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La culture à couvert

Article publié le vendredi 16 octobre 2020
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Le temps de la pandémie dérègle celui de la culture. Touchée dans ses espaces, mais aussi dans ses rapports aux autres. Comment faire vivre et transmettre la création culturelle sous toutes ses formes, quand la plupart de celles-ci nécessitent des contacts humains ? Le couvre-feu imposé dans les grandes villes vient encore ajouter des empêchements à vivre et partager des moments de culture vivante.&nbsp ; Si on ne peut ignorer la dimension économique, -de nombreuses petites structures et d’artistes risquent de ne pas réussir à s’en sortir financièrement-, l’apport des arts et de la culture a des impacts plus essentiels sur notre rapport à nous, au monde, aux autres...



L’UNSA Éducation est convaincue de cette importance de la place du spectacle vivant et des moments de culture partagée qu’il permet, dans notre vie individuelle et collective. S’il faut rester déterminés à maintenir une offre répondant aux attentes des publics, il est nécessaire de l’envisager à tous niveaux de la production culturelle, qu’elle soit urbaine ou rurale, dans une grande institution parisienne, un petit théâtre de banlieue, ou une salle de concert de la « France périphérique », dans une MJC ou un foyer rural.


Pendant la période de confinement, « nos corps ont souffert, isolés, malades, disciplinés. Il est temps d’en refaire des sujets qui pensent, parlent, partagent, et se touchent. Entre le présentiel et le distanciel, le choix est fait, toujours en maîtrisant le risque. La culture est la solution, pas le problème. », écrivait un collectif d’acteurs culturels dans un dossier publié par Télérama (11 juillet2020). Quelques mois, plus tard, la culture est à la peine. Les publics sont beaucoup moins nombreux à se déplacer, la crainte de la Covid en effraie plus d’un. Les grands événements du type festival ont été annulés, les festivals de musique électronique organisés en mode sauvage ont été pointés comme facteurs facilitant la circulation du virus. La société oscille entre besoin de partages humains, de créations, d’imaginaire et repli sécuritaire « chacun dans sa cabane », peur légitime de la contamination. Le choix de la préservation de la santé physique ne peut être le seul ; les dimensions psychiques et sociales sont tout autant essentielles.


Alors, ces temps d’incertitude doivent permettre de redonner une place à la culture au cœur des vies de chacun·e, de la faire sortir des seuls murs de ses institutions et de son périmètre. Profiter de ces empêchements à la culture traditionnellement proposée pour la faire vivre autrement. Une des manières pourrait être de faire revenir en force l’éducation populaire, l’éducation artistique et culturelle dans une possibilité de rencontre entre artistes professionnels et amateurs, et des publics dans les lieux d’éducation, qui eux sont ouverts en dehors des contraintes de couvre-feu.




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