Les classes Défense doivent être exclusivement un levier au service de la citoyenneté
« Militarisation de l’École » : le propos peut faire bondir, venant en écho à un contexte international particulièrement tendu. En tout cas, l’UNSA Éducation refuse de se ranger derrière une bannière trompeuse du fait d’une réalité bien différente qui mérite d’être décrite. Les premiers partenariats entre l’Éducation nationale et les Armées ont été signés il y a plusieurs années à des fins purement éducatives et civiques. Le récent guide publié par le ministère « Acculturer les jeunes à la défense » précise ces dispositifs. Nous défendons cette finalité et y veillons scrupuleusement.
Parmi les dispositifs existants, les classes Défense, qui s’adressent à des élèves de collège et lycée, sont exclusivement « un dispositif pédagogique à visée civique et citoyen », confirme Audrey Chanonat, principale de collège et secrétaire nationale du SNPDEN-UNSA. Qui prévient de la nécessité de déconnecter ce fait d’un débat politique qui se fait jour actuellement sur l’utilité ou non de préparer nos jeunes à un conflit armé. « Il faut vraiment faire la différence et ne pas instrumentaliser ce que nous faisons [au sein de l’Éducation nationale]. »
La classe Défense est un projet pédagogique pluridisciplinaire, à raison de quelques heures dans l’année, en relation avec une unité militaire, pour les seuls élèves volontaires, qui contribue aux parcours Avenir, citoyen et EAC (activités artistiques et culturelles). « Ca permet de découvrir de nouveaux horizons, de faire de l’histoire, de la géopolitique… » souligne Jean-François Gaboret, inspecteur en voie professionnelle, secrétaire général adjoint du 2nd degré du syndicat des inspecteurs SIEN-UNSA.
Il s’agit ainsi de créer localement du lien et de la connaissance sans qu’une visite soit nécessairement celle d’une caserne ou d’un site militaire, chaque projet de classe Défense étant à la main des établissements. « Les enjeux vont bien au-delà du militaire, il s’agit vraiment d’une ouverture culturelle et certainement pas d’un prérecrutement. L’Éducation nationale n’est pas un vivier de l’Armée », assure l’inspecteur.
Dans les filières des lycées professionnels, même approche à caractère pédagogique là où l’Armée est partenaire, pour certains métiers comme la maintenance de véhicules, l’informatique et réseaux (filière CIEL), l’électricité (filière MELEC), et bien d’autres encore. « Les élèves qui y entrent ont souvent déjà leur parcours en tête », indique Rachel Maricq, secrétaire adjoint du SN2D-UNSA, le syndicat des directeurs délégués à la formations professionnelle et technologique (DDFPT). « Ils ne signent aucun contrat d’engagement et ils sont libres de quitter la filière quand ils veulent pour reprendre la voie classique. » Ce qui change entre ces deux propositions de voie classique ou en partenariat ? Seulement le lieu de stage ou période de formation en milieu professionnel (PFMP), et l’obligation d’une préparation de quelques jours pour faciliter leur immersion en PFMP.
« C’est même une bonne chose que le lycée professionnel public puisse accueillir ce genre de profils. » Ces jeunes sont « motivés, souvent bons élèves », et participent tant à la mixité sociale qu’à « élever le niveau de nos établissements ».
Lorsque les différents corps d’État participent à l’ouverture sociale, intellectuelle et préprofessionnelle des élèves, ils apportent aux personnels d’éducation des moyens diversifiés de leur faire apprendre et mettre en perspective les enjeux de leur citoyenneté et de la vie civique. L’UNSA Éducation sera toujours vigilante quant au respect de ce cadre d’apprentissage et ne tolérera jamais des dérives qui viseraient à instrumentaliser l’éducation au profit de causes contraires au respect des grands principes républicains et humanitaires.

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