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Convention citoyenne : et maintenant ?

Article publié le jeudi 9 juillet 2020
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Le 21 juin 2020, la Convention citoyenne pour le climat a adopté son rapport final après plusieurs mois de travail : 149 propositions ont été annoncées pour répondre à l’urgence climatique et favoriser une transition écologique juste et équitable en France. Cette expérience démocratique inédite avait pour but de définir des mesures à prendre pour réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Le Président de la République a annoncé qu’il approuvait toutes les mesures sauf 3 d’entre-elles. Quel bilan peut-on tirer de cette expérience ? Quelles sont les étapes suivantes ? Quel rôle pour le monde éducatif ? L’UNSA Éducation fait le point.

Les 149 mesures proposées : fruit d’une expérience démocratique inédite

Il faut tout d’abord rappeler le fonctionnement de la Convention pour le climat: après la crise des Gilets jaunes qui a bouleversé la société française, le gouvernement avait décidé de réunir 150 citoyen·nes tiré·es au sort et illustrant la diversité de la société française. Ils et elles ont eu pour mission de trouver des solutions afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

C’est en effet ce type de pollution qui est responsable en grande partie du réchauffement climatique. Pour mener à bien cette tâche, les membres de la convention ont travaillé sur plusieurs thématiques en confrontant leurs expériences, mais surtout en faisant appel à des expert·es dans tous les domaines en lien avec la question du climat, des scientifiques, des juristes, etc. Les 150 ont également été aidés par des spécialistes dans le domaine de la participation collective afin de garantir une bonne tenue aux débats. C’est une brillante réussite que d’avoir réussi à mener à bien cette expérience, qui s’est déroulée dans le cadre du CESE.

Après 8 mois de travail, 149 propositions ont été adoptées selon plusieurs thématiques :
- Consommer (gestion des déchets des produits, publicité,etc.)
- Produire et travailler (transformations de l’emploi,financement vert,etc.)
- Se déplacer (usages de la voiture, transports en commun, lien travail-déplacement)
- Se loger (rénovation , réduire la consommation d’énergie)
- Se nourrir

Les étapes suivantes

L’opinion publique a accueilli favorablement l’ensemble des mesures, même si certaines d’entre-elles ont focalisé à outrance l’attention et ont été jugés négativement : c’est le cas de la limitation des 110 kms/h sur les autoroutes. D’autres y ont vu l’appel à une écologie punitive qui frapperait les citoyen·nes sans distinction aucune, voire un manifeste pour la décroissance. Il n’en est rien ! Il faut en effet signaler que chacune des 149 mesures est expliquée, détaillée dans un rapport de 460 pages et qu’il faut regarder en profondeur l’ensemble des prescriptions. On voit ainsi que globalement elles sont positives et qu’il est essentiel de les mettre en pratique rapidement.

Le Président de la République et le gouvernement ont décidé de retenir 146 mesures, selon 4 grands principes : il s’agit de placer l’écologie au cœur du projet économique, en conciliant transition écologique et justice sociale. Mais il importe également de profiter de l’application de ces mesures pour mieux aménager l’ensemble du territoire. Enfin, il importe de responsabiliser chacun·ne car résoudre la question climatique doit impliquer l’ensemble de la société civile, même si les responsables politiques et économiques doivent avoir un rôle moteur.
En conséquence, certaines mesures seront intégrées dès la fin juillet dans la réglementation officielle, et ensuite en septembre la plupart des mesures feront l’objet d’un projet de loi. Il est également possible que le processus de référendum soit mobilisé sur certains points.

En dépit de quelques incertitudes, cela va dans la bonne direction, d’autant que plusieurs mesures proposées sont faciles à appliquer et vont avoir un effet rapide sur la limitation des gaz à effet de serre. On doit enfin souligner que la Convention insiste sur le rôle des ONG, associations, mais aussi des syndicats pour aider à la réussite de ce projet ambitieux.

L’heure est en effet à l’urgence : le récent rapport du Haut Conseil pour le climat dresse un constat alarmant et montre que la France a pris trop de retard dans ce domaine.

Le rôle de l’éducation

Les aspects liés à l’éducation ne sont pas oubliés. Ils concernent avant tout la première thématique « Consommer » avec un objectif intitulé : « faire de l’éducation, de la formation et de la sensibilisation des leviers d’action de la consommation responsable ». Mais on retrouve les sujets éducatifs dans les autres thématiques, en particulier dans les questions liées au numérique. Le contenu du rapport sur ce point est très riche et il propose de nombreuses pistes concrètes. C’est pourquoi notre fédération souligne l’intérêt des mesures proposées dans ce domaine. L’urgence climatique doit être prise en compte à l’école et la transition écologique ne peut réussir sans une implication plus grande de tous les acteurs du monde éducatif.

C’est pourquoi à l’UNSA Éducation, nous soulignons la richesse du travail mené par la Convention citoyenne pour le climat. Nous serons particulièrement attentifs à la mise en œuvre des mesures proposées, car réussir la transition écologique est un enjeu des plus urgents, et il faut la mener en la conciliant avec la justice sociale. À l’heure des vacances estivales, où l’on annonce à nouveau des températures caniculaires, il est important de connaître et de relayer les préconisations des 150 citoyen·nes qui ont fait ce travail pour notre avenir.

Le rapport de la Convention citoyenne pour le climat

Le rapport 2020 du Haut conseil pour le climat




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