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Enseigner à distance : témoignage de Fabienne professeure au CNED

Article publié le mercredi 18 novembre 2020
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Nous traversons une situation inédite avec cette crise sanitaire. Les personnels de l’éducation sont mobilisés pour adapter le protocole sanitaire et accueillir les élèves. En parallèle, certains personnels poursuivent leurs activités, et exercent leur métier à distance. C’est le cas de Fabienne, professeure des écoles qui exerce au CNED. Il suffit de l’écouter pour entendre l’amour de son métier et de ces élèves. On vous la présente.

Son parcours

Elle est en poste adapté de longue durée au CNED de Toulouse depuis 2014. Elle a obtenu en 2010 le CAPA-SH option C, aujourd’hui CAPPEI (Certificat d’aptitude pédagogique aux pratiques de l’éducation inclusive). Mais son handicap ne lui permettait plus d’exercer dans une école ou un établissement scolaire. Son arrivée au Cned, lui a permis de continuer à exercer son métier. Fabienne adore enseigner, accompagner ses élèves dans l’acquisition de nouvelles compétences, transmettre de nouvelles connaissances... Aujourd’hui, elle travaille à temps partiel à 80% pour des raisons familiales et de santé. Elle souhaiterait pouvoir se projeter au-delà de 4 ans. Car son poste adapté doit être renouvelé tous les 4 ans : c’est difficile dans ces conditions de se projeter à plus long terme. C’est la situation de nombreux enseignants qui sont en difficulté avec des postes adaptés de courte durée ou de longue durée.
Au Cned, Fabienne est également, coordinatrice d’équipe. Elle anime une classe virtuelle avec ces collègues de CE2 pour travailler en équipe. Ce temps permet des échanges sur les supports de travail , mais aussi sur les difficultés rencontrées avec les élèves.


Ses élèves

Sa classe est composée de 30 élèves de CE2 :
- 10 élèves qui relèvent de l’ASH
- 10 élèves ont des cours à la carte. Ce sont leurs parents qui ont choisit de les inscrire sur certaines matières. Ce sont souvent des élèves qui résident à l’étranger et sont scolarisés en parallèle dans un établissement. Actuellement avec la crise sanitaire, certains pays n’ont pas réouvert leurs écoles.
- 5 élèves relèvent d’inscription libre pour toutes les matières.
Seuls 3 élèves relèvent du «choix de l’instruction», dont 2 ont verbalisé que c’était lié au covid et à la crainte de leur parents qu’ils retournent en classe.
- 5 élèves ont des cours réglementés : Cela signifie que leur inscription ne relève pas du choix des parents mais de l’institution scolaire; L’éducation nationale, ne pouvant les scolariser, leur propose un enseignement à distance avec le CNED.
Il y a une véritable diversité parmi ces élèves. Certains élèves ne suivent que quelques matières avec le Cned et sont scolarisés pour les autres enseignements. C’est le cas des élèves à besoin éducatif particulier et une partie des élèves handicapés.
La classe de Fabienne n’existe pas vraiment, du point de vue des interactions entre élèves. Elle est chargée du suivi individuel, de corriger leurs copies, donner des conseils pédagogiques aux élèves et familles. On n'est pas sur un traditionnel groupe classe, mais uniquement sur une relation pédagogique entre un professeur et ses élèves. Quelques élèves renvoient des copies par courrier. Mais la plupart utilisent le logiciel «CEL» (CopieEnLigne) pour transmettre les copies en ligne.


Organisation du travail et de la scolarité

Chaque élève reçoit 8 modules avec différentes matières.  4 évaluations sont prévues à la fin de chaque module. Ils ont la possibilité d’interagir avec des enseignants du CE2 à travers une plateforme pédagogique intitulé «Dialogue» : chaque jour un enseignant est à disposition  pour répondre aux questions posées. Fabienne est «Madame Vendredi» : c’est elle qui répond aux questions des parents d’élèves de CE2 à la fin de la semaine. Les élèves ne travaillent pas seuls, ils sont supervisés par les parents. À partir des travaux renvoyés, Fabienne  fait une synthèse des acquisitions de l’élève et renvoie des conseils pédagogiques. Les familles lui communiquent des infos via une fiche remplie en début d’année. Après chaque évaluation des modules, une synthèse est envoyée aux familles. Les conseillers de scolarité sont à disposition pour accompagner les enseignants et leurs élèves. Ils sont l’interface entre les familles et les enseignants. Ils contribuent au bon déroulement de la scolarité des élèves du Cned.
Fabienne travaille très bien à la maison. « J’ai appris à travailler à la maison et ça me convient» Elle ne se sent pas isolée grâce aux réunions hebdomadaires qui ont lieu avec ses collègues. Elle a été équipée d’un PC par le rectorat qui lui permet de bien travailler.
Fabienne ne rencontre pas de difficultés particulières dans son travail. Une évolution l’intéresserait : développer des classes virtuelles avec les élèves. Aujourd’hui ce n’est pas le cas.
Elle termine par nous parler avec enthousiasme de ces élèves qui ont un parcours adaptés. Le système de «double scolarité école/ CNED» est très intéressant pour les élèves à besoin éducatif particulier.

Ce n’est pas possible à assumer pour toutes les familles, pour des raisons d’organisation ou de disponibilité. Mais pour des élèves souffrant d’autisme, qui ne peuvent apprendre dans des classes surchargées, c’est une vraie bouffée d’oxygène. Sans compter, que bien souvent les AVS sont partagés entre plusieurs élèves. Ce fonctionnement qui est en extension dans nos écoles, n’est pas adapté aux difficultés de certains.

Une des solutions consiste alors à les socialiser quelques heures à l’école, et leur permettre d’apprendre grâce au Cned. Bien sûr l’inclusion est essentielle et doit être poursuivie mais une double scolarité école/Cned est une piste intéressante pour certains.



 

 
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