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Ecole démocratique : un idéal ou label ?

Article publié le vendredi 12 octobre 2018
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L’école privée n’est vraiment plus l’apanage des écoles confessionnelles, de nombreuses structures s’ouvrent avec ce fameux statut dit « hors contrat ». Elles naissent sur des convictions éthiques, elles construisent des cadres éducatifs en totale opposition à la tradition scolaire républicaine de notre pays. C’est le cas des écoles démocratiques : pas de programmes, pas de classe d’âge, pas d’évaluation. Les enfants (de 6 à 20ans)  définissent eux-mêmes leur parcours d’apprentissage et choisissent leurs activités, ils ont le même pouvoir de décision que les adultes.
Sudbury Valley, une source d’inspiration
En 1968, Sudbury Valley est fondée par des parents et éducateurs.  Leur philosophie éducative repose sur  trois piliers que nous connaissons bien : Liberté (auto-détermination des apprentissages), Égalité (autogestion de l'école par l'ensemble de ses membres), Fraternité (intergénérationnel). Si cette école prolonge  l’expérience britannique de Summerhill (Libres enfants de Summerhill, 1921), son modèle perdure et scolarise aujourd’hui encore 200 élèves à Sudbury et l’essaime dans le monde entier. Ces écoles fonctionnent toutes avec deux organes spécifiques : le Conseil d'École, organe de gestion, et le Conseil de Justice, permettant de gérer les conflits et les transgressions au règlement. Car si la passion et l’intérêt sont les moteurs de l’acquisition de connaissances et de compétences, en libre choix d’activité, il n’empêche que partage de tâches et règles de vie  collectives sont de rigueur. Sûr qu’avec de tels principes, l’école vise à acquérir les compétences du 21ème siècle: leadership, autonomie, esprit critique, créativité, adaptabilité, sens de la collaboration et de la prise d’initiative...
Et en France ?
Depuis l’émergence de cette approche éducative, plus de 300 écoles démocratiques ont vu le jour à travers le monde, une centaine en Europe et 31 en France, la première y ayant été créée en 2014 à Dijon. A l’heure actuelle, une vingtaine de projets sont en cours de concrétisation sur notre territoire national, la plupart en mixant les approches éducatives (Montessori, Freinet, Sudbury Valley, …). Ces écoles précisent qu’elles ne font aucune discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe ou l’origine nationale ou ethnique. Certes, c’est le moins qu’on puisse en attendre ! La discrimination réelle et indéniable repose sur le coût éducatif : 10000 $ par an à Sudbury Valley, 5550 € annuel à l’Ecole Démocratique de Paris. Alors, si des bourses financées par des mécènes sont annoncées,  les freins à étendre ce style d’éducation sont bien là, s’installent-elles dans les territoires les plus paupérisés ? Et non, elles vont là où sont les clients potentiels… car il faut aussi que des parents soient en capacité de faire émerger ce désir d’éducation pour leurs enfants, et donc, soient eux-mêmes dotés d’un bagage culturel et de diplômes élevés.
 Vers quel modèle de société éducative tendent-elles ? Si l’on considère que ces écoles sont bonnes pour les enfants, il ne devrait plus y avoir d’école privée et publique. Il devrait y avoir des écoles autonomes, subventionnées par l’Etat, au même niveau. La liberté de choix fait partie des revendications des militants de ces écoles alternatives. Ce n’est pas  la position de l’Unsa Education.

A l’Unsa Education, on agit pour que les choix politiques répondent aux objectifs d’amélioration du service public d’éducation, de gestion des ressources humaines et d’aménagement du territoire. L’équité et une école de la réussite pour chacun.e sont au cœur de notre engagement.
Ivry, Le 10 octobre 2018, Béatrice Laurent




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