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Reprise de l’École en confinement : protéger et ne pas exiger l’impossible.

Article publié le jeudi 29 octobre 2020
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Reprise de l’École en confinement :
protéger et ne pas exiger l’impossible.

Le président de la République l’a annoncé, les écoles, les collèges et les lycées resteront ouverts pendant le reconfinement. A l'UNSA Éducation, nous partageons la nécessité de maintenir le lien au sein des espaces scolaires avec les élèves. Il y a un enjeu éducatif et sociétal important pour lutter contre les inégalités, et maintenir un lien éducatif fort. Nous aurions d’ailleurs souhaité qu’une réflexion soit menée dans l’enseignement supérieur pour ne pas placer tous les étudiants en enseignement à distance à l’université, car là aussi il y a un enjeu sur l’accompagnement des jeunes dans leurs études en particulier sur le premier cycle.

Respecter, protéger et accompagner tous les personnels
Mais si nous partageons la nécessité de maintenir le lien dans les écoles et établissements, nous avons besoin que les personnels soient respectés, protégés, accompagnés.

Faire au mieux mais pas accepter l’impossible.
En effet, pour l’UNSA Éducation il est évident qu’il ne sera pas possible de demander à ce que le protocole qui va sortir dans la soirée du jeudi 29 octobre soit appliqué partout dès lundi 2 novembre.
Les personnels feront au mieux ce lundi mais ne peuvent y passer à nouveau leur week-end. Ils doivent avoir du temps pour le mettre en œuvre d’ici la semaine suivante. Nous serons très attentifs et les soutiendrons s’ils étaient soumis à des pressions et à des exigences intenables. Depuis le début de cette crise ils ont toujours fait la preuve de leur capacité à répondre présents.
Les exigences doivent être claires et réalisables. Ainsi si les mesures préconisées dans ce protocole renforcé demandaient des réorganisations importantes ou des allégements d’effectifs alors ce doit être clair et explicite et dans des délais acceptables.
Il faut faire confiance aux équipes, mais en leur laissant le temps et en leur donnant les moyens de faire.

Par ailleurs, pour l’hommage à Samuel Paty, prévu ce lundi, au vu des conditions sanitaires, il faut laisser les équipes s’organiser avec souplesse. Le travail sur les valeurs de la République, sur la laïcité va s’inscrire dans le temps long et le 9 décembre (Journée de la laicité à l’école) pourra aussi être l’occasion d’un temps fort d’hommage et de travail sur ces questions essentielles.


Protéger
Prendre la mesure d’une deuxième vague de l’épidémie particulièrement dure c’est aussi répondre aux craintes des personnels et venir les protéger. Pour réussir, l’énergie et les compétences de toutes et tous, enseignants, psy-EN, inspecteurs, personnels de direction, personnels de vie scolaire, AESH, directeurs délégués, personnels administratifs, techniques, de service social, de santé est nécessaire.
L’articulation avec les Collectivités territoriales, indispensable en bien des aspects, doit être correctement pensée et organisée, afin de ne pas mettre en difficultés celles et ceux qui dans les écoles et établissements ont la charge de la mise en œuvre des politiques locales en accompagnement de l’action de l’État.

Les personnels vulnérables tels que définis au mois de mai ne doivent pas se rendre dans les écoles, les établissements et les services et être protégés. Le jour de carence doit être supprimé. La COVID 19 doit être reconnue comme maladie professionnelle. Les équipements fournis doivent répondre aux critères de protection, en particulier le remplacement des masques DIM doit être effectif dès ce lundi. Il faut également des équipements spécifiques pour les personnels infirmiers ou médecins dans les établissements. Le recours au télétravail doit être favorisé dès que possible en particulier dans les services académiques.

Des indicateurs et des études scientifiques pour éclairer
Pour rassurer, il est nécessaire d’avoir des indicateurs et des informations fiables. C’est pourquoi les indicateurs de suivi des personnels contaminés doivent continuer à être publiés mais être plus fournis et précis afin de mesurer d’éventuels risques dans les écoles et les établissements. Des études scientifiques doivent également être menées comme celà avait été le cas pour Crépy en Valois afin d’améliorer la compréhension. 

Anticiper pour les examens
Enfin pour l’UNSA Éducation il faudra très rapidement anticiper sur les épreuves d’examens qui arrivent, définir des aménagements nécessaires pour les programmes et supprimer la première série d’EC. De même il est nécessaire d’anticiper la gestion des périodes de stages pour la voie professionnelle et de prendre en compte la situation des apprentis.

Des personnels de l’éducation respectés, reconnus, protégés, accompagnés, informés, c’est le sens de l’action de l’UNSA Éducation et de ses syndicats dans cette période complexe et éprouvante.


Ivry sur Seine, le 29 octobre 2020

Frédéric MARCHAND
Secrétaire général

 



 

 
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