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L’UNSA Éducation exige un changement de paradigme concernant la santé au travail afin qu’elle cesse d’être une question d’affichage et devienne enfin une réalité pour toutes et tous.

La formation spécialisée en matière de Santé, Sécurité et Conditions de Travail du Comité Social d'Administration ministériel de l’Éducation nationale s'est réunie le mercredi 11 mars 2026. L'UNSA Éducation a porté à nouveau, lors de sa déclaration liminaire, une voix forte dans cette instance de dialogue social afin exiger un changement de paradigme concernant la santé au travail. En effet, la prise en compte par l'employeur de la santé au travail doit cesser d’être une question d’affichage et doit devenir enfin une réalité pour toutes et tous.

Une médecine de prévention… Sans médecins

L’UNSA Éducation souhaite rappeler un constat désormais incontournable : nous parlons aujourd’hui de médecine de prévention… sans médecins. Le rapport 2023 indique 68 médecins ETP pour plus de 1,2 million d’agents, soit un médecin pour près de 17 700 personnels, et trois académies sont toujours sans aucun médecin. Pendant ce temps, les consultations liées à la souffrance au travail restent à un niveau très élevé, et la prévention collective demeure quasi inexistante. Les infirmières en santé au travail montent en charge, mais elles ne peuvent compenser une pénurie structurelle que le ministère refuse encore d’affronter.

Des données inexploitables pour piloter une politique de santé au travail

À cette fragilité structurelle s’ajoute un second problème tout aussi préoccupant : l’exploitation des données AT/MP. Aujourd’hui, elle est méthodologiquement impossible. Confusion entre catégories d’emploi et lieux de travail, absence de croisement avec la qualité BOE, systèmes d’information non interopérables… Dans ces conditions, aucune analyse fiable n’est possible, et donc aucune prévention réellement ciblée. Les équipes font un travail colossal, mais avec des outils qui ne permettent pas de piloter une politique de santé au travail digne de ce nom.

Et les difficultés se poursuivent lorsque l’on examine le bilan des actions concertées. Les dispositifs présentés sont centrés sur l’enseignement supérieur, hors de notre périmètre. Comment les services académiques et départementaux pourraient-ils s’en emparer concrètement dans ces conditions ?

Des perspectives encourageantes

Pour autant, tout n’est pas négatif. Comme nous le réclamions depuis longtemps, nous prenons acte avec satisfaction de l’annonce d’un marché public destiné à garantir la pérennité d’un dispositif d’accompagnement et de soutien psychologique pour l’ensemble des personnels ainsi que pour les centres de réadaptation. C’est une avancée attendue. Pour autant, l’UNSA Éducation restera particulièrement attentive au calendrier proposé et aux conditions concrètes de mise en œuvre, afin que cette mesure réponde réellement aux besoins du terrain.

Enfin, un constat s’impose une nouvelle fois : nous observons un travail très conséquent et de grande qualité des services, mais dont l’utilité est inversement proportionnelle à la charge de travail accomplie. Les avancées concrètes pour les collègues restent quasi inexistantes. Nous le répétons : la F3SCT ne doit pas être une instance de présentation. Nous exigeons un changement de paradigme concernant la santé au travail afin qu’elle cesse d’être une question d’affichage et devienne enfin une réalité pour toutes et tous.

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