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Territoires éducatifs ruraux : de la précipitation sans espaces de discussion

Article publié le jeudi 4 février 2021
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Le ministère vient d’annoncer la mise en place de «Territoire Éducatifs Ruraux» pour renforcer les prises en charge pédagogiques et éducatives et répondre aux difficultés des élèves ruraux.
L’Unsa Éducation revendique la prise en compte des difficultés des territoires ruraux ou isolés. Il faut prendre en compte les difficultés des élèves issus de territoires ruraux et trouver des solutions adaptés à leurs problématiques. En revanche, nous nous interrogeons fortement sur la méthode et le calendrier proposés. Comment les équipes vont elles être associées et mobilisées? Fallait- il un nouveau dispositif pour répondre aux difficultés de ces territoires ? Ou sont les moyens supplémentaires?
Une politique éducative efficace doit être pensée dans sa globalité et associer l’ensemble des acteurs.

Des précisions sur le dispositif

Chaque territoire éducatif rural (TER) reposera sur un réseau constitué d’au moins un collège et de ses écoles de rattachement. 23 territoires pilotes ont été identifiés dans les académies de Normandie, Amiens et Nancy-Metz et le programme doit être déployé dés janvier 2021
Des signatures de conventions sont prévues à partir de fin février. L’objectif affiché est un déploiement à la rentrée 2021 en fonction des premiers bilans prévus pour fin juin 2021. Un comité de pilotage national sera réuni.


On peut s’interroger sur la pertinence d’un calendrier si contraint. Dans un contexte de crise sanitaire, les personnels vont se retrouver une fois de plus à élaborer des projets dans l’urgence ! Et élaborer des projets ça ne s'improvise pas, cela nécessite du temps de réflexion, de partages d'expériences, d'évaluation des actions, d'analyse du réel, et parfois des changements dans les pratiques professionnelles installées.

Les acteurs des territoires concernés devront établir un diagnostic partagé et définir les actions à mettre en place. Des réponses sur mesure devront être construites mais en s’appuyant sur les dispositifs existants. Chaque territoire devra identifier une série d’actions pour développer l’ambition, l’ouverture et la mobilité des élèves du territoire. Le projet doit être articuler autour de 3 axes :
- mobilisation d’un réseau local de coopérations autour de l’école
- construction d’un projet cohérent qui permettent aux élèves ruraux de gagner en ambition pour leur avenir
- amélioration de l’attractivité de l’école rurale et de l’accompagnement des personnels


Un exemple avec les territoires sélectionnés dans l’académie de Nancy-Metz

Les élèves concernés, sont issus de 3 territoires du nord de la Meuse : Damvilliers, Montmédy et Stenay. La mise en place de ces TER va impacter la carte scolaire du 1er degré. Ces 3 territoires devraient être dotés de moyens supplémentaires dès septembre 2021 :
- un poste d’enseignant  du RASED (option E) pour apporter une aide spécialisée à dominante pédagogique selon les besoins des élèves
- un poste d’ enseignant surnuméraire : un professeur des écoles pour accompagner les élèves de cycle 2 (PAC2)
- un poste d’ enseignant surnuméraire : un professeur des écoles pour accompagner les élèves de cycle 3 (PAC3) et travailler la liaison école/collège. Il a été constaté des difficultés d’adaptation des élèves scolarisés dans certains RPI (regroupement pédagogique intercommunal) où les effectifs étaient faibles en CM2. Pour éviter un choc difficile en arrivant au collège, les enseignants affectés sur des postes PAC3 accompagnent au  début de l’année les élèves de 6ème issus de «RPI» à faibles effectifs. Ensuite sur la deuxième partie de l’année scolaire, ces enseignants travaillent avec les élèves de CM2 pour les préparer à entrer au collège.

Le département de la Meuse a connu une baisse démographique et perdu environ 600 élèves en 2ans. Malgré cela des postes n’ont pas été fermés. On constate une volonté d’aide à la ruralité, au-delà de la mise en place des TER


En revanche, on assiste à une inquiétude légitime des équipes : la concentration de moyens sur certains territoires pose problème et conduit à des situations inéquitables. Les moyens supplémentaires ne sont pas donnés, il faut donc faire des choix : assurer les dédoublements en éducation prioritaire, ne pas fermer de classe en zone rurale sans l’accord du maire, doter les TER de moyens supplémentaires…..Cela conduit parfois à déshabiller Paul pour habiller Pierre….d’où la nécessité pour l’Unsa Éducation de mener une politique globale qui prenne en compte les difficultés et besoins de toutes et tous.




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