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La Hongrie d’ Orbán invente son histoire pour mieux contrôler le présent

Article publié le lundi 17 février 2020
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Déjà sévèrement remis en cause par les autres pays membres de l’Union européenne en raison de sa dérive autoritaire à la tête de la Hongrie, Victor Orbán a décidé de mettre en application de nouveaux programmes scolaires : promotion du nationalisme, reconstruction du passé, valorisation des heures noires du pays, tout y passe. L’UNSA Éducation fait le point sur ce sujet qui concerne à la fois l'éducation et le respect des libertés. Une telle bataille culturelle et identitaire ne doit rien au hasard et obéit à une stratégie de longue date. Comme l’écrit George Orwell dans 1984 : «celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. »

La Hongrie d’Orbán a été l’objet de nombreuses alertes de l’Union européenne depuis plusieurs années. Assumant un positionnement nationaliste et autoritaire, ce régime s’écarte chaque jour davantage des valeurs humanistes de l’Europe. Dernier exemple en date : les nouveaux programmes scolaires marqués par le sceau du nationalisme.

Un passé national marqué par les idées d’extrême droite

Ce nouveau programme, qui doit être mis en application à la rentrée prochaine, repose sur une lecture nationaliste du passé de la Hongrie. Pire, il met en valeurs des acteurs de l’histoire liés à l’extrême droite. Ce pays a en effet connu un régime de dictature entre 1920 et 1944 sous l’égide d’Horthy. Allié aux nazis, ce régime est mis en valeur dans le nouveau programme d’histoire. Plus largement, ce sont tous les pans d’un « roman national » ultra-nationaliste, bien souvent antisémite, réactionnaire et traditionnaliste qui vont être dorénavant enseignés aux plus jeunes.

Une bataille culturelle et identitaire

Une telle orientation idéologique ne doit rien au hasard. Après avoir mis au pas toutes les oppositions politiques et issues de la société civile, Orbán s’est appliqué à réduire l’état de droit et à assurer sa mainmise sur l’économie du pays. Aujourd’hui, il souhaite défendre les « vraies valeurs » hongroises et s’enfonce de plus en plus dans un programme nationaliste et xénophobe. Il a ainsi attaqué récemment l’Union européenne, au risque de se voir mis au ban de cette institution. De nombreux observateurs jugent en effet que sa dérive vers un autoritarisme ultra-nationaliste est aujourd’hui arrivée au point de non-retour. Cette annonce de nouveaux programmes scolaires ne peut que renforcer les inquiétudes : ce sont les plus jeunes qui sont visés, dans le but d’assurer la pérennité du régime d’Orbán et la propagation de ses idées nationalistes.

Comment résister ?

Depuis plusieurs mois, de nombreux parents avaient opté pour une scolarisation de leurs enfants à la maison, pour ne pas subir l’influence du pouvoir d’ Orbán, mais le gouvernement vient également de modifier la loi afin de limiter une telle scolarisation. Il faut dire que les programmes ont été déjà modifiés en Hongrie, en particulier sur tout ce qui concerne l’éducation à l’égalité filles-garçons. La société civile a été mis à mal par ce pouvoir illibéral, mais les oppositions sont toujours présentes et clament leur hostilité à ces programmes scolaires identitaires. Viktor Orbán sert pourtant de modèle pour une bonne partie de l’extrême droite du continent européen. Il a construit un régime politique où l’état de droit est affaibli et où il dispose de prérogatives de plus en plus fortes. Muselant l’opposition, la presse et la société civile, il se montre très hostile à l’immigration, à l’ouverture sur l’Europe, et se centre sur des valeurs traditionnelles ultra-conservatrices marquées par le christianisme. Depuis plusieurs mois, le Parlement européen a demandé des sanctions contre la Hongrie et ces nouveaux programmes scolaires ne peuvent que renforcer les inquiétudes.

L’UNSA Éducation rappelle son attachement aux idées démocratiques et humanistes en Europe. Il est essentiel que le projet européen repose sur des valeurs fondatrices et la défense des libertés individuelles. C’est pourquoi ces programmes scolaires nationalistes sont en totale contradiction avec les valeurs européennes et celles que nous portons.

Pour complèter :

Quand l'extrême est au pouvoir...

État de droit en Hongrie : le Parlement européen demande des sanctions




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