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Le(s) temps change(nt)

Article publié le mercredi 3 janvier 2018
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Avis de coup de vent, voire de tempête sur les premiers jours de 2018.

Rien à voir avec les cyclones de 2017 qui ont fait des victimes et tant de dégâts. Mais tout de même le déchainement des éléments est toujours impressionnant.

Et bien que la science météorologique nous permette de suivre les dépressions et les déplacements des courants, nous sommes toujours surpris par la violence des événements climatiques et par leur imprévisibilité.

Nul doute, le temps change, le climat se modifie. Et si l’évolution n’est pas le long fleuve tranquille d’une évolution linéaire, elle est -n’en déplaise aux climatosceptiques- le chemin tortueux qui mène inéluctablement au réchauffement de la planète.

Malgré les signes avant-coureurs et les mises en garde des experts, les prises en conscience tardent à venir…Quant aux actions ambitieuses et responsables de la part des dirigeants du monde, elles sont toujours attendues…

Cette réalité climatique n’est pas sans en rappeler une autre, sociale ou plus justement sociétale. Car dans ce domaine aussi les temps changent. Et même si les sciences humaines et les spécialistes sont moins capables de prévisions, leurs analyses convergent pour mettre en évidence des évolutions, des transformations, voire des bouleversements.

Là encore, pas de logique implacable facile à repérer, pas de mouvements uniformes allant tous dans le même sens, mais des à-coups, des sursauts, des avancées et des reculs, du « dégagisme » et des conservatismes, le tout dessinant un grand mouvement de transformation d’une société qui se cherche et change inexorablement.

Evidemment, des changement notre société en a déjà connu beaucoup et régulièrement. Nombreux sont ceux qui ont vu dans l’année 1918 et la fin de la « grande guerre » la véritable entrée dans le XXème siècle et dans son riche apport de modernité. Ce ne fut pourtant que le prolongement, le renforcement d’une société industrielle dont les codes avaient été instaurés par la bourgeoisie bienpensante du siècle précédent. Morale et mœurs qui, en quelque sorte, seront encore au cœur des débats de mai 1968, révolution plus sociétale que sociale.

N’est-ce pas encore contre les archaïsmes de cette société patriarcale et machiste que la parole s’est libérée il y a quelques semaines pour dire l’insupportable violence faite aux femmes, certes dans les actes de harcèlement, mais également dans un quotidien qui tend à leur imposer des codes de conduite, d’esthétique, de réussite, eux aussi élaborés avec la bonne société du XIXème siècle.

Les temps changent. Et si rien n’était mieux avant, comme le montre pertinemment Michel Serres, la société nouvelle en train de se construire déstabilise parce qu’elle n’existe pas encore et n’offre donc que très peu de points d’équilibre.

Quels nouveaux pas seront franchis en 2018 ? Bien malin qui saurait l’annoncer avec certitude. Il ne faut pourtant être ni grand clerc, ni madame soleil pour imaginer que l’inéluctable mouvement de transformation ne s’arrêtera pas.

Œuf ou poule (?), les technologies du numérique, les progrès de l’intelligence artificielle, les mises en réseau contribuent à développer une société du « co », co-construction, coopération, coéducation, co-responsabilité. Un collectif dans lequel chacun est appelé à être « un Je responsable dans un Nous solidaire » comme l’écrit Edgar Morin dans ses vœux.

Cette société se construit. Nous sommes ses possibles architectes. Ses fondations devront reposer sur une capacité à innover et à coopérer. Cela s’apprend, dès le plus jeune âge. A l’école, au centre de loisirs, à l’université, dans les démarches d’éducation populaire, lors des activités culturelles, sportives, citoyennes…

Le temps change sachons accompagner cette évolution.

Mieux, les temps changent, sachons participer à ces transformations.

Educateurs, soyons acteurs d’une société nouvelle, éducative et solidaire. Tels sont les vœux que nous pouvons partager en ces premiers jours de l’année 2018 qui débute.


Bonne année à toutes et tous.

 

Denis Adam, le 3 janvier 2018
 

 




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