Cités éducatives , une maturation en forme d’espoir
Créées en 2019 et implantées dans 208 quartiers prioritaires de la politique de la ville, les cités éducatives visent à améliorer la prise en charge éducative périscolaire et extrascolaire des enfants et des jeunes jusqu’à 25 ans. Pour ce faire, elles s’appuient sur une communauté éducative composée des acteurs associatifs, des familles et des relais institutionnels, et sont pilotées par l’État (préfectures, Éducation nationale) et les collectivités territoriales.
15 % du budget politique de la ville
En 2024, les cités éducatives ont disposé d’un budget d’État de 78 M€ au titre de la politique de la ville, et de 3,2 M€ sur le programme « Vie de l’élève ». Ces crédits représentent quelque 15 % du budget total de la politique de la ville. Le budget consolidé avec l’ensemble des partenaires est estimé annuellement à près de 135M€. Il permet de financer des projets tels que la prévention du décrochage, l’ouverture culturelle et scientifique, le soutien à la parentalité, l’accès à l’emploi et à la formation, etc…
En 2023, il avait été établi que la dotation moyenne annuelle par élève allait de 18€ à 373€.
L’étude de l’ANCT, s’est exclusivement penchée sur l’évolution structurelle et l’amélioration du jeu des acteurs institutionnels. Elle met en avant que, désormais, 47 % des cités sondées ont atteint le stade 2 de la maturation, à savoir une coordination des acteurs permettant un ajustement systématique des actions et des projets, alors que 38 % d’entre elles ont atteint le stade 3. C’est-à-dire celui de la coopération et de l’intégration, qui « permet des stratégies communes, une mutualisation des ressources et une gouvernance partagée et fusionnée ».
Chef de projet opérationnel
En clair, ce degré de maturation traduit un effet bénéfique de réorganisation des services dans les collectivités qui a pu aller, outre le décloisonnement, l’intégration et l’optimisation des services culture, éducation, jeunesse, sports et loisirs, jusqu’à la création d’un poste de chef de projet opérationnel facilitant le lien avec la sphère de l’école. Certaines communes « travaillent désormais avec l’enseignement du second degré et des personnels de la collectivité sont dorénavant présents dans des conseils d’école par le truchement des cités éducatives », souligne l’étude.
Plus précisément, côté Éducation nationale, le label favoriserait un « rapprochement » entre le premier et le second degré, contribuant à « une meilleure continuité des parcours éducatifs ». La cité éducative agirait aussi comme un « levier » pour les parcours éducatifs officiels (parcours avenir, citoyen, santé, éducation artistique et culturelle) et pour les apprentissages spécialisés, notamment en Segpa.
Le terme de « coéducation » apparaît à plusieurs reprises dans l’étude, pour indiquer une évolution positive du sens donné à ce mot : celle d’une dimension de « coresponsabilité ».
L’école seule ne peut pas compenser les inégalités
Et l’étude d’indiquer encore : « Cette quête [d’évolution positive] s’appuie sur la conviction que l’école seule ne peut pas compenser les inégalités. C’est l’alliance entre famille, école et tiers-lieux éducatifs qui tend à l’affirmation suivante exprimée par les acteurs enquêtés : égalité des chances = égalité des opportunités. La coéducation est rapprochée systématiquement par les acteurs enquêtés de la question de la prise en compte des contextes de vie ».
L’UNSA Éducation ne peut que se féliciter de ces constats et de ces résultats encourageants. Et souscrit complètement à cet objectif d’une éducation en coopération et coresponsabilité. Rappelons que la coéducation demeure, selon notre fédération, un axe central de la réussite éducative. Qui passe nécessairement par la reconnaissance et le respect du rôle de chaque acteur : parents, associations, professionnels, État et collectivités.

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