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Rendre visible les « jeunes périphériques »

Article publié le mardi 22 janvier 2019
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Il ne s’agit pas d’ajouter une catégorie à toutes les inégalités bien connues : décrocheurs, jeunes des quartiers, jeunes migrants, ….non, ils sont là , vivent dans des zones dites périphériques, en dehors des grandes métropoles et de leurs banlieues. Ils représentent 60 % de la jeunesse et n’ont pas les mêmes chances d’avenir que leurs concitoyens urbains. Absents du débat public et dispersés sur les territoires , ils ont tous un parcours d’obstacles souvent infranchissable dès la sortie de l’école primaire.

Salomé Berlioux et Erkki Maillard leur consacre un livre « les invisibles de la République », écrit à partir de leur expérience personnelle, de données probantes et de nombreux témoignages. Autocensure, manque d’information assignation à résidence, fragilité économique, absence de réseaux, fracture digitale, manque de mobilité, ...ils cumulent les difficultés et se sentent ignorés. Des oubliés des politiques publiques. Sûr qu’ils sont moins bruyants que les jeunes des quartiers qui en leur temps ont mis le feu, obligeant à la réaction politique.
Comment ça se traduit dans les faits ?
Et bien, ce sont de nombreuses histoires vraies,  incarnées dans des témoignages, comme celui ci par exemple :  « Luna a grandi à Die, sous préfecture de 4500 habitants de la  Drôme. Son père est menuisier, sa mère aide à domicile. Luna rêve de devenir monitrice d’équitation. Elle a quitté son département qu’une ou deux fois en 17ans. Ses parents se sont rencontrés à Die. Elle raconte : « En terminale, j’avais repéré une formation réputée en Normandie, que je pouvais suivre après l’été. Mais franchement partir si loin de chez moi, ça me faisiat peur, je savais que je n’y arriverais pas. » C’est ce phénomène que la chercheuse Marie Huygues dénomme les « assignés territoriaux, scotchés à leur territoire ». C’est une des contraintes subies par ces jeunes périphériques, victime d’autocensure. Mais l’autocensure peut aussi venir de la fragilité économique familiale, en France seuls  7 % de la population étudiante est boursière, de nombreuses familles modestes ne peuvent loger, nourrir, accompagner culturellement leur enfants en études supérieures.
« Continuer à ignorer cette jeunesse est dangereux pour notre pays. Pour sa dynamique économique. Pour son équilibre social. Et manifestement pour sa vie démocratique. »
L’Unsa Education partage cette affirmation des auteurs, l’orientation , les choix éducatifs ne peuvent être une sanction, une relégation, ou une imposition par défaut. Les jeunes et leurs familles doivent être accompagnés par des professionnels formés, et l’offre de formation dans les territoires doit être suffisamment diversifiée dans les territoires pour faciliter une orientation choisie. C’est cet engagement que portent nos élus, représentants des personnels , dans les instances de concertation , encore plus particulièrement aujourd’hui en période de présentation des cartes de formation et répartition des moyens humains en académies.
#AgirAvecVous, au quotidien, avec une ambition éducative.

Le livre : Les invisibles de la République, comment on sacrifie la jeunesse de la France périphérique, Salomé Berlioux, Errki Maillard, Robert Laffont, février 2019.

Le site de l’association co-fondée par les auteurs pour réveler les potentiels  des jeunes périphériques : www.cheminsdavenirs.fr




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