Analyses et décryptages

Baisse démographique : refuser un débat biaisé sur l’avenir de l’École

Le ministère de l’Éducation nationale a publié de nouvelles projections confirmant une baisse importante du nombre d’élèves d’ici 2035. Cette évolution pose une question réelle sur l’avenir de notre système éducatif. Mais elle ne peut pas servir de prétexte. Derrière les chiffres, un discours s’installe : celui qui consisterait à faire de la baisse démographique un gisement d’économies ou une justification implicite à la réduction des moyens. Pour l’UNSA Éducation, cette vision est inacceptable.

Il n’y a pas de fatalité en matière éducative. La baisse du nombre d’élèves doit être une opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage et de travail, et non un alibi pour revoir à la baisse l’ambition pour l’École.

Améliorer l’enseignement ne peut se résumer à une approche comptable ou à la seule question des effectifs. Cela suppose de repenser les organisations pédagogiques, de renforcer la formation des personnels et de répondre aux fortes inégalités territoriales. Cela implique aussi de se donner les moyens d’avoir, avec, dans chaque établissement, des équipes pluri-professionnelles. Celles-ci doivent disposer de temps pour travailler ensemble, avec l’ensemble des personnels qui contribuent à la réussite des élèves, dans toutes les dimensions : éducative, sociale, de santé et d’accompagnement. Cette expertise croisée est indispensable pour favoriser la réussite des élèves et répondre à des situations de plus en plus complexes, sans faire peser sur les seuls enseignants un glissement de tâches toujours plus important.

La démographie est un défi, mais elle ne peut pas résumer à elle seule l’avenir de l’École. Ce serait passer à côté des vrais enjeux, notamment celui de l’attractivité des métiers. Dans les discussions à venir, les conditions d’exercice et la rémunération devront être au cœur des priorités. La sous-administration de l’éducation nationale est aussi un sujet qui ne peut plus être nié ou balayé d’un revers de main.

Enfin, puisque le ministère invite à repenser l’offre éducative, cela suppose des choix clairs. Pour l’UNSA Éducation, toute évolution doit d’abord préserver et renforcer l’offre publique. Lorsqu’une offre publique existe, les fermetures doivent concerner en priorité le secteur privé, qui, nous le rappelons, bénéficie de financements publics sans répondre aux enjeux de mixité sociale et contribue à renforcer les logiques de ségrégation scolaire.

Fidèle à son engagement pour l’ensemble des métiers de l’éducation, l’UNSA Éducation portera, avec ses syndicats, la parole des personnels pour peser dans les choix à venir et défendre une école au service de la réussite de toutes et tous.

Morgane Verviers, secrétaire générale de l’UNSA Education

A Ivry sur Seine, le 8 avril 2026

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