Discriminations sur l’origine : le Défenseur des droits en appelle à une action plus systémique dans les systèmes éducatif et supérieur
Ce sont 6 recommandations pour l’éducation et la scolarité et 7 pour le seul champ de l’enseignement supérieur qui visent à rendre plus « systémique » la lutte contre les discriminations liées à l’origine. Ces recommandations concernent d’abord les différentes enquêtes qui existent à l’heure actuelle dans les établissements (amélioration du climat scolaire dans le champ scolaire par exemple) pour lesquelles le rapport suggère de mettre un accent particulier sur les discriminations liées à l’origine (harcèlement, inégalité de traitement, d’accès aux stages etc.…) et d’en diffuser largement les résultats auprès des élèves et étudiant·es comme des personnels
Une formation des personnels à renforcer
Le volet formation des personnels est également appelé à être renforcé. Le rapport indique enfin la nécessité d’intégrer cette dimension de lutte contre les discriminations liées à l’origine jusque dans les outils de pilotage institutionnels afin de mieux sensibiliser les équipes dirigeantes en les dotant de repères clairs et concrets (référentiels d’évaluation et contrats d’établissements, indicateurs des missions égalité-diversité des universités et des cellules de signalement).
En effet, le rapport signale une augmentation manifeste des faits de discrimination liée à l’origine : les actes racistes à l’école sont passés de 870 signalements en 2022-2023 à 1960 l’année suivante, soit une hausse de 125 %. Dans l’enseignement supérieur, un écart de 9 points quant à l’accès aux études persiste entre les petits-enfants d’immigrés d’Afrique du Nord et les descendants de famille native, selon le rapport.
Dans le champ scolaire, le Défenseur des droits estime que le traitement déficient de cette discrimination est en grande partie lié à une prise en compte individuelle du problème : « en limitant la discrimination à des actes individuels et isolés plutôt qu’en l’appréhendant comme partie d’un phénomène systémique, cette interprétation tend à rester centrée sur les élèves ou quelques personnels présentés comme de rares et regrettables exceptions ».
Les concours pointés du doigt
Pour ce qui est du champ du supérieur, le rapport s’attarde un instant sur l’accès à universités et aux écoles supérieures, très critique sur de nombreux modes de sélection actuels, comme les concours présentés comme garants de l’exigence méritocratique, qui ne sont « pas exempts de biais pouvant engendrer des discriminations ». Le Défenseur des droits entend améliorer les usages liés à ces modes sélectifs vers une plus large ouverture à ces publics discriminés.
Ainsi, prenant appui sur l’exemple de Science Po Bordeaux, « un algorithme local élaboré dans l’objectif de mieux apprécier le niveau des candidats et de favoriser la diversité sociale peut modifier sensiblement la proportion d’élèves admis selon leur statut », tels que le taux d’élèves boursiers admis, celui des élèves issus d’une Cordée de la réussite ou encore celui des élèves originaires des outre-mer. Et d’en appeler à ce que « les établissements débattent davantage de leur outil d’aide à la décision dans une perspective d’égalité de traitement et de mixité sociale ».
Pour l’UNSA Éducation, la lutte contre les inégalités et en faveur de la diversité sociale ne doit pas faire oublier ou minorer les inégalités et discriminations liées à l’origine. Cette considération s’inscrit au cœur de nos valeurs syndicales. Il est donc important que le Défenseur des droits s’attarde à le souligner. Nous partageons les constats observés comme nous soutenons la volonté de créer une véritable démarche systémique qui renforce et généralise cette lutte indispensable contre les discriminations liées à l’origine à tous les niveaux, dans l’éducation comme la formation. Le combat contre l’extrême droite passe aussi nécessairement par ce chemin là.

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