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L’UNSA Éducation a porté des revendications fortes sur le handicap, l’inclusion et l’égalité professionnelle

Le CSA (comité social d'administration) ministériel de l’Éducation nationale s'est réuni ce jour pour étudier le Plan national d’action handicap et inclusion professionnelle 2026-2031 ; l'état d'avancement des actions inscrites au plan national d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (PNA) 2025-2027 des MEN-MSJVA et enfin les répartitions femmes/hommes pour les différents scrutins des élections professionnelles de 2026. L'UNSA Éducation a rappelé dans un premier temps le contexte international et la montée constante des forces réactionnaires avant d'aborder la concertation ministérielle sur les perspectives à moyen et long termes du système éducatif. Enfin, notre fédération a porté ses revendications sur le handicap, l'inclusion et l'égalité professionnelles femmes/hommes dans le cadre de la présentation du plan "handicap" et de l'état d’avancement du PNA.

Un contexte international marqué par la force et la brutalité

Nous ne reviendrons pas sur un contexte international qui nous rappelle, jour après jour, le renforcement de la polarisation, le grand déséquilibre du monde et le choix assumé de privilégier la force, la brutalité et l’unilatéralisme comme mode de résolution des conflits, au détriment de la coopération, du dialogue et du multilatéralisme. Nos principes et valeurs fondamentales s’en trouvent vivement bousculés et notre démocratie paraît, dès lors, aussi précieuse que fragile.

La poussée continue des forces réactionnaires et le rôle fondamental de l’École publique et laïque

Le résultat des élections municipales nous inquiète et confirme la poussée des forces réactionnaires et d’une extrême-droite qui ne peut qu’engendrer la division et la banalisation de la haine dans notre pays.
Alors que la DILCRAH lance la semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme du 21 au 28 mars 2026, nous mesurons à quel point l’École joue un rôle majeur dans la lutte contre ces idéologies mortifères.
Plus proche de nous, la période électorale relative aux municipales a eu un impact concret sur notre ministère.
D’abord, la carte scolaire a été repoussée, rendant toujours plus incertaine la situation pour les acteurs de terrain et complexifiant le calendrier de mise en œuvre des opérations de mouvement. Par ailleurs, la période de réserve n’a pas permis de prise de position de notre ministère sur les propos parfaitement inacceptables du SGEC, Guillaume Prévost, qui s’est illustré par une nouvelle provocation attaquant frontalement notre principe de laïcité et remettant en cause le supposé « monopole de l’État sur l’enseignement des classes populaires ». Ces attaques contre l’École publique laïque doivent cesser. L’École est en première ligne et remplit des missions tout aussi complexes qu’essentielles.

Une concertation ministérielle sur les perspectives à moyen et long termes du système éducatif

D’ailleurs, sur les perspectives à tracer pour l’avenir de notre école, l’UNSA Éducation a pris acte de la volonté du ministre de lancer des discussions sur 4 axes fondamentaux du système éducatif :

• Climat scolaire
• Informatique et IA
• Démographie
• Carte de l’éducation prioritaire

Notre fédération participera dès cette semaine aux travaux et portera ses revendications sur tous les sujets proposés.
Nous rappelons toutefois l’impérieuse nécessité d’adopter une approche globale qui concilie les conditions
d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels qui, au fond, sont intimement liées. Ces
deux faces d’une même pièce ne peuvent être traitées indépendamment. Comment imaginer sérieusement un travail sur le climat scolaire qui n’aurait pas une entrée « personnels » ? Les interactions entre tous les acteurs de l’École participent effectivement à la coloration du climat scolaire, à son évolution et portent en elles une partie de la solution éducative à cette problématique multifactorielle. Il en va de même d’ailleurs pour la plupart des sujets, si ce n’est tous. Pour l’UNSA Éducation, cette approche est indispensable, quel que soit le thème, afin d’appréhender les questions complexes de manière systémique et de rompre avec une pratique inopérante en silo et quelque peu archaïque. L’étude de la répartition des moyens en donne un exemple frappant chaque année. Nous aurons rapidement l’occasion d’en reparler.

