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Une rentrée en demi-teinte : le RN tente de surfer sur la vague de l’anti-immigration

Article publié le lundi 1er octobre 2018
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La rentrée du Rassemblement national a été marquée par plusieurs événements. Surfant sur la vague anti-immigration qui touche l’ensemble du continent européen depuis plusieurs mois, Marine Le Pen a axé ses discours sur la condamnation de la politique menée par l’Union européenne à propos des migrants. S’inspirant de l’Italie ou de l’Autriche, elle a affirmé son hostilité à la présence de nouveaux réfugiés sur notre territoire, assimilant les personnes étrangères à la criminalité. Contre les migrants, contre l’Europe, mais aussi contre le pouvoir politique en place, la cheffe du RN n’a pas fait dans la nuance. Mais une telle offensive n’est-elle pas un écran de fumée pour cacher les difficultés de ce courant politique ?

Le RN rejeté dans ces fiefs présumés

Quoi de plus opportun pour le RN qu’un bain de foule dans la « vraie France » pour montrer sa force montante en cette rentrée ? Marine Le Pen avait ainsi jeté son dévolu sur un village de Châteaudouble dans le Var, pensant y trouver un accueil chaleureux en raison des bons résultats électoraux de la dernière présidentielle. Mais les habitants ont décidé autrement, empêchant le RN de parader dans les rues du village, qui doit accueillir ces jours-ci une dizaine de migrants. La solidarité, contrairement à ce pense Marine Le Pen, a encore de beaux jours devant elle dans notre pays.

Aux prises avec la justice

Un des thèmes favoris de l’extrême-droite est de critiquer les femmes et hommes politiques du pays en mettant en doute leur honnêteté. Ce « tous pourris » populiste est pourtant mis à mal : en effet le parti, en tant que personne morale, et 15 membres ou collaborateurs de ce parti sont mis en examen pour complicité d’abus de confiance dans l’affaire des assistants au Parlement européen. Des personnes censées travailler pour les parlementaires RN à Strasbourg sont soupçonnées d’avoir en réalité exercé leur activité pour le parti en France, ce qui est illégal puisque les subventions européennes sont prévues pour ce travail et seulement celui-là. On estime à 7 millions d’euros le préjudice et une importante somme d’aides publiques a été saisie par la justice en attendant les progrès de l’enquête. Le RN est contre l’Europe, sauf lorsque cela lui permet d’avoir de l’argent !

Un parti au bord de la ruine qui entame sa campagne pour les élections européennes de 2019.

Marine Le Pen a beau jeu dès lors de jouer les victimes d’une injustice. Pourtant les règles doivent s’appliquer à tous, et les courants d’extrême-droite ne sont pas au-dessus de tout soupçon. Beaucoup d’élu.e.s de ce parti quittent d’ailleurs en ce moment le navire, et ce n’est pas seulement le fruit du hasard.
Malgré cela, ses partisans regardent avec admiration l’exemple de l’Italie, où le leader de la Ligue exprime ses idées xénophobes en étant ministre de l’Intérieur. De même le FPÖ autrichien influence la politique migratoire du pays en étant au pouvoir avec les conservateurs. Un axe nationaliste en Europe se développe et Marine Le Pen pense pouvoir surfer sur la vague anti-immigration qui déferle sur tout le continent. Mais elle peine à trouver des alliances avec d’autres formations politiques à l’intérieur des frontières.


C’est donc bien une rentrée en demi-teinte pour le RN de Marine Le Pen. Mais les difficultés réelles du parti n’altèrent pas la portée de son discours anti-migrants qui semble s’enraciner dans l’opinion publique. C’est pourquoi l’UNSA Éducation continue à être mobilisée pour contrer la menace de la prise du pouvoir de l’extrême droite en France et en Europe.




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