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Des États généraux du numérique, à contretemps et sans les acteurs de terrain !

Article publié le lundi 9 novembre 2020
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Depuis l’arrivée de Jean-Michel Blanquer au ministère il n’y a pas eu de politique du numérique éducatif lisible
: interdiction des téléphones mobiles dans les établissements, abandon pur et simple du plan tablettes, mise en danger du réseau Canopé, utilisation massive du numérique dans la mise en oeuvre d’évaluations nationales opaques… Il aura fallu la fermeture générale des établissements scolaires pour que le sujet émerge et devienne soudain important. En effet, la faillite des outils et dispositifs numériques dédiés au scolaire a été flagrante et, sans la débrouillardise, l’inventivité et l’investissement des personnels de l’Éducation nationale il n’y aurait pas pu y avoir un semblant de “continuité pédagogique”. Enfin, sans attendre la fin de la crise sanitaire, le ministère a tenu à organiser des États généraux du numérique pour l’éducation pour tirer les leçons de cette période à la fois catastrophique et créative.

Dont acte, même si, dans le contexte d’une crise sanitaire qui se prolonge et peut-être à la veille d’une nouvelle fermeture généralisée des établissements scolaires, il aurait été préférable dans un premier temps de faire face à l’urgence avec des solutions, éventuellement provisoires mais efficaces. En effet nous aimerions nous sentir “vraiment” prêts pour assurer dans de meilleures conditions une “continuité pédagogique” et/ou des modes de fonctionnement hybrides permettant de prendre en compte les personnels et les élèves contraints de rester chez eux.

À l’Unsa-Éducation nous avons profité de cette occasion pour rédiger des contributions à la réflexion qui restent ouvertes à la discussion, puisque très logiquement, les acteurs de terrain sont en ce moment bien plus préoccupés par le contexte sanitaire que par quoi que ce soit d’autre. Ces propositions qui ont été portées aux débats sur la plateforme dédiée sont aussi disponibles sur le blog “Questions d’éduc” où elles peuvent être commentées, discutées, complétées…

Prévus en présentiel à Poitiers les 4&5 novembre 2020, les États généraux du numérique ont été finalement dématérialisés avec des transmissions en direct de discours et des ateliers de synthèse participatifs. Concrètement la participation sur la plateforme du ministère et le suivi de cet événement ont été très faibles, en deçà de l'anecdotique (moins de 2500 participants sur la plateforme, une dizaine de personnes dans les ateliers de synthèse nationaux).

Sur la cinquantaine d’intervenants qui se sont relayés pendant ces 2 jours, on n’a pu compter que 2 enseignants, il n’y a eu aucun représentant des familles, ni aucun élève. La tonalité était empreinte d’une auto-satisfaction insupportable au vu des réalités vécues sur le terrain, avec peu de hauteur de vue concernant les enjeux du numérique éducatif. Le discours final du ministre censé présenter les conclusions était bien vide, excepté l’annonce du déblocage de 30 millions d’euros pour les EdTechs. Fort heureusement, le document présentant les conclusions de ces États généraux est loin de cette indigence et comporte 40 propositions qui pour beaucoup sont des choses existantes (ou déjà prévues) ou des déclarations d’intention qu’il va falloir concrétiser…

Seul l’avenir nous dira si ces États généraux auront contribué à impulser une vraie politique en terme de numérique éducatif... ou pas !

Photo de Polina Zimmerman provenant de Pexels



 

 
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