuse de santé au travail permettant d’améliorer le service public d’Éducation par la QVCT (qualité de vie et des conditions de travail).

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