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Enfants lecteurs

Article publié le mercredi 29 novembre 2017
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Pour s’échapper, comprendre, rêver, réfléchir, apprendre, imaginer, connaître, échanger, faire... : lire !

Si la priorité de l’éducation est d’apprendre à lire, ce n’est pas une simple lubie d’enseignant.

Ne pas savoir lire est un enfermement, une aliénation.

L’émancipation passe par le « savoir lire ».

Pas seulement déchiffrer et combiner lettres et sons. Mais faire du sens. Lire ce qui est écrit et le comprendre. Lire entre les mots, entre les lignes. Lire les mots, les images, les silences.

Il y aura certainement des représentations d’enfants-lecteurs au salon du livre et de la presse de Montreuil qui ouvre ses portes ce mercredi 29 novembre pour 6 jours. Pour sa 33ème édition, il met en valeur l’image de l’enfant et de l’adolescent dans la littérature jeunesse.

Or dans les livres, les enfants lisent. A l’image d’Alice, c’est même pour les jeunes héros souvent le début d’aventures extraordinaires dans un pays des merveilles (ou pas).

Mais dans la (vraie) vie, les enfants lisent-ils ? Et que lisent-ils ?

Une étude publiée par le Centre national du livre en 2016 montrait que les jeunes interrogés, âgés de 7 et 19 ans, lisaient six livres par trimestre, soit en moyenne trois heures par semaine. Elle mettait en évidence que plus d'un jeune sur deux lit au moins une fois par semaine. Et confirmait que ce sont les enfants du primaire qui sont les plus intéressés : ils lisent trois fois plus qu'un lycéen, le décrochage se faisant au niveau du collège. 

Dans toutes les catégories d’âge les filles lisent davantage que les garçons : en moyenne une heure de plus par semaine.

Les romans de science-fiction et d'aventures arrivent en tête des lectures. Mais, effet scolaire peut-être, les grands classiques sont également lus.

Et le numérique dans tout cela ?

Car là est la question récurrente. L’idée que les écrans auraient chassé la lecture.

Certes ils occupent la première place dans les loisirs des enfants et des jeunes, entre la télévision, les tablettes, jeux vidéo et autres smartphones. Jusqu’à huit heures par semaine pour les adolescents.

Cela ne les empêche pas de lire.

En plus des livres papier, le numérique fournit la possibilité de lire sur son écran tous les types de littérature, mais également la presse. Et bien d’autres textes. Ceux des chansons, ceux des articles du net, ceux des réseaux sociaux et des SMS.

Une autre manière de lire, certes. Mais toujours de la lecture.

Alors donc enfants et jeunes lisent. Voilà qui est rassurant.

Mais que lisent-ils ? Et qui lit quoi parmi eux ?

Lorsque la question est posée aux éditeurs, la réponse est souvent floue, comme l’explique Sonia de Leusse-Le Guillou dans un article récent pour « Lecture Jeunesse ». Et ce qui est vrai pour la tranche des 8-12 ans (ces pré-adolescents ou « adonaissants » pour reprendre le néologisme de François de Singly), l’est encore davantage pour les adolescents, la tranche d’âge supérieur pour lesquels toute une littérature qui les met en scène se développe depuis quelques années.

Il existe certes bien des études. Les maisons d’éditions en commandent parfois. Elles s’appuient également pour certaine sur des comités de lecture composés d’enfants et de jeunes. Mais tout cela reste épars, parfois même peu accessible.

C’est pourquoi Lecture Jeunesse vient de créer l’Observatoire de la lecture des adolescents et des jeunes adultes.

Il a pour objectif « de réunir et de publier les données existantes éparses, de proposer de nouveaux questionnements, d’analyser les pratiques émergentes et de mettre en lumière les nouveaux enjeux. Il contribue à éclairer la prise de décision et à enrichir les pratiques des professionnels et des bénévoles. »

Lecture Jeunesse souhaite ainsi apporter « une aide à tous ceux qui œuvrent sur le terrain ou à travers des politiques publiques, pour le développement de la lecture et de l’écriture des adolescents, et qui pensent que la lecture maîtrisée, diversifiée et critique participe à la fabrique du citoyen du monde de demain. »

Un bel outil pour faire devenir encore plus de d’enfants et de jeunes lecteurs.

 

Denis Adam, le 29 novembre 2017
 

 




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