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Plans Maths et Français : des formations imposées, contestées, et finalement sans effets ?

Article publié le jeudi 10 décembre 2020
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Avec ces plans, le ministère souhaite renforcer le poids des fondamentaux dans la formation des professeurs des écoles. Certes, certaines données pourraient lui donner raison. Mais, ces formations consomment l’intégralité des temps d’animation pédagogique, au détriment de tout autre besoin identifié par les équipes d’école et de circonscription. Tant sur le fond que sur la forme, cette injonction de formation, est une décision contre-productive.

L’autonomie disparue des territoires
Les Inspecteurs du 1er degré sont les pilotes reconnus des formations pour leur circonscription. Ils définissent des plans annuels avec leur équipe de conseillers pédagogiques, en combinant les priorités ministérielles et les besoins identifiés des équipes d’école qu’ils connaissent. Depuis la mise en place des plans Maths et Français, ils sont dépossédés de cette mission. L’injonction de formation porte préjudice au principe selon lequel une formation est bénéfique s’il est consentie, ou correspond à un besoin qu’on a pris le temps de faire émerger et d’analyser. De plus, focaliser les 18 heures annuelles obligatoires sur deux disciplines pour un métier qui de fait est pluridisciplinaire nie tous les nécessaires compléments de formation sur toutes les autres disciplines ainsi que le lien entre elles.

Les constellations au cœur de la contestation
L’idée de construire des petits groupes de pairs (les constellations) qui suivront un même parcours peut sembler intéressante : observations en classe, co-construction entre pairs, progressivité, long terme, feed-back régulier, travail en petits groupes…. Mais c’est oublier que la culture professionnelle majoritaire est encore centrée sur une conception solitaire du métier, le professeur seul adulte face à sa classe, la porte fermée. Si des mouvements pédagogiques prônent et mettent en œuvre depuis longtemps le travail partagé, en confiance, l’observation met mal à l’aise nombres d’enseignants, qui ne semblent l’envisager que pour les stagiaires. Et pourtant, il est possible d’analyser des situations de travail sans porter un jugement de valeur sur la personne qui la conduit. La confiance dont on nous rebat les oreilles est bien loin d’être effective même au cœur des équipes d’école.


Ces nouvelles modalités renforcent le sentiment que les personnels n’ont plus leur mot à dire en ce qui concerne les contenus de la formation continue, et c’est bien là que le bât blesse. Ni les acteurs de la formation et personnels d’encadrement, ni les enseignants. Certains se souviennent d’un temps où la formation continue permettait de valoriser des projets de terrain, de consolider et développer des pratiques qui correspondent aux besoins d’un territoire, de répondre aux attentes précises d’une équipe, d’un collègue ou d’une circonscription. C’est exactement le contraire de toutes les préconisations concernant une formation efficiente qui est en train de se dérouler. Que ces préconisations viennent du monde de la recherche, des ateliers du Grenelle de l’éducation, du dialogue social mené dans l’agenda social. Y aura-t-il un changement de plan ? L’UNSA Éducation y œuvre à tous les niveaux de la concertation.



 

 
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