Le Plan national d’action handicap et inclusion professionnelle 2026-2031

Venons-en donc à l’ordre du jour de ce CSA MEN.
Tout d’abord, le Plan national d’action handicap et inclusion professionnelle 2026-2031. Il fixe la politique ministérielle pour les cinq prochaines années dans l’optique de soutenir l’augmentation du taux d’emploi des personnels en situation de handicap et de structurer leur accompagnement. Qu’il s’agisse des recrutements par voies spécifiques, des aménagements de poste ou du déploiement d’un réseau de proximité, ce plan nous engage et revêt donc une grande importance pour les personnels. Pour l’UNSA Éducation, l’ambition et l’exigence que nous devons afficher pour ce plan doit viser non pas à encourager une quelconque augmentation, aussi importante soit-elle, mais bien à respecter, a minima, les obligations légales et le taux de 6% fixé par la loi. Par ailleurs, notre fédération souhaite que le calendrier soit affiné notamment pour le début et la fin de mise en œuvre du plan. En effet, l’échéance finale doit être précisément fixée à juin 2031 pour penser le renouvellement du plan dans une temporalité claire.
Comme déclaré lors du dernier Groupe de Travail ad hoc, l’UNSA Éducation attend la mise en œuvre du plan depuis trop longtemps : 3 ans sans réel pilotage politique et au mépris des engagements pris auprès du FIPHFP, cofinanceur de nos actions. L’UNSA Éducation a toujours cherché à faire avancer les choses mais force est de constater que l’absence d’une véritable co-construction a autant pénalisé les services que les représentants des personnels. En effet, les plans s’empilent sans lisibilité, sans continuité, ni stratégie opérationnelle.
Pour le dire simplement, en l’état, le nouveau plan ne convient pas à notre fédération mais nous n’avons plus le
luxe d’attendre. Il faut désormais adopter une approche globale qui corresponde aux besoins réels des
personnels en incluant la mobilité, les situations discriminatoires et toutes les autres dimensions qui doivent être traitées de manière systémique. Pour le périmètre Éducation nationale, l’UNSA Éducation privilégie donc une approche QVCT, qui permet de considérer le travail dans tous ses aspects et de placer les personnels au cœur de l’amélioration de leur contexte professionnel. Au-delà des considérations légales ou éthiques, il s’agit d’intégrer le handicap au sein d’accords QVCT pour en faire un véritable levier d’inclusion et de bien-être au travail.
D’un point de vue méthodologique, il semble donc impératif que ces accords puissent d’abord définir les objectifs et les moyens avant que le plan permette d’en décliner l’opérationnalité. En d’autres termes, l’obtention d’un accord sur la Qualité de Vie et des Conditions de Travail doit être une étape fondatrice. Le handicap ne peut être traité isolément car les personnels concernés sont d’abord des agents relevant d’accords globaux au même titre que leurs collègues.
L’UNSA Éducation aura l’occasion lors des débats et à travers la voix de son experte, de porter ses revendications concernant les thématiques suivantes :
• Inaptitude, reclassement et suivi médical ;
• Aménagement de postes ;
• Gouvernance et indicateurs.

Etat d’avancement des actions inscrites au plan national d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (PNA) 2025-2027

Par ailleurs, à propos du plan national d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, l’UNSA Éducation souhaite tout d’abord renouveler ses inquiétudes concernant le calendrier très serré qui doit conduire à la parution de ce plan. En effet, plusieurs outils clés restent à stabiliser, notamment le guide des parentalités, le protocole, la charte des temps et le questionnaire et nous interrogeons la mise en œuvre dans de bonnes conditions du plan.
L’autre sujet d’inquiétude porte sur la charte des temps. Au-delà de principes généraux structurants, nous souhaiterions que soit proposée une version de base dont les territoires pourraient s’emparer et qu’ils pourraient enrichir. Il nous apparaît cependant nécessaire qu’il y ait un socle minimum commun au niveau national pour que cette charte soit homogène et réellement applicable à toutes et tous.
Si le ministère affiche un index égalité de 88/100, le rapport souligne que l’axe 6 (santé des femmes au travail) est très en retard. Par conséquent, l’UNSA Éducation soulève deux points d’alerte majeurs :

• Un déficit de formation des encadrants (modules Mentor limités à l’autoformation) et des agents (formations VSS obligatoires non suivies) ;
• L’inefficacité du programme « Talentueuse », qui n’a concerné qu’environ 10 personnes en 2023 et 2024 renvoyant ce plan à une dimension purement communicationnelle pour ne pas dire d’affichage…
Afin de ne pas creuser l’écart entre le niveau national et les niveaux académiques, il convient de renforcer les actions réellement impactantes. Donner à voir que des intentions sont affichées sans traduction sur le terrain sont de nature à nourrir des malentendus et pourrait même décourager les personnels qui œuvrent localement pour la réussite de ce plan d’action. L’une des clés de la réussite du plan réside, en effet, dans l’articulation entre le niveau national et l’échelon académique.
Enfin, malgré le travail effectué, notre fédération alerte sur l’écart encore sensible entre les éléments présentés et la réalité du terrain. C’est un fait, les indicateurs chiffrés sont trop globaux et les inégalités sont peu visibles d’un point de vue statistique. Quant aux rémunérations, les écarts femmes-hommes se retrouvent noyés dans la masse et sont donc invisibilisés.
C’est pourquoi, l’UNSA Éducation demande des données plus lisibles, avec des objectifs concrets et des outils opérationnels pour pouvoir progresser. Autrement dit, l’égalité professionnelle ne peut pas rester une intention. Elle doit devenir effective et se traduire concrètement dans le quotidien des personnels. Là encore, notre experte pourra donner des éléments plus précis pour illustrer nos revendications.

Enfin, pour ce qui relève des effectifs et proportionnalité femmes/hommes pour certains scrutins, l’UNSA Éducation regrette que l’administration n’ait fourni aucun document préparatoire en amont sur ce sujet alors même que tous les éléments et indicateurs sont en possession du ministère. Ce choix de ne pas fournir de document empêche la préparation sereine d’une discussion constructive en instance autant qu’il envoie un mauvais signal aux représentants du personnel, qui ne peuvent que s’interroger sur les raisons qui président à une telle décision. Gageons qu’une bonne raison nous échappe et sera explicitée lors de ce CSA…
Nous terminerons en remerciant les services pour la transmission des documents ainsi que la DGRH d’avoir accédé à notre demande d’ouverture d’un espace numérique réservé aux élu·es du CSA ministériel, ce qui simplifiera, de fait, notre travail.

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