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Plan Mercredi : c’est (mal) parti !

Article publié le lundi 2 juillet 2018
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Le fameux « Plan mercredi » attendu depuis si longtemps a été annoncé par le Ministre de l’Éducation nationale le 20 juin dernier. Pour l’UNSA Éducation l’ambition éducative annoncée par le gouvernement n’est pour l’instant pas au rendez-vous.

 

Une nouveauté… pas vraiment !

En effet, pour tous les enfants, le plan prévoit d’offrir des activités  à « forte ambition éducative » et de «  grande qualité », dans une logique de loisirs et de découverte, en associant les établissements culturels (conservatoires, musées, bibliothèques).

Mais alors qu’étaient-elles avant ? Les PEDT (Projets éducatifs de territoire) mis en place dans le cadre de la Réforme des rythmes scolaires de l’enfant, avaient déjà pris en compte cette dimension éducative et qualitative. L‘UNSA Education soutenait leur généralisation afin de sortir d’une approche technique et comptable sur l’aménagement du temps scolaire, et afin  d’entrer dans une véritable réflexion éducative globale.

De l’extra au périscolaire

Avec ce plan, les activités extrascolaires du mercredi deviennent donc du périscolaire, encadré par l’État et entrant dans le PEDT nouvelle formule. Au-delà de la sémantique, une évolution très concrète : les activités seront encadrées par moins d’animateurs.
Alors certes il y a aura un financement supplémentaire de la CNAF, et un allégement du coût pour les collectivités mais financés par une réduction du taux d’encadrement qui pourrait jouer sur la qualité de l’activité et sur l’emploi des animateurs.

Pour tout le monde pareil ?

Si les collectivités sont « au cœur du projet », confortées dans le rôle d’organisatrices des temps éducatifs du mercredi, leurs spécificités ne semblent pas prises en compte. Les sommes versées seront identiques dans toutes les communes, contrairement au fonds de soutien. Ce dispositif mis en place par la réforme des rythmes scolaire distinguait en effet les communes « pauvres » et leur allouait 90 euros par enfants (au lieu des 50 pour les autres communes).
Au-delà du financement, la non prise en compte des inégalités territoriales se heurte aussi aux ambitions politiques affichées. Que se passe-t-il pour les communes les plus éloignées de toutes structures culturelles, ce plan va-t-il les en rapprocher ?

La semaine de 4 jours confortée

Comment ne pas souscrire aux objectifs affichés par le Ministère, qui pour beaucoup réaffirment ceux de la réformes des rythmes mais décousu par ce même Ministère ? Pour l’UNSA Education, si ce plan donne sans doute bonne conscience au gouvernement sur sa politique jeunesse, il vient surtout conforter les communes qui dérogent au principe de la réforme des rythmes scolaires qui rappelons le, devait permettre des journées moins chargées, l’enseignement des fondamentaux en matinée et un rythme plus favorables à la réussite des enfants. En ce sens, l’UNSA Éducation salue néanmoins l’arbitrage ministériel qui garantit un financement aux communes restée à 4, 5 jours.

Rentrée 2018 : L’UNSA Éducation vigilante et exigeante

À 2 mois de la rentrée, il est à craindre que les centres de loisirs du mercredi soit « rhabillés » à la va vite par un Xième  projet qui permet de faire quelques économies.

La précipitation n’est jamais bonne conseillère, l’UNSA Education sera vigilante sur la mise en œuvre de ce plan,  et continuera d’exiger une ambition pour le temps et l’espace éducatif, et cela  dans l’intérêt de l’enfant.

« Activités riches et variées », « sorties éducatives », « inclusion » … cela doit se traduire concrètement ! C’est donc avec intérêt que nous suivrons la mise en œuvre des objectifs affichés que nous partageons.  Il faut agir pour une politique éducative globale dans l’intérêt des enfants.

 




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