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CTMEN : L’UNSA Éducation alerte solennellement sur les conséquences des arbitrages budgétaires de la rentrée 2021.

Article publié le mardi 9 février 2021
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CTMEN du 09 février 2021 : déclaration liminaire de l’UNSA Éducation

Madame la Présidente,

Monsieur le Directeur général des ressources humaines,

Ce CTMEN a lieu alors que les académies tiennent leurs opérations de carte scolaire. L’UNSA Éducation vous alerte solennellement sur les conséquences des arbitrages budgétaires qui ont présidé à la préparation de la rentrée 2021. Au fil des CTA et des CTSD, les chiffres nationaux se déclinent en conditions d’enseignement dégradées pour la prochaine année scolaire. Celle où il faudra chercher à effacer les stigmates d’une épidémie qui aura pesé lourdement sur les apprentissages et l’équilibres des élèves.

Dans le second degré, le contexte est celui d’une augmentation importante des élèves à la rentrée 2021. L’UNSA Éducation dénonce la suppression massive des emplois qui l’accompagne.

Les effets des décisions de transformation des heures postes en heures supplémentaires annuelles commencent à se dessiner. Certes, techniquement, cela est possible mais que cela signifie-t-il, en vrai dans les établissements? Selon nos remontées, les classes seront surchargées. On atteint 30 élèves par classe aux collèges. Les dédoublements comme l’aide personnalisée seront réduits. La multiplication des services partagés entre plusieurs établissements pour éviter des suppressions limitera la disponibilité des professeurs pour l’investissement pédagogique dans la vie des établissements. Les moyens de remplacements seront eux aussi diminués. Désormais, les difficultés ne concerneront plus seulement les remplacements courts mais également les remplacements longs.

Quelles justifications à de tels choix ? Anticipent-ils la baisse des effectifs qui concerne actuellement le premier degré ? Pour l’UNSA Éducation, ces décisions ignorent le contexte présent et obèrent l’avenir. Elles dégradent les conditions d’enseignement à très court terme et suppriment d’ores et déjà les marges de moyen terme. Des marges indispensables pour, enfin, agir sur les caractères inégalitaires de notre système scolaire, pour lutter contre l’archipellisation de notre République.

Une grande partie de l’argent public finance des établissements privés sous contrat qui sélectionnent les élèves et développent le danger social et démocratique de l’entre-soi.

La réduction des inégalités, le respect de la promesse républicaine doivent confronter les ambitions au réel. Or, les décisions budgétaires nient cette ambition. Y compris dans le premier degré où les dotations nationales apparaissent favorables, les déclinaisons sont lourdes de conséquences quand, notamment, les écoles publiques ont à faire face à une concurrence directe de l’enseignement privé. Par exemple, la dotation de 0 dans l’académie de Rennes conduit à affaiblir encore le tissu scolaire public, puisqu’il faut y fermer des classes pour mettre en œuvre les priorités nationales. L’enseignement privé très développé s’en réjouit.

S’agissant de la gestion administrative du système, pour l’UNSA Éducation, il est pour le moins paradoxal que le ministère, dans le même temps, reconnaisse la sous-administration du système éducatif, engage des discussions sérieuses sur la filière administrative et laisse se dégrader un peu plus la situation de l’emploi dans les services académiques et les établissements. La déclinaison locale des décisions budgétaires conduit, à nouveau, à des suppressions de postes qui immanquablement accroîtront, en services et en EPLE, les retards de paiement, de traitements des dossiers, l’incapacité des services à effectuer leurs missions. Ainsi, en dépit des déclarations d’intention, il n’est pas remédié à la sous-administration de notre ministère. A ce titre, les situations des académies du Grand Est et des Hauts de France sont particulièrement préoccupantes et sont l’exemple même de la gestion de la pénurie qui fait courir de grands risques à la bonne administration du système éducatif. C’est pour cette raison que l’UNSA Éducation demande solennellement un moratoire concernant les suppressions de postes dans ces deux académies.

Oui, il est de notre devoir à l’UNSA Éducation de dénoncer ces choix budgétaires, guidés par les prospecteurs du futur budgétaire, qui, depuis Bercy, usurpent la décision politique et induisent des politiques qui, pour le présent, sont inconséquentes.

Il en est de même s’agissant des contractuels et assistants d’éducation recrutés depuis novembre pour permettre à l’École de faire face à l’épidémie. Alors qu’ils sont plusieurs centaines à avoir répondu présents malgré des contrats peu attractifs, ils sont actuellement remerciés au terme de leur contrat. L’UNSA Éducation demande la prolongation de leurs contrats jusqu’aux vacances d’été afin d’affronter la suite de l’épidémie, stabiliser l’École et sécuriser ces personnels venus prêter main forte.

Madame la Présidente, Monsieur le Directeur général des ressources humaines, je vous remercie de votre attention.

Intervention de Stéphane Crochet pour l’UNSA Éducation




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