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Déclaration au CSE : L’UNSA Éducation appelle à l’apaisement et à renouer le dialogue avec la jeunesse

Article publié le mardi 11 décembre 2018
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Le Président de la République s’est exprimé hier soir. Ses réponses font suite à une mobilisation assez inédite qui dure depuis des semaines. Cela a été dit, la situation est particulièrement préoccupante. Et toutes les images qui circulent depuis 3 semaines sont saisissantes même choquantes.

Pour l’UNSA Éducation, ce CSE est l’occasion de condamner à nouveau les actes, certes minoritaires, qui ont lieu dans des centaines de lycées et quelques universités. Si le droit de manifester pour des lycéens ne peut être remis en cause il ne peut pas se traduire par des actions violentes... En tant que citoyen, en tant qu’éducateur et représentant du personnel, nous tenons avant tout à ce que chacune et chacun puisse se rendre sur son lieu de travail et d’étude en toute sûreté. Vous aurez d’ailleurs remarqué l’absence très inhabituelle de nos collègues du SNPDEN et d’A&I. Responsables de la sécurité des personnes et des biens, ils sont aujourd’hui restés auprès de leurs équipes et de leurs élèves dans les établissements.
Les lycéens sont légitimes pour exprimer leurs inquiétudes quant à l’avenir. L’UNSA Éducation et ses syndicats appellent donc à l’apaisement et à la discussion. À ce que les organisations lycéennes fassent leur maximum pour éviter les blocages et tout débordement. À ce que les forces de l’ordre agissent avec mesure lorsqu’elles sont chargées de canaliser ces manifestations qui par nature sont brouillonnes.
Il est urgent que le dialogue et l’écoute retrouvent leur place dans notre pays. Et donc, sur le champ de la politique éducative aussi. Si les revendications sont disparates, la force de cette mobilisation est de réussir à les connecter les unes aux autres. Leur point commun est une soif de justice sociale, qui, quand elle n’est pas entendue, nourrit la colère.
Notre démocratie est fragilisée, nous sommes à un tournant. Qui peut dire quelle en sera l’issue ? Les défis sociaux sont énormes et le rôle de notre École républicaine est central. La dernière enquête de l’OCDE nous rappelle ce lien étroit qui persiste entre la pauvreté et les résultats scolaires.

Les enjeux éducatifs sont posés, connus et pourtant nos collègues se sentent accablés par une juxtaposition de réformes dont le rythme effréné empêche toute compréhension, appropriation puis mise en œuvre sereine. Il en est de même pour la jeunesse dont vous êtes le Ministre.

Parcoursup, Bac 2021 et lycées, si l’UNSA Éducation ne partage pas toutes les inquiétudes des organisations lycéennes sur ces réformes, nous avons toujours expliqué qu’elles devraient se faire avec les acteurs concernés. C’est une condition pas suffisante certes, mais indispensable.

En cette journée dit «mardi noir», Monsieur le Ministre, entendez ces messages. Il est temps de créer des espaces de parole avec la jeunesse, avec toute la jeunesse.

Notre Fédération vous demande donc de ne pas ouvrir de nouveaux chantiers, de prendre le temps de clarifier les réformes engagées et de faire un point sur les 18 mois écoulés.
En outre, en affectant de vrais moyens à l’orientation, en précisant l’offre et les passerelles entre les enseignement de spécialités, en créant réellement l’accompagnement personnalisé promis dans l’enseignement supérieur, mais aussi en arrêtant les suppressions de postes, nous vous demandons d’agir pour que la politique éducative réponde concrètement à ces enjeux de justice scolaire et sociale.




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