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Réforme du collège : ne pas confondre légitimes inquiétudes et oppositions stériles

Article publié le jeudi 11 juin 2015
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De manière presque paradoxale, la sagesse populaire nous enseigne à la fois que « les chiffres ne mentent pas », mais qu’ « on peut leur faire dire n’importe quoi ». C’est encore plus vrai lorsque ceux-ci sont issus de sondages, enquêtes ou autres questionnaires. Pourquoi ? Parce qu’ils sont une donnée, une photographie qu’il convient d’analyser, d’interpréter.

Dans le cas de la réforme du collège, il convient donc d’entendre, ce qu’au travers des pourcentages les enseignants d’abord, la communauté éducative plus largement et la société française dans son ensemble, expriment.

Essentiellement des inquiétudes. Celle que se construise une usine à gaz impossible à mettre en œuvre ; celle de ne pas savoir conduire une autre approche pédagogique lorsqu’on y est pas formé ; celle de savoir ce que l’on quitte sans être totalement rassuré sur ce que l’on va construire.

Toutes ces inquiétudes –comme d’autres- sont légitimes dans une période de changement. Elles n’ont rien à voir avec le refus de bouger, l’immobilisme, le conservatisme, voire le retour en arrière prôné par certains.
De là, de forts pourcentages qui disent une opposition (surtout lorsque c’est ainsi qu’est formulée la question), mais peu de grévistes ou de manifestants pour rejeter la réforme en bloc.

Certains feront l’analyse qu’il leur faut poursuivre des actions, d’autres parieront certainement sur l’inertie du système scolaire pour ne pas mettre en place la réforme.

Les uns et les autres auront tort.

Car il n’y a pas d’enseignants heureux d’avoir un élève sur dix en échec ; il n’y a pas d’équipes éducatives qui ne réfléchissent à agir autrement pour les faire tous réussir, il n’y pas de cohésion sociale possible lorsque la ségrégation est la règle dès l’école.

À l’UNSA nous avons choisi le combat en positif. Celui qui permet de défendre l’intérêt professionnels de personnels, de garantir à chaque enfant et jeune un système éducatif plus juste, plus bienveillant et permettant la réussite,  d’agir pour le mieux vivre ensemble.

Forts de notre présence sur le terrain au quotidien et d’un baromètre annuel (dont l’analyse des 21000 réponses –et pas 1000 ou 2000 comme dans la majorité des sondages d’opinion- de cette année est en cours), notre action est cohérente avec les attentes des personnels, des élèves, de la société.

Dans les réunions avec le cabinet et les services du Ministère de l’éducation nationale, les syndicats et la fédération UNSA Éducation agissent pour améliorer les propositions, porter les revendications d’un collège de la réussite de tous, faire que les personnels soient heureux d’y exercer leur mission éducatrice.

C’est en effet, notre responsabilité syndicale et fédérale de faire progresser les textes, de rendre possible et pertinente leur mise en œuvre, d’obtenir l’aide, l’accompagnement et la formation indispensables.

C’est aussi notre responsabilité réformiste de ne pas alimenter les peurs, les désinformations, les refus systématiques.

Notre réformisme responsable c’est de ne pas confondre les inquiétudes légitimes -dont nous devons être porteurs pour faire progresser les propositions et les évolutions- avec les oppositions stériles qui claquent la porte à tout changement (et que nous laissons à d’autres).




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