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Rapport Mathiot : des pistes à examiner de près

Article publié le mercredi 24 janvier 2018
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La mission pilotée par M. Mathiot a rendu au ministre son rapport sur le bac et le lycée, mercredi 23 janvier 2018. Ce rapport a été élaboré suite à de nombreuses auditions menées depuis deux mois (voir le compte rendu de l’audition de l’UNSA Education ici). Les propositions sont assez conformes à ce que la presse a dévoilé ces derniers jours.

Les propositions d’évolutions du bac
Le bac « Mathiot » comporte quatre épreuves terminales comme l’avait promis le candidat Macron pendant la campagne électorale. Elles représentent 50 % du poids du bac S’y ajoutent les deux épreuves anticipées de français de première, qui ne sont pas modifiées et pèsent pour 10 % du poids de l'examen. Pour les quatre épreuves terminales, la mission Mathiot propose deux épreuves sur deux disciplines choisies (les Majeures) colorant fortement le bac, un « grand oral » sur un projet interdisciplinaire lié aux disciplines choisies par les candidats (Majeures ou Mineures) et une épreuve écrite de philosophie, discipline incontournable en France pour les élèves de terminale (sauf pour les lycéens professionnels !)
Les autres disciplines seront évaluées en « contrôle continu » dont le poids serait donc de 40 % du total. Elles relèveront d'un tronc commun nommé "Unité Générale" ou de disciplines choisies (les Mineures) en complément des Majeures.. Reste à décider si seules les notes figurant sur les bulletins seront prises en compte ou si les lycées organiseront, à la fin de chaque semestre, des compositions dont la durée, les sujets et les barèmes seront cadrées nationalement. A moins qu’on ne mélange les deux systèmes. La mission Mathiot n’a pas tranché.
Une dernière proposition est l’abandon des épreuves orales de rattrapage (dites du second groupe) au profit d’un examen des dossiers scolaires des candidats. Il faudra regarder de prêt l’impact que cela pourrait avoir sur le pourcentage de réussite de l’examen.

Le lycée va être impacté
La conséquence de ces évolutions du baccalauréat est la nécessicité d'une réforme du lycée général et technologique.
Un « grand oral » doit naturellement se préparer. M. Mathiot propose qu’un bloc de trois heures hebdomadaires en première et terminale soit proposé aux élèves pour travailler sur l’orientation post bac, développer les compétences méthodologiques et préparer cet oral. On parle de l'Unité d'Accompagnement.
Les élèves auront le choix de deux disciplines majeures et deux ou trois disciplines mineures regroupées dans l'Unité d'Approfondissement et de Complément. Les majeures seront choisies parmi une dizaine de couples de disciplines possibles pour le bac général et entre six ou sept dans la voie technologique. Le mixage entre une discipline générale et une discipline technologique serait possible mais relèvera de choix locaux. Pour les mineures, le choix serait plus ouvert mais bizarrement, les élèves pourraient choisir en mineure la même discipline qu’en majeure. Les rédacteurs des futurs programmes vont avoir du travail…
Le reste des disciplines formerait l'Unité Générale (un tronc commun), plus important en nombre d’heures en première que l’ensemble des matières au choix (majeures et mineures), les proportions s’inversant en terminale.
Dans le projet Mathiot, le calendrier des années lycées et des épreuves du baccalauréat doit aussi bouger. On passe à une année partagée en deux semestres, ce qui est cohérent avec l’organisation d’épreuves de contrôle continu semestrielles.
Pour que le bac retrouve son rôle dans l’orientation post bac, les deux épreuves écrites terminales sur les majeures seront organisées suffisamment tot pour permettre d’intégrer les notes obtenues dans le dossier « parcoursup’ » des lycéens.

Pour l’UNSA-Education, même si des partis-pris méritent d’être encore discutés (place de la philo, nombre de couples de majeures proposés…), ce rapport contient de nombreuses pistes intéressantes : réduction du nombre d’épreuves terminales et « grand oral » terminal par exemple. Il n’empêche que, le diable se cachant souvent dans les détails, de nombreuses inconnues ne permettent pas de se prononcer définitivement. D’une part, on ne sait évidemment pas ce que le ministre retiendra de ces propositions.
D’autre part, les horaires des élèves, discipline par discipline, ne sont pas déterminés. Les modalités d’accompagnement du changement et la nécessaire formation des équipes éducatives ne sont pas été abordées. Les méthodes de calcul des dotations horaires attribuées par les rectorats aux lycées ne figurent pas dans le rapport. En période de doute sur l’emploi dans la fonction publique, c’est gênant. De la même manière, la faisabilité technique d’un véritable choix de majeures et mineures dans chaque lycée reste à examiner de près.

Pour terminer, il est hors de question que cette réforme n’aboutisse pas à un lycée mieux articulé avec l’enseignement supérieur. Il ne serait pas non plus admissible que le pourcentage de bacheliers dans une classe d’âge diminue. Il en va de la nécessité de hausser le niveau de qualification des jeunes français. L’UNSA Education saura le rappeler dans les discussions qui vont s’ouvrir d’ici quelques jours, avec le ministre.




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