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Ces mythes éducatifs qui ont la vie dure…

Article publié le mercredi 26 février 2020
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Philippe Dessus, enseignant-chercheur à l’université de Grenoble, vient de mettre à jour son article écrit en 2017 et destiné à débusquer les mythes éducatifs, ces théories qui imprègnent l’école alors qu’elles ne sont pas validées ou se basent sur des interprétations simplifiées voire erronées. Pourquoi ces mythes éducatifs subsistent-ils ? Car « ils contiennent souvent des éléments de vérité » selon lui.

Voici en résumé trois théories et leur démystification proposées dans son article :


On préférerait apprendre par des voies sensorielles qui nous seraient privilégiées (audition, vision, kinesthésie)

Ce classement par styles, d’une part ne paraît fondé sur aucune théorie psychologique valide et, d’autre part, a le risque d’enfermer les élèves dans un format d’informations donné.
Ce n’est pas très utile, pour un enseignant, de perdre du temps à identifier le “style” de chacun de ses élèves puisque tous peuvent bénéficier d’un apprentissage où l’information est représentée sous différentes modalités.
Toutefois, l’effet de bord de cette théorie, qui consiste à varier les supports d’apprentissage, reste une idée intéressante à suivre.


On se souvient de A % de ce qu’on entend, B % de ce qu’on lit, C % de qu’on écrit, D % de ce qu’on fait, etc. (le cône de Dale)

Dans l’esprit de son concepteur, le cône mentionne des degrés différents d’abstraction, mais pas de difficultés de mémorisation ou d’apprentissage, ce que ce cône en est venu à représenter, selon les personnes qui l’ont repris.
Il semble qu’aucune étude scientifique sérieuse ne puisse être citée pour corroborer une telle hiérarchie.
La seule leçon intéressante que l’on peut retirer du travail de Dale est celle-ci : varier “les types d’expériences sensorielles que l’on peut proposer en classe”.


Le monde est fait de digital natives et de digital immigrants

Pour Prensky, les digital natives auraient des caractéristiques communes qui les différencieraient des générations précédentes dans leurs utilisations pratiques des objets et services numériques, mais aussi dans leur façon d’apprendre en avançant, par exemple, le fait que ces individus seraient capables de faire plusieurs choses à la fois (écouter leur MP3 tout en faisant recherche sur l’internet et conversant sur un réseau social ), ou encore qu’ils seraient plus habiles pour les travaux collaboratifs.
Mais des études scientifiquement étayées montrent que ces compétences et habiletés ont un impact très limité et parfois même négatif sur les performances d’apprentissages. Cependant il ne faut pas ignorer ces compétences et essayer de les prendre en compte dans la conception de situations d’enseignement, soit comme un point de départ pour aller plus loin, soit comme obstacle à dépasser.


Pour en savoir plus sur ces mythes éducatifs (et de nombreux autres), retrouvez ici l’article de Philippe Dessus : Quelques mythes dans la recherche en éducation


Pour aller plus loin (dans un contexte de sacralisation de la neuroéducation) : Les neuromythes sont parmi nous (billet de David Vellut, psychologue spécialisé en psychologie du développement et des apprentissages)




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