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Structurer la réponse éducative

Article publié le vendredi 23 janvier 2015
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Face à des événements tragiques comme ceux d’il y a quinze jours et encore davantage pour ce qu’ils mettent en avant comme difficultés à partager et à faire vivre les valeurs de la République, il est indispensable de proposer des mesures qui s’inscrivent dans la durée et qui fournissent des outils pour modifier les apports, les pratiques, les approches éducatives.

Parmi les onze mesures annoncées par la Ministre de l’Education nationale –qui sont de portées différentes- beaucoup reprennent des dispositifs déjà existants ou des actions déjà prévues. Mais plusieurs ont le mérite de mettre en œuvre des démarches structurantes :

- parce qu’elles privilégient la formation des personnels (enseignants mais il faut le souhaiter au-delà de tous les personnels éducatifs), mobilisent des ressources (dont celles de la science) et permettent la création d’outils ;

- parce qu’elles s’adressent à tous les élèves (dans le parcours citoyen), valorisent et reconnaissent leur engagement, leur prise d’initiative, leur participation et les forment au développement de leur esprit critique ;

- parce qu’elles s’appuient sur la mobilisation et la complémentarité de tous les acteurs dans une démarche de coéducation (parents, associations et mouvements d’éducation populaire…) et associent les territoires dans la construction de politiques éducatives globales.

Une autre dimension de ces mesures consiste à travailler sur les territoires, et ce avec les publics les plus fragiles. Il s’agit là d’un axe indispensable qui doit être abordé sans naïveté ni angélisme, mais qui ne doit pas conduire à des stigmatisations voire à des enfermements. Là encore, des partenariats avec les acteurs  associatifs, sociaux, éducatifs hors scolaires doivent être privilégiés.

Enfin, il y a des éléments symboliques, certainement utiles pour répondre dans l’urgence à une demande de l’opinion publique -voire de partis politiques- mais dont l’efficacité réelle restera à démontrer : l’adhésion aux valeurs ou au respect relève davantage d’une appropriation du sens que de la participation imposée à des rituels.

Pour l’UNSA Éducation, il reste à donner une réalité à ces annonces. Leur mise en œuvre aura d’autant plus de chance de réussir qu’elle se fera dans une démarche de projet, de co-construction en associant les élèves et l’ensemble des partenaires éducatifs et qu’elle sera appuyée par des ressources (en formations, numériques, documentaires…), des espaces d’échanges et de mutualisation.

Il faut aussi en finir avec les injonctions paradoxales ou au pilotage « zigzagant » qui consiste à mettre en place de nouvelle démarche alors qu’on en abandonne d’autres qui faisaient leur preuve. La confiance aux équipes et l’appui sur « ce qui marche », là où les professionnels innovent, inventent, se mobilisent, doit impérativement le mode renouvelé de pilotage de l’ensemble de notre système d’Education.

L’ampleur de la réponse attendue nécessite d’accélérer et d’amplifier la refondation de l’Éducation pour qu’elle devienne le lieu et le temps de l’appropriation et de la première mise en œuvre des valeurs de la République. Toutes les mesures qui structurent durablement cette évolution dans ce sens sont à saluer et à  soutenir
 




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