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Liberté et éducation, jamais l’une sans l’autre

Article publié le mercredi 21 octobre 2020
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L’éducation émancipe, donc elle libère.  Or, il n’y a pas de liberté sans savoirs : la construction de tous les types de savoirs permet de faire émerger des idées, de faire des choix, de prendre des décisions, et donc de s’émanciper d’une pensée, d’une croyance, d’un mode de vie imposés.

Cette liberté se construit, elle nécessite d’apprendre à l’exercer. L’esprit critique se forge. La démarche scientifique évite l’enfermement dogmatique. La mise en débat limite la pensée unique. Les erreurs, accompagnées d’analyse, permettent d’aller plus loin. La liberté d’expression n’est possible qu’à celles et ceux qui savent et donc ont appris à s’exprimer par la parole, les gestes, le corps, le dessin, la musique, l’écrit… et sont suffisamment à l‘aise pour pouvoir le faire dans le respect des autres et donc de leur liberté.

Libres, égaux, fraternels, tels doivent être les citoyens de France. Un citoyen actif est forcément un citoyen formé et éduqué. Transmettre les valeurs de la République dans l’enfance et l’adolescence ne suffit pas à garantir leur activation tout au long de la vie.

D’abord, la transmission par un enseignement magistral n’est vraiment pas certaine d’atteindre son objectif. La formation citoyenne passe par des contenus, des savoirs mais aussi par des actes et des comportements qu’il est possible d’éprouver dans un club de sport, dans une MJC, dans une colonie de vacances, dans un stage, ou …. à l’école. Ensuite, les adultes sont considérés comme citoyens dès la majorité, certes en droit, mais le sont-ils tous, en permanence, dans leur capacité à agir et décider ? Si la démarche de construction de la citoyenneté ne se poursuit pas tout au long de la vie ?
Libre arbitre, esprit critique sont à mobiliser pour exercer la citoyenneté. Le sont -ils toujours quand le débat public se déroule derrière des smartphones sur des réseaux sociaux ? ou sur des chaines d’information continue où n’importe quel individu peut s’ériger en commentateur et en juge à travers sa réalité, son seul vécu ? Dans les deux cas, la parole proférée n’est pas contestable par des pensées divergentes, elle est individualisée, différée, livrée aux commentaires, à la fameuse et destructrice « vindicte populaire ».

La liberté n’est sans doute pas des plus aisées à transmettre, à enseigner. Mais, en appui sur l’Histoire, les contenus de la liberté d’expression, de la liberté de croire ou de ne pas croire, sont probants. Il est encore plus difficile de transmettre la notion d’égalité dans une société où les inégalités ne cessent de croître. Et peut-être encore davantage de faire partager la fraternité, dans cette même société ou le mérite, la compétition sociale et scolaire remportent plus de succès que l’empathie, la solidarité, la lutte contre les inégalités.

Et pourtant, c’est encore et toujours, notre combat. L’UNSA Éducation a les valeurs républicaines et le principe de laïcité, inscrits dans sa démarche syndicale. Il s’agit d’un enjeu de société que d’agir pour l’éducation, par l’éducation, grâce à l’école et au système éducatif dans sa globalité. Notre projet syndical s’oppose aux conceptions populistes et extrémistes qui menacent la démocratie. Il soutient tous les professionnels dans leurs missions éducatives complémentaires pour que les valeurs de la République soient partagées par tous les citoyens, en formation comme dans leur vie active.

Ivry, le mercredi 21 octobre 2020,

Béatrice Laurent .




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