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Non, l’École ne fonctionne pas "normalement" ! Cette expression nie les difficultés et l’engagement remarquable des personnels EN au quotidien !

Article publié le mercredi 24 mars 2021
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Déclaration liminaire - CHSCT MEN du 23 mars 2021

 

Mesdames, Messieurs,

L’UNSA Éducation ne peut aborder ce CHSCT ministériel sans revenir sur les dernières mesures sanitaires du gouvernement, notamment celles qui impactent lourdement le fonctionnement de l’Ecole, tout comme il parait difficile de n’avoir d’expression sur d’autres mesures qui se font, elles, attendre.

Concernant les mesures annoncées, l’UNSA Éducation redit ici sa forte amertume suite aux propos évoquant la poursuite d’un fonctionnement « normal » pour l’Ecole. Non, l’Ecole ne fonctionne pas comme à son habitude, non elle ne dispose pas plus des moyens suffisants pour permettre enseignements et apprentissages sereins. Mais oui, l’Ecole fonctionne comme elle peut et de son mieux grâce aux professionnels qui y engagent au quotidien leur énergie et leur conviction.

Si l’objectif de la communication gouvernementale, nous l’avons bien compris, était de rassurer l’opinion publique sur une Ecole qui « tourne » malgré la crise sanitaire et peut ainsi rester ouverte, le message envoyé à la profession par son propre employeur est à nouveau source de légitimes tensions.

Ensuite, au regard de cette volonté partagée de maintenir les écoles et établissements ouverts sur tout le territoire, l’UNSA Éducation veut poser les exigences qui découlent de cette volonté autant qu’elles la rendent viable :

 

  • Le respect des fermetures de structures lorsqu’elles doivent être prononcées et l'urgence de renforcer les moyens en remplacement
  • La nécessité pour les 16 départements confinés de réduire les jauges en collège comme c’est le cas en lycées : il est essentiel de prendre en compte les demandes des établissements sur l’organisation
  • Le besoin d’avoir des résultats sur la politique de tests : en Ile de France notamment, la communication des résultats des tests aux familles par les laboratoires semble dysfonctionner or le contact-tracing pour lequel les personnels de l’Éducation nationale sont mobilisés depuis des mois doit jouer un rôle optimal dans la lutte contre la propagation
  • L’urgence de connaitre les éléments du plan de vaccination des personnels de l’éducation.

L’Unsa-Education, le Sgen-CFDT et le Snalc ont écrit une lettre ouverte au premier ministre pour demander une révision de la stratégie vaccinale pour une priorisation des personnels des écoles et établissements scolaire, avec d’autres catégories elles-aussi exposées.

Cette demande s’accompagne de celle de suspension du jour de carence pour les arrêts maladie en cas d’effets indésirables dus au vaccin et de gratuité totale des tests RT-PCR dans le cadre des campagnes du ministère. La participation forfaitaire de 1€ étant inacceptable !

Lors d’un déplacement, le Président de la République a donné ce matin-même une première réponse à la demande de révision de cette stratégie vaccinale pour les personnels exposés au risque de contamination dont ceux des écoles et des établissements, pour l’UNSA Education, ces annonces nécessitent d’être précisées et opérationnalisées pour que l’accès prioritaire devienne une réalité.

Plus particulièrement aux annonces portant sur l’enseignement de l’EPS, l’UNSA Éducation note que la pratique est à nouveau possible en milieu fermé par un retour au protocole appliqué au premier trimestre auquel s’ajoute la possibilité de pratiquer des activités « de basse intensité » avec port du masque.

Si les enseignants d’EPS attendaient impatiemment ce rétablissement
de leur enseignement, plus respectueux de leur professionnalisme et dans un cadre sécurisé tel que l’UNSA Éducation l’avait demandé dès janvier, la stratégie gouvernementale adoptée est, elle, incohérente et illisible. Enchainer des mesures contradictoires dans un ordre illogique au regard de l'évolution de l'épidémie est un scénario qui aurait pu être évité.

Ce n'est pas l'enseignement de l'EPS en intérieur qui pose problème, les arguments étant suffisants pour en mesurer les enjeux tout comme le risque relatif au regard des autres temps de la journée, mais c'est la décision initiale de l'avoir interdit pour le ré-autoriser au moment où d'autres mesures se trouvent renforcées.

En second point de ce propos liminaire, nous souhaiterions faire un focus sur la méthodologie de travail de cette instance. Déjà en décembre, nous avions alerté le ministère sur l’absence de visibilité sur les travaux programmés par le calendrier annuel quant aux finalités, aux perspectives et à la planification. S’ajoutent depuis plusieurs mois désormais des modifications du calendrier de travaux communiquées au dernier moment sans date de report pour les points différés ainsi qu’une mise à disposition tardive des documents de travail.

L’UNSA Éducation tient donc à le redire, bien que nous vivions un contexte particulier, réunir un CHSCT reposant sur autant d’instabilité n’est pas signe d’une prise de conscience de l’employeur de l’importance du travail que nous avons à mener.

L’UNSA Éducation n’est et ne sera jamais membre du CHSCT pour faire de la figuration, pour se limiter à écouter et questionner une présentation de chiffres ou de protocoles, elle est également présente pour porter les besoins et les attentes de la profession qu’elle a la responsabilité de représenter lors d’échanges construits avec un employeur qui a, lui, le devoir de la protéger.

Enfin, spécifiquement à l’ordre du jour prévu, l’UNSA Éducation aura l’occasion de :

  • Rappeler ses exigences en matière de CITIS au regard du cadre légal et du devoir de l’employeur : plusieurs avis seront proposés au vote
  • Revenir sur le travail mené sur le guide des alertes suicidaires pour lequel nous avons apprécié la prise en compte de nombreuses de nos propositions d’améliorations mais restons demandeurs d’une planification d’un travail de suivi sur le sujet visant une réelle utilité pour la profession : un avis sera également proposé au vote
  • Partager son regard sur la concertation publique « Bâtir l’Ecole ensemble » pour laquelle nous nous interrogeons sérieusement sur l’enjeu qui a prévalu à cette démarche : la recherche réelle de pistes d’une meilleure architecture scolaire auprès des principaux usagers ou un plan de communication visant à convaincre l’opinion publique de la sensibilité du ministère sur ce sujet d’importance désormais doté d’une cellule Bâti scolaire dont il est de rigueur de justifier la création ?

 

Intervention d’Élisabeth Allain-Moreno pour l’UNSA Éducation




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