De l’école à l’université : un engagement commun pour le débat démocratique
Faire front face aux menaces qui pèsent sur la République
La défense de la liberté, de l’égalité et de la fraternité est rendue plus difficile par des forces obscures qui cherchent à déstabiliser la cohésion sociale et nationale.
C’est ainsi que l’instrumentalisation du principe de la laïcité est devenue l’outil de prédilection des ennemis du pacte républicain.
Mais si les offensives réactionnaires rendent la période périlleuse, restons convaincus que les valeurs de progrès et d’humanisme que nous défendons restent majoritaires dans notre pays. Elles ne demandent qu’à s’épanouir et à s’exprimer, pour peu qu’elles puissent le faire dans cette ère de surcommunication bruyante et passionnée.
L’UNSA Éducation le clame haut et fort : la République doit garder comme horizon l’émancipation de chacun·e et lutter contre ceux qui travaillent à fragmenter la société.
Protéger la laïcité contre toutes les instrumentalisations
Il ne faut pas s’y tromper : bien plus qu’un simple régime politique, la République est notre cadre protecteur, qui permet de garantir l’égalité des droits et la liberté de conscience. La loi de 1905, dont nous venons de fêter le 120ᵉ anniversaire, est l’un des outils majeurs qui ont précisément permis d’ancrer les valeurs consacrées en 1789 par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.
Soutenir la jeunesse pour faire vivre l’idéal républicain
En l’espèce, la jeunesse, que nous accompagnons dans nos établissements de la maternelle à l’université, saura, sans nul doute, se saisir de ces enjeux pour retrouver le chemin vers davantage de justice et de fraternité.
Dans la droite ligne de l’esprit de concorde cher à Aristide Briand, gageons qu’elle pourra promouvoir le vivre-ensemble, mais surtout la volonté d’agir ensemble pour construire un destin commun. C’est d’ailleurs en observant cette jeunesse, souvent lucide et attachée à la justice sociale, que nous trouvons une raison supplémentaire de croire en la force du projet républicain. Le dernier ouvrage de Philippe Portier et de Charles Mercier sur les jeunes et leur rapport à la laïcité donne des clés de compréhension sur une génération bien plus en phase avec les valeurs républicaines que ne le laissent entendre certaines idées reçues.
Défendre l’École publique laïque comme pilier démocratique
L’École publique laïque joue un rôle central, à plus forte raison dans une période aussi troublée.
La IIIᵉ République avait d’ailleurs amorcé ce travail en instaurant, par les lois Ferry, la laïcisation de l’école dès les années 1880, afin de former des esprits libres et éclairés, capables de faire preuve d’esprit critique.
Aujourd’hui, il s’agit de se repérer dans un océan de désinformation qui progresse au rythme des fausses informations et des théories complotistes. L’École publique demeure l’un des rares lieux où l’égalité des droits se confronte au réel, et c’est bien pour cela qu’elle cristallise tant d’attaques.
Identifier et combattre les ennemis du projet républicain
Pour l’heure, la situation nous interdit le luxe de la division.
L’UNSA Éducation, comme toutes les forces de progrès, connaît les véritables ennemis.
Il y a d’abord les obscurantistes, les fanatiques et les extrémistes religieux de tous bords, qui font de l’École une cible parce qu’elle est, justement, cet espace qui ouvre sur le monde, combat les déterminismes et accueille, au cœur du creuset républicain, tous les enfants sans distinction.
Les velléités séparatistes de ces rétrogrades menacent le projet d’inclusion républicaine.
La contestation des enseignements et la remise en cause des valeurs de liberté et d’égalité se font souvent de manière insidieuse, mais peuvent également prendre une tournure plus violente.
Combattre les forces réactionnaires et populistes organisées
Il y a, par ailleurs, les alliés objectifs de la déstabilisation de l’idéal républicain : les forces réactionnaires et populistes.
Elles se structurent, s’organisent et occupent le terrain. Leur but est clair : instiller la culture du soupçon, entretenir le rejet de l’autre et favoriser toutes les formes de ségrégation. L’extrême droite, pas seulement à travers le Rassemblement national, mais portée par une idéologie qui va au-delà de certains partis politiques identifiés, tente de se banaliser. Elle s’appuie sur des réseaux puissants, financés par des milliardaires comme Pierre-Édouard Stérin, et relayés par des organes de presse militants, qui continuent d’activer la part sombre de chacun·e en jouant sur la peur, les souffrances et la méconnaissance.
Faire vivre la démocratie par le droit, le débat et le savoir
Devant ces menaces, aucune indulgence, aucun recul, aucune faiblesse.
Mais la démocratie libérale doit répondre avec ses propres armes : le respect du droit et le débat républicain.
La démocratie garantit la pluralité des opinions et encourage la confrontation des idées. C’est, en l’occurrence, la raison d’être de nos universités, qui doivent rester des lieux de bouillonnement intellectuel, d’échange, de débats ou de « disputes », au sens de la *disputatio* telle qu’on la pratiquait dans les universités médiévales.
C’est pourquoi toute instrumentalisation, toute récupération, en particulier par les forces réactionnaires, ne saurait trahir cet idéal.
La culture de l’ennemi commun est une vieille antienne qui ne peut engendrer qu’un projet mortifère.
Si les apparences ont changé et si le discours s’est policé, l’idéologie réactionnaire reste fondamentalement contraire à tout ce qui a fait la grandeur de notre République.
Assumer collectivement la défense de l’avenir républicain
Chacun·e, au regard de ses fonctions et de son rôle au cœur de notre société ou de nos institutions, doit donc prendre ses responsabilités.
Ainsi, les élus doivent aider la démocratie sociale à défendre ce modèle auquel nous sommes attachés, promouvoir le principe de la laïcité et en faire un vecteur effectif d’émancipation afin de combattre tous ceux qui tenteraient d’en faire un outil de division.
Par conséquent, notre responsabilité collective est engagée : il s’agit de préserver ce que le temps, les luttes et la force des convictions ont patiemment construit, pour que la République reste cette promesse partagée qui unit au-delà des différences et par-delà les générations.
L’esprit des Lumières est toujours là, et toutes celles et tous ceux qui s’en réclament sincèrement, qui se reconnaissent dans la défense des valeurs républicaines, doivent faire front pour « réparer ensemble le tissu déchiré du monde ».